Malgré deux rôles en une soirée, Catherine Hiegel n'a rien perdu de son amabilité ni de sa gentillesse, toujours intéressée et intéressante même si elle avoue que deux spectacles c'est quand même fatigant. Une vraie vedette de théâtre qui est à la Comédie Française depuis 1969, mais qui a aussi joué sur d'autres scènes françaises et dans de nombreux films. On se souvient de sa magistrale présence dans La vie est un long fleuve tranquille ou dans tel autre film de Josiane Balasko. Quand on lui demande comment on peut "vivre" si longtemps dans une institution aussi prestigieuse, sérieuse et stricte, elle répond avec légèreté sincère et enviable, qu'elle est toujours prête à faire sa valise et s'en aller si elle ne se sent plus heureuse pour travailler. Peut-être son secret réside-t-il dans cette profession de liberté… En général, la priorité, lorsqu'elle choisit un rôle, c'est le metteur en scène, parce que „c'est eux les magiciens" et elle est très fière d'avoir travaillé avec certains d'entre eux devenus mythiques. Quant à la tournée actuelle, son rôle dans la Festa est tout nouveau pour elle, puisqu'elle a remplacé Christine Fersen, après le décès prématuré le 26 mai dernier du précédent doyen qui avait créé le rôle. Elle figure dans cette mise en scène des Précieuses ridicules de l'anglais Dan Jemmett depuis un an et elle a remarqué qu'au cours des soirées budapestoises, le côté visuel et musical de la création ont saisi le public, ceci malgré la langue soutenue et parfois compliquée. Enfin elle a connu l'expression de ce grand succès par les forts applaudissements à la russe, vastaps en hongrois, qui on retenti. Et ces vagues d'éloges bruyants ont fêté toute la troupe et le Théâtre National pour l'inciter à faire encore d'aussi beaux cadeaux et pas seulement pour Noël !