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16/11/2014

Enquête sur la littérature sentimentale - 6


Un élan de féminisme?


litterature_sentimentale_6.mp3 Littérature sentimentale 6.mp3  (1.52 Mo)


Pour Hermine, une trentenaire passionnée, la littérature sentimentale est incontestablement féministe: "Contrairement aux poncifs, il ne faut pas s’imaginer un héros romantique dans cette littérature. Les hommes dans ces livres, sont comme dans la réalité. Ils ne pensent qu’à une chose: la conquête physique d’abord, puis sentimentale ensuite. C’est réaliste. Mais au moins dans le livre, les femmes ne subissent plus, elles reprennent le contrôle, et là, contrairement à la réalité, elles ont enfin le pouvoir de décider comment elles veulent vivre la découverte de l’autre. Elles se font respecter, elles prennent le temps d’être séduites. Et puis dans le livre, on sait que ça finit bien, l’homme à qui l’héroïne se donne ne la plaque pas le lendemain, il l’aime vraiment".

Lire ces livres permet également aux femmes de s’affranchir des stéréotypes que l’on croise dans la réalité. Pour Anne, fidèle lectrice, "c’est une bouffée d’oxygène, au moins dans la littérature sentimentale, je ne croise jamais d’homme qui va prendre l’héroïne pour sa bonniche ou pour sa mère, contrairement à ce qui se passe dans la réalité. J’ai l’impression de voir un homme, un vrai, finalement, ça m’apaise". Du côté d’Isabelle, c’est le courage pour mieux se faire respecter par les hommes dans les relations amoureuses que lui a apporté la littérature sentimentale.
Car en effet, les livres de romance - notamment historique - mettent en scène des femmes aux caractères bien trempés et qui savent exactement ce qu’elles veulent. "Dans les récits", explique Mélanie, du Blog In the mood for Love, "l’héroïne ne se laisse pas faire vis-à-vis de la gente masculine et n’hésite pas à remettre les hommes à leur place avec humour, ce que l’on ne peut pas toujours faire dans la réalité surtout quand il s’agit d’hommes avec qui on travaille par exemple. Ça fait un bien fou quand on s’identifie au personnage, c’est salvateur".
Même écho du côté d’Isabelle: "Avec ces livres, on redécouvre l’art de la séduction, mais avec un homme qui reste un homme, ça change des fiches à remplir sur Meetic ou des types qui vous demandent juste votre numéro de téléphone pour vous inviter à dîner et coucher avec vous".

Qu’en pensent les hommes? Dominique, 35 ans, lit justement des récits de romance car il aime l’humour des dialogues et les femmes qui s’affirment. Pourtant, il est marié. "Ces livres me font vraiment marrer, j’ai du plaisir à lire un livre où la femme vous remet bien à votre place. C’est tordant. Et puis, au final, on arrive toujours à vous conquérir, et c’est bien ce que vous voulez, nan?!

Loin d’être nostalgique, la littérature sentimentale apparaît même comme une littérature extrêmement moderne dans son fonctionnement et traite d’un problème universel qui défie le temps: la conquête amoureuse. Les passionnés s’étonnent de la distance prise par le sérail littéraire français avec ce genre littéraire, alors même que le travail pour accoucher d’un best-seller dépasse largement celui de nombreux romans. N’est-il pas le moment idéal de se départir d’un esprit conservateur pour accepter ce genre littéraire qui se complaît dans l’univers des sentiments, de la psychologie et de l’humour?

Plus qu’une distraction, ces ouvrages sont aussi le reflet d’un ressenti dans la population féminine: le besoin de s’appuyer sur d’autres valeurs que les valeurs existantes dans les relations de couple et peut-être aussi, un besoin de restructurer les relations hommes/femmes. Bruno Bettelheim, écrivait dans "Psychanalyse des contes de fées", qu’il était sain de lire des contes, même une fois adulte, car tout conte de fées est un miroir magique qui nous aide à mieux accepter le monde autour de nous. Les livres de littérature sentimentale ne sont-ils pas un peu nos contes de fées à nous?



Par (dernière modification le 16/11/2014)




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