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Agnes Iván

HONGRIE - Brook, Bouffes, Beckett, Budapest


La semaine dernière, le Théâtre des Bouffes du Nord était à Budapest, l’événement est sans aucun doute historique dans la vie théâtrale hongroise. D’abord, parce qu’une création de Peter Brook n’y vient que très rarement, les dernières représentations ont été celles du Roi Lear et du Songe d’une nuit d’été. Ensuite, parce que cette interprétation de Beckett peut contribuer à changer l'image ordinaire que nous avons de l’auteur irlandais.


Antonio Gil Martinez, Hayley Carmichael, César Sarachu dans Va et viens (photo : Szkárossy Zsuzsa, www.revizoronline.hu)
Antonio Gil Martinez, Hayley Carmichael, César Sarachu dans Va et viens (photo : Szkárossy Zsuzsa, www.revizoronline.hu)
Si l'on prononce le nom de Beckett, les premières associations sont en général la misère existentielle, la profondeur amère de l’humain par le théâtre dit absurde, bref on a une vision sombre et figée qu’on ne justifie même plus... Heureusement, la création des Bouffes du Nord est loin de renforcer ces clichés assez vides. Peter Brook nous offre un Beckett chez qui l’humour noir et l’aspect burlesque, pensons à un film avec Buster Keaton, s’allient à une tension continue. Cette tension centrale fait vivre les Fragments et elle provient de la langue puissante des textes, bravo, l’anglais ! et du jeu juste et touchant des acteurs. Brook nous rappelle que l’univers de Beckett est beaucoup plus complexe que les jérémiades pessimistes et même si «c’est toujours les mêmes plaintes du berceau à la tombe», il peut arriver qu’on n’est pas assez malheureux encore, comme le dit l’aveugle de Fragments de théâtre et tout cela peut même faire rire pendant l’acte compliqué et métaphorique de s’habiller, Acte sans paroles II...

Cela fait à peu près 10 ans que Brook et Marie-Hélène Estienne ont eu l’idée de porter à la scène les œuvres courtes de Beckett et comme l’assistante artistique nous l'a suggéré, cette patience dans le travail est une caractéristique essentielle de Brook. On voit que du premier au dernier moment, les Fragments fonctionnent parfaitement en gros et dans les détails aussi. Le jeu raffiné des lumières, l’utilisation simple et naturelle des objets tous présents sur la scène, les images «glacées», immobiles terminant les actes, les mouvements des acteurs, tout l’art du détail a beaucoup d’importance, et c’est à sa juste place dans la pièce. Et quand on la voit pour la deuxième fois, on comprend qu’il ne s’agit pas du tout de travail mécanique mais que certaines choses changent, par exemple le peigne perdu, la sonnerie d’un portable, ainsi tout le spectacle demeure vivant. Le jeu intime et simple des trois comédiens, Hayley Carmichael, Antonio Gil Martinez, César Sarachu, est capable de s’approcher sincèrement du public et même au dernier rang de Trafó on sent qu’ils jouent pour nous et avec nous...leur présence nous accompagne même après le spectacle. Et il paraît que lors de la dernière représentation, les spectateurs «osent» déjà rire très facilement. Donc, les Bouffes ont excellemment rempli l’espace de Trafó et enchanté le public nombreux.


Si notre rencontre budapestoise avec Marie-Hélène Estienne vous intéresse, voir bientôt notre comptre-rendu de cette interview sur www.podcastjournal.net


20/04/2009



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