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CONGO KINSHASA

Enfants comme les autres.

28/11/2009

De centaines d’enfants sont nés des relations entre les réfugiés ordinaires et les combattants hutu rwandais installés à l’est de la Rd Congo depuis le génocide de triste mémoire. Ces enfants sont pour certains nés de viol mais d’autres sont issus des relations normales entre des gens vivant dans un même espace.



Enfants comme les autres.
Dans le village de Kitamba, environ 5 km de Mwenga centre, vingt sept enfants ont été identifiés par une organisation locale. Selon cette étude 22 femmes congolaises ont eu des enfants avec les combattants et des refugiés rwandais qui avaient une forte base militaire dans ce coin au pied des Monts Mitumba. Certaines de ces femmes étaient en concubinage avec ces combattants mais d’autres ont été violées. L’existence de ces enfants et de leurs mères est souvent à la base des tensions familiales et de la stigmatisation. Tensions familiales en rapport avec l’acceptation de ces enfants accusés de ressembler, à la longue, à leurs pères. Tel père, tel fils, dit l’adage.

La traque des FDLR accentue les tensions familiales.

Tout allait bien ou presque jusqu’au jour où les hutus ont appris que les opérations de leur traque allaient commencer. Les pères partis, les tensions et rejets de ces enfants ont redoublé d’ardeur. D’autres villages estiment que ces enfants sont une épine pour l’avenir. « Ne vont-ils pas se comporter comme leurs géniteurs et causer un génocide ici au Congo, » s’interroge un notable du village de Kitamba. « Ces envahisseurs nous ont traité comme leurs esclaves et maintenant nous avons leurs enfants avec eux dans nos familles, » renchéri une quinquagénaire, rencontrée à son retour des champs. Il ya deux ans ,36 enfants issus des relations entre hutu rwandais et congolaises ont échappé à la mort dans le territoire de Shabunda, toujours au Sud Kivu. Des gardiens de la coutume avaient décidé de supprimer toute trace des rwandais dans le milieu.

Des enfants comme les autres.

Ces enfants, ont-ils choisi leurs parents ? La réponse est NON. Mais alors pourquoi s’en prendre à ces innocents ? Ce sont les questions qu’il y a lieu de se poser. Quelque soit la réponse, ils ont droits à la vie comme tout autre être humain. Cependant, là la problématique se complique, c’est que ces enfants ne sont enregistrés dans aucun service de l’état civil. C’est justement ce que tente de faire Promotion Sociale pour Mère et Enfant PROSOME. Cette asbl tente donc d’obtenir la reconnaissance de ces enfants par le service de l’état comme des congolais en vertu du fait que l’un de leurs parents est congolais. « Ces enfants dont l’âge varie entre un et dix ans sont des êtres humains comme nous tous. Ils sont innocents. Ils ont aussi droit à la vie et à la dignité. Certains sont nés des viols mais d’autres sont issus des relations non contraignantes. Il y en a qui veulent qu’on les jette dans la rivière. Mais cela est un crime contre l’humanité. Nous en appelons à la compréhension de tous. » Ces paroles sont du coordonnateur de l’asbl PROSOME,M WITA MUSHIMBWA. L’homme est déterminé à sauver la vie de ces enfants et celle de leurs mères. En effet, selon des sources dignes de bonne foi, ces enfants et leurs mères ne sont pas à classer dans la catégorie des complices des rebelles rwandais. Les complices sont à chercher ailleurs ! Certes, il y a cette possibilité qu’il ne faut pas balayer d’un revers de la main. Mais là où le bas blesse c’est quand des gens sensés pensent qu’il faut tuer ces enfants et bannir leurs mères. Les services de l’état n’interviennent pas efficacement sur le terrain pour défendre ces êtres humains. Des organisations comme le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance Unicef tente de sensibiliser les communautés sur la situation de ces enfants mais le chemin est encore long. Il faudra une synergie de plusieurs acteurs pour permettre à ces enfants de vivre normalement comme les autres enfants du monde.


Lech Walassa Mulondani, le 28/11/2009 | Modifié le 28/11/2009



Tags : Bukavu, Congo

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