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Diane MANDENG

CAMEROUN: LES MEMORANDA COMPROMETTENT L’UNITE NATIONALE


Les memoranda sont devenus au Cameroun un moyen privilégié par les parlementaires d’exprimer des revendications pour l’amélioration des conditions de vie des populations de certaines communautés du pays.


CAMEROUN: LES MEMORANDA COMPROMETTENT L’UNITE NATIONALE
La nation, affirmait à juste titre Renan est un vouloir vivre collectif. Si a priori, cette notion désigne la communauté d’individus ayant en partage la même culture, la même langue, la même religion, la même histoire, etc. Elle intègre en sus et pour une part non moins importante, une réelle volonté de vivre ensemble.

Le Cameroun, singularité sur l’échiquier international s’il en est, connaît une expérience hétéroclite de construction nationale. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, de par son statut de butin de guerre, ce pays voit son destin quasiment abandonné aux intérêts des puissances franco-britanniques victorieuses de l’Allemagne nazie. Au gré de ces intérêts nécessairement impérialistes, des accords internationaux aboutissent à une nouvelle délimitation territoriale du pays et créent, malheureusement, un espace multinational. Avec des composantes plus fragmentées les unes que les autres. Commence alors le long périple vers la construction d’une nation, la longue marche vers la construction de la nation camerounaise…, d’une nation camerounaise unie. Au fil des ans, dans la poursuite périlleuse de cet objectif vital, des initiatives hardies ont été prises à côté de la mise en place d’institutions courageuses tandis que des vies, de nombreuses vies héroïques ont été sacrifiées.

Hélas ! tout cet héritage est grossièrement foulé aux pieds depuis quelque temps par un mode de réclamations à caractère régionaliste. Dans cette démarche à tout le moins étrange, mais très vite répandue, revendications des ressortissants du nord, de nord-ouest, de l’est, un groupuscule de personnes plus ou moins illuminées originaires d’une même région du pays, formulent un chapelet de doléances à l’intention du chef de l’Etat. Au nom des populations originaires de la région concernée. Le prince, propulsé du coup à un rang providentiel est prié de fournir à telle région du pays, mais seulement à cette région, des infrastructures telles que des emplois publics, des universités d’Etat, des routes, des nominations aux hautes fonctions de l’Etat, etc...

Dans cette avalanche de revendications de type identitaire, les questions de développement socio-économique d’une région donnée deviennent spécifiques à cette région et cessent de préoccuper l’ensemble du peuple. Ceci d’autant plus que les députés, censés représenter la nation, participent désormais à l’amplification de ce mouvement en violation de leur mandat qui pour l’heure n’est pas impératif. L’esprit grégaire, communautariste cède la place à l’égoïsme, à l’autocentrisme régional. Le sentiment d’appartenance à un seul et même groupe disparait au profit des replis identitaires radicalisés. C’en est fait ! les forces malignes de la désintégration sont résolument en œuvre pour triompher des idéaux historiques d’édification d’une conscience nationale inébranlable. La dépréciation du «vouloir-vivre collectif» jusque là en cours d’acquisition s’accroît désormais allègrement, entraînant vers le gouffre le projet tout entier de l’unité nationale.

A qui donc la responsabilité? A qui la responsabilité de ce désastre qui n'est pourtant pas inéluctable?

Au prince qui saisit l’occasion et répond favorablement aux motions de soutien, aux remerciements des communautés face à une nomination et à cette forme de revendications pour des raisons de clientélisme politique?
Aux initiateurs des memorandums controversés qui, en quête de situations personnelles, prétendent agir au nom des populations sans la moindre consultation de celles-ci? ou aux populations de chaque région qui sans jamais dénoncer le procédé, en célèbrent les «bienfaits» non sans gratitude, se reconnaissant ainsi dans tout le processus?

Comment ne pas admettre l’idée d’un partage de responsabilité? Tous en effet sont coupables. Coupables chacun, en ce qui le concerne, coupables de sacrifier l’unité nationale si noble, à l’autel si ignoble des intérêts égoïstes, tribalistes et séparatistes. Pourtant, comme le déclarait fort à propos le président Paul BiyaI s’adressant, il y a quelques années à la jeunesse camerounaise, «il n’y a pas de place pour le défaitisme». La nation camerounaise peut dès lors reconquérir, sinon défendre son unité. A défaut, et pour éliminer tout risque de dépérissement de l’Etat, la meilleure réplique à cette crise de l’unité nationale, viendrait peut-être d’une nouvelle forme de l’Etat, plus adaptée à la situation. Ce serait sans doute un bienheureux come-back pour le fédéralisme au Cameroun.

14/04/2009








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