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14/11/2015

Brillante ouverture de saison à l'Opéra de Monte-Carlo


Nathalie Stutzmann sort de l'ombre les héros haendeliens.


Après le disque, le concert...

Photo courtoisie (c) Simon Fowler
Photo courtoisie (c) Simon Fowler

nathalie_stutzmann_monte_carlo.mp3 Nathalie Stutzmann Monte Carlo.mp3  (54.69 Ko)


Le disque paru en ce début d'année avait emballé presse et public. Consacrer un enregistrement aux seconds rôles et couteaux des opéras de Haendel, il fallait le faire. Avec courage et obstination notre contralto nancéienne avait relevé le défi pour un récital original, curieux, ambitieux, sortant de la routine éditrice.

Tenir en haleine un public, certes acquis d'avance, pendant plus d'une heure avec du Haendel inconnu, parfois méprisé ou sacrifié relève en plus d'une belle initiative.
C'est haut la main que notre Nathalie à la carrière interstellaire, interplanétaire, intergalactique, vous accrocha le cœur et l'esprit dès la première mesure.
A l'image des grandes voix des siècles passés, la Diva, car s'en est une, a donné vie à une soirée déracinée du temps, suspendue dans l'espace. Elle déploie, avec une musicalité exceptionnelle, une présence royale, parfois ingénue, un chant fait de magie et de rêve.
Il est vrai que le répertoire du Caro Sassone est chez elle, une presque seconde nature, son terrain d'élection.
Ce timbre, mâle, rauque parfois, à la flagrance d'ambre, au velours chaud comme une caresse, charnel jusqu'à l'impudeur a instauré comme une relation amoureuse, complice, avec le public subjugué.
Sûre de son absolue maîtrise, balbutiante d'émotion, elle regarde en face ses folles vocalises dans une stupéfiante alacrité, un fabuleux aplomb.
Et comme tout paraît simple avec La Stutzmann. Tout ici n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. En prime, suprême élégance du chant, respiration intérieure tendre ou douloureuse, distillée comme un aveu, comme un secret presque enivrant.
Au risque de se répéter, de Giulio Cesare à Serse, en passant par Agrippina ou Radamisto, cette voix, ces lèvres, cette matière douce, charnelle, cristalline parfois, subliment ces incarnations secondaires, mais non négligeables, où règnent le feu de l'amour, l'eau noire de la mort, l'ouragan, la ruine ou la nuit.
Il n'est pas une parcelle d'elle-même qui ne vive ce qu'elle prononce, ce qu'elle ressent. Là ou d'autres seraient taxés de cabotinage, Nathalie développe une véritable sémantique gestuelle qui confère à chacun des airs une réelle dimension scénique.
Trouvant dans son "Orfeo 55" une complicité, une écoute de longue date, inutile de préciser que l’écrin musical concocté et servi par Nathalie elle-même, plein d’imagination, riche de virulence, de couleurs, rayonne de bonheur, offre noblesse et chaleur.
Les symphonies tirées de Poro, Serse, Orlando ou Partenope relient habilement les airs entre eux, comme un repos pour l’oreille et la voix.




Par (dernière modification le 12/11/2015)





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