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G. Bertrand
14/05/2014

Ça change…

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Ça change… Seul avec le clavier, le regard dans le vague, le clapotis de cette transmission me sort de l'euphorie encore perceptible autour de moi. Le bouquet en évidence sur la table basse dans un coin du bureau et cette distinction portant le nom de mon père viennent sanctionner des années de travail acharné.


Illustration proposée par l'auteur. © Die 2 lap
Illustration proposée par l'auteur. © Die 2 lap
Cette reconnaissance... qu'ils en seraient fiers... Que de chemin parcouru!

Deux décades plus tôt, la tête dans les nuages, ce ressentiment vis-à-vis d'élus qui quotidiennement réalisent leurs rêves d’ailleurs et se confondant en modestie afin d'atténuer la frustration de ceux que la vie n’a pas choisis, sera désormais le lot d'autres que moi. Le précieux sésame dans une feuille de papier relié à ce tout cartonné, aux encablures verts nacrés portant les armoiries officielles de cette lointaine contrée, qui par absence d'offre laisse partir les meilleurs d'entre nous, qui par carence de perspectives participe au développement intrinsèque des plus offrants. Mangeant dans sa propre chaire...ostracisant sa propre descendance.

Lesté du poids des regards dont l’incandescence n’aura de pareil que la volonté d’être une partie de celui qui part, ce dernier a la sensation de devenir plusieurs, de porter son monde avec soi, de s'alourdir en devenant son transpondeur. Ceux qui restent sont en celui qui part, font corps avec lui afin que lui, seul, ait la force de tous... la force de tout.
Une impression étrange en zone de transit... Cette dissemblance d'être tous... puis plus personne. De n'être qu'une anonyme âme dans ce tout, aguerri, n'ayant aucun doute sur la trajectoire et la destination, qui contraste avec mon entité perdue dans ces alcôves luminescentes à la recherche de mon chemin... de ma voie... de mon moi. Cette impression déjà n'était qu'avant-coureur de l’adversité à la fois de l’atmosphère tempéré neuf mois dans l’année et de la raisonnable distance circonstancielle due au langage, à la culture, aux échanges difficiles qui certes avec le temps se sont atténués, mais n’auront fait de moi qu'un citoyen allogène. Ici je suis d’ailleurs… ailleurs je suis d’ici.

Les fiertés de primautés académiques lors de recensions séquentielles ne peuvent juguler le besoin existentiel de partage, le manque d'astreinte familiale et le précieux passé dont on aura que trop fait le deuil. L'exigence d'excellence acquise et vécue au quotidien est sacrifiée à l'autel de l'anonymat dans cet univers impersonnel; proches et parents n'auront qu'un écho lointain de la réussite et l'ascension dans cet environnement où, reconnaissance en confinement et répréhension sociétale ne tiennent en respect que ton intellect. L'alternative serait cette hégémonie absolue, héréditaire, portée par la flamme qui verra le fils succéder au père; ce pays où les nantis produisent les nantis, les bannis du rébus et des exilés.

Ces Autochtones d'ailleurs sont suspendus à l'arbitraire de fonctionnaires et factionnaires, surpris de l'étendue de leurs prérogatives vis-à-vis de ces derniers. L'adversité des institutions ne laisse guère le choix; vivre en marge de l'histoire séculaire à enrichir le plus riche, le pays de tes pères à l'orée de ton affect.

L'intransigeance de l'épistémologie, la dialectique rigoureuse dans le débat contradictoire resteront là où elles ont été acquises. Ta pierre à l'édification d'une communauté qui en verrouille l'accès, avili par le culte de personnes surannées, d'horizon du passé, ne restera qu'utopie de tes ascendants.

Vivre se sachant indispensablement nécessaire où l'on n'est pas, affublé de taches qui n'existeront jamais, dans un ministère des oubliés, tant les chemins pour y parvenir sont barricadés dès leur primo réminiscence. Travestir sa trajectoire loin des ores... ça change quelqu'un...



Par G. Bertrand (dernière modification le 14/05/2014)



Tags : Ça change

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