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Félix Ziem, un peintre orientaliste à redécouvrir à l'occasion de la Nuit européenne des musées

14/05/2011
Lu par 2955 visiteurs web

Si l'on n'a pas encore vu l'importante exposition, peintures, aquarelles et dessins, qu'organise la Fondation Regards de Provence en hommage au peintre Félix Ziem à l’occasion du centenaire de sa mort, inutile de s'affoler. Compte tenu du succès qu'elle rencontre depuis le 4 février, elle est prolongée de deux semaines, jusqu'au dimanche 5 juin. Et par ailleurs, à l'occasion de la 7e Nuit européenne des musées, ce samedi 14 mai, le Palais des Arts de Marseille (France) ne fermera ses portes qu'à 20h.


Entrée du Lacydon à Marseille, photo courtoisie publiée avec autorisation
Entrée du Lacydon à Marseille, photo courtoisie publiée avec autorisation
"Très difficile de définir le peintre Ziem. C'est moitié un raseur, moitié un charmeur ; il y a dans la blague de ce qu'il dit, parfois, une charmante imagination fantastique. Aujourd'hui, il énonçait sur le musée de photographies de la Morgue, sur les diverses classifications de suicidés, des aperçus tout à fait fous, mais pas mal artistes". C'est ce que l'on peut lire en date du 23 novembre 1883, dans le Journal des Goncourt, en réalité ce sont des lignes d'Edmond, puisque Jules, son frère était mort le 20 juin 1870. S'il n'est jamais avare de propos parfois fielleux, on ne saurait lui reprocher d'être béotien en matière d'art et à plusieurs reprises dans le fameux Journal, il évoque Ziem. Ainsi le 1er mars 1872, il nous relate par le menu la vie du peintre venu lui rendre visite à Auteuil dans le célèbre Grenier. Et livre un détail fort intéressant qui montre la cote qu'avait atteinte les tableaux du maître, Edmond parle le 14 février 1872 d'une vue de Venise qui valait 10000 francs et rappelle qu'il avait voulu se la procurer chez Cornu, 11 rue Laffitte à Paris, vers 1850, elle en coûtait alors 300 qu'il avait péniblement réunis mais trop tard... Et de donner aussi deux indications qui révèlent la célébrité de Ziem. Le 11 septembre 1861, Edmond de Goncourt note à Amsterdam, "Les rues et les canaux prennent le soir, au crépuscule, les tons faux et chauds, les bleus et les violets des aquarelles anglaises. C'est un mélange de Ziem et de Jongkind". Le 10 septembre 1890, il mentionne "Ce soir, dans le crépuscule d'une journée d'automne torride, sur la Mouche, la Seine ressemblait à un Ziem : son eau avait le bleu violacé, la pierre de ses ponts le rose saumoné, que le peintre donne à l'eau et aux pierres de Venise". C'est quand même une référence quand pour évoquer un aspect de la nature, on le compare à ce que fait un peintre.

Voyages et peinture

Vue du Bosphore, photo courtoisie publiée avec autorisation
Vue du Bosphore, photo courtoisie publiée avec autorisation
Félix-François Georges Philibert Ziem est né le 25 février 1821, d'un père émigré polonais et d'une mère bourguignonne. Il étudie l'architecture à l'École des Beaux-Arts de Dijon qu'il quitte subitement en1839. Il rejoint son frère à Marseille et participe à aux plans de l'aqueduc de Roquefavour qui alimente en eau la cité phocéenne. Le duc d'Orléans s'intéresse à son travail de dessinateur et il change alors d'orientation pour ouvrir une école de dessin. En 1844, il séjourne quelques mois à Saint-Petersbourg où il donne des leçons aux grandes-duchesses. En 1849, il s'installe à Paris et expose pour la première fois au salon. Il se rend fréquemment à Fontainebleau et pendant quelque temps est assez proche de l'école de Barbizon par ses paysages ou ses scènes de la vie quotidienne. Puis, à partir de 1850, il voyage à travers l'Europe, séjourne souvent à Venise et découvre l'Orient à Constantinople, mais se rend aussi à Beyrouth, au Caire, et parcourt la Vallée du Nil, la Tunisie et l’Algérie. En 1860, il se fait construire un atelier à Martigues, le petit port de pêche lui inspire de nombreux tableaux que l'on peut voir pour certains, au musée que la ville lui a consacré en 1908. En 1880, il installe un autre atelier à Nice, où il trouvera une riche clientèle anglaise et russe. Il meurt à Paris le 10 novembre 1911 et est enterré au cimetière du Père Lachaise. On a pu recenser une dizaine de milliers de dessins et 7000 peintures. Deux experts du peintre, David Pluskwa et Mathias Ary-Jan ont créé l'Association Félix Ziem et préparent un catalogue raisonné de son oeuvre. Ils ont conçu l'exposition qui se tient au Palais des Arts en collaboration avec Gérard Fabre, conservateur du Musée Ziem de Martigues.

Pont ca di Dio, photo courtoisie publiée avec autorisation
Pont ca di Dio, photo courtoisie publiée avec autorisation
Orientaliste, peintre de marines ou peintre de Venise selon la formule de Théophile Gautier qui fut l'un de ses plus fervents admirateurs et rédigea en 1868 la préface de son catalogue d'exposition. Ce sont quelques aspects de l'artiste et cette exposition du Palais des Arts, plus de 80 peintures, aquarelles et dessins provenant de différents musées et de collectionneurs privés, les illustre parfaitement. Ce parcours nous conduit de Marseille à Venise, à Constantinople où devant certaines vues, on ne peut s'empêcher de penser à la ville d'Azyadé ou des Désenchantées que Loti a si bien décrite dans ces années-là. Sont aussi exposés des portraits et des fleurs. On retrouvera ces œuvres dans le catalogue "Félix Ziem 1821-1911", composé par Gérard Fabre et disponible au prix de 35 €.

Rétrospective Félix Ziem
Palais des Arts - Place Carli - Cours Julien, Marseille
Jusqu'au 5 juin

Le Palais des Arts est ouvert tous les jours de 10h à 18h.
Tarif normal : 5 € - Tarifs réduits : 4 € - 2,80 € - 2 €.
Visite commentée, hors groupe (5 pers. et +), samedi et dimanche à 10h30.
Visite commentée (de 5 à 30 pers.) mardi, jeudi, samedi et dimanche à 15h, 2 €/ personne.
Visite commentée (de 5 à 30 pers.) sur rendez-vous tous les jours, 2 €/ personne.

A noter que le 14 mai, de 18h à 20h, tarif unique de 1,50 €.



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