Connectez-vous S'inscrire
Le Podcast Journal - podcastjournal.net 


Samedi 1 Novembre 2014
12:05
 


Respectez l'environnement: n’imprimez pas nos pages sur papier, visualisez-les sur l'écran avec fond noir ou blanc (icône imprimante ci-dessous)
J.P.

Des briques moléculaires de la vie primitive découvertes dans une comète artificielle

15/03/2012
Lu par 1244 visiteurs web

Après avoir fabriqué une comète artificielle, les chercheurs ont analysé ses composants avec une technique unique au monde. Et il est apparu pour la première fois que les comètes pourraient renfermer des molécules qui constituaient la matière génétique primitive: des acides diaminés.


Chromatogramme de la glace cométaire réalisé avec le 'chromatographe multidimensionnel en phase gaz'. Chaque pic correspond à un acide-aminé. Plus le pic est haut, plus la quantité d’acide-aminé présente est importante. ChemPlusChem, 77 (2012) © Wiley-VCH GmbH & Co.
Chromatogramme de la glace cométaire réalisé avec le 'chromatographe multidimensionnel en phase gaz'. Chaque pic correspond à un acide-aminé. Plus le pic est haut, plus la quantité d’acide-aminé présente est importante. ChemPlusChem, 77 (2012) © Wiley-VCH GmbH & Co.
Les premières molécules de la vie se forment naturellement dans les comètes: c’est ce que suggèrent des travaux menés par une équipe franco-allemande comprenant les groupes d’Uwe Meierhenrich et de Cornelia Meinert de l’Institut de chimie de Nice (Université Nice Sophia Antipolis/CNRS), et de Louis Le Sergeant d’Hendecourt de l’Institut d’astrophysique spatiale (CNRS/Université Paris-Sud). Au croisement de la chimie, de la biologie, et de l’astrophysique, ces travaux soutiennent la thèse selon laquelle les briques élémentaires de la vie ne sont pas apparues sur Terre mais dans l’espace. Ils viennent d’être publiés dans la version en ligne de la revue ChemPlusChem.

Ces analyses s’inscrivent dans le cadre de la grande mission spatiale européenne "Rosetta". Ce programme a pour objectif de faire atterrir en 2015 une sonde sur la comète Tchourioumov-Guerassimenko pour étudier la composition de son noyau. Pour essayer d’anticiper les résultats de Rosetta, les scientifiques ont imaginé fabriquer une comète artificielle, ou "glace interstellaire / cométaire simulée", et analyser ses constituants.

L’équipe de Louis Le Sergeant d’Hendecourt s’est chargée de fabriquer une micro-comète à l’Institut d’astrophysique spatiale (CNRS/Université Paris-Sud). Dans des conditions extrêmes semblables à celles de l’espace (-200°C et sous vide), les chercheurs ont condensé, sur un morceau solide de fluorure de magnésium (MgF2), des composés existant dans le milieu interstellaire: des molécules d’eau (H2O), d’ammoniac (NH3) et de méthanol (CH3OH). Cela, en irradiant le tout avec un rayonnement ultraviolet. Au bout de dix jours, ils ont obtenu quelques précieux microgrammes (10-6 grammes) de matière organique artificielle.
Cette matière organique interstellaire simulée a été ensuite analysée à l’Institut de chimie de Nice (Université Nice Sophia Antipolis/CNRS) par l’équipe d’Uwe Meierhenrich et de Cornelia Meinert. Cela, avec une technologie très performante: un "chromatographe multidimensionnel en phase gaz" (un GCxGC/TOF-MS). Installé à Nice en 2008, cet appareil permet de détecter dix fois plus de molécules dans un échantillon qu’un chromatographe traditionnel dit "monodimensionnel".

Les chimistes ont pu identifier vingt-six acides aminés dans la comète artificielle. Là où les précédentes expériences internationales avaient trouvé seulement trois acides aminés. Plus important, ils ont aussi découvert ce que personne n’avait observé avant eux: six acides diaminés, dont - surtout - la N-(2-Aminoethyl)glycine. Un résultat révolutionnaire, car ce dernier composé pourrait être un des constituants majeurs de l’ancêtre de l’ADN terrestre: la molécule d’acide peptidique nucléique (APN)!

Primordiaux, ces résultats indiquent que les premières structures moléculaires de la vie auraient pu se former dans le milieu interstellaire et cométaire, avant d’atterrir sur la Terre primitive lors de la chute de météorites et de comètes.
L’étape suivante: déterminer les conditions de pression, de température, de pH, etc., dans lesquelles la N-(2-Aminoethyl)glycine a pu ensuite former de l’APN. Pour mener à bien ce nouveau projet, les chercheurs ont déjà commencé à constituer une collaboration avec deux grandes équipes, l’une américaine et l’autre, anglaise.

briques_moleculaires.mp3 Briques_moléculaires.mp3  (476.04 Ko)



Par J.P. — Nombre de lectures web de cet article (hors podcasts, smartphones et tablettes): 1244 fois — Contenu mis à jour le 14/03/2012




Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Veuillez respecter la nétiquette.
Connectez-vous pour communiquer et faire partie du réseau du Podcast Journal! Tous les articles, commentaires, annonces, sujets de forum seront podcastés après une éventuelle modération: nous n'acceptons pas les contenus contraires aux Conditions Générales d'Utilisation, comportant des propos intraduisibles, ayant un aspect militant, incitant à la haine ou à une quelconque discrimination.
L'abonnement aux flux ainsi que l'inscription au Podcast Journal sont gratuits.


Autres articles dans la même rubrique ou dossier:

Le flipper du futur - 30/10/2014

Les Serious Games - 22/05/2014

1 2 3 4 5 » ... 8











Partager ce site


Publicité


Vous pouvez visualiser nos articles sur fond blanc aussi, sur www.podcastjournal.net




visiteurs différents