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Armelle Lefort
24/05/2013

Kendra Morris, une belle dans la Pow

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Remarquée par sa reprise de Pink Floyd dans le film "Dead Man Down", Kendra Morris est en passe d'acquérir un succès mondial avec son album "Banhsee" rempli de tubes entre soul, folk, pop et r'n'b dont on découvre le premier extrait, le fulgurant "Pow".


Kendra Morris a grandi avec un sens aigüe de la musique, ses parents ont joué dans plusieurs groupes ensemble et elle pillait régulièrement leurs vinyles pour écouter ses artistes préférés. Alors que Marvin Gaye, The Spinners, War, Stevie Wonder, les Jackson 5 et les Temptations lui servent de guide, elle finit même par se les approprier. Elle chante sur ses disques favoris avec une voix qu’elle découvre alors qu’elle marche à peine.
"J’avais trois ans, je me suis levé et j’ai demandé aux amis de mes parents s’ils voulaient entendre ma petite voix ou ma grosse voix", se souvient-elle. "Et j’ai fait ma petite voix puis cette grosse voix d’opéra est venue. C’était peut-être ancré en moi, on dit que nos caractéristiques essentielles se développent avant l’âge de six ans."

Venant de Floride, en 2003, Kendra Morris déménage à New-York avec son groupe composé uniquement de filles, Pinktricity. "Sûrement le pire nom de groupe au monde. On l’avait trouvé sur un paquet de bonbons", dit-elle.
La pression de la grande ville fait éclater le groupe mais pousse Kendra à continuer en solo. Elle trouve par hasard un huit-pistes et le ramène dans son loft. Kendra a l’impression de se revoir à huit ans alors qu’elle installe son enregistreur dans la penderie, la seule pièce fermée de son appart, puis se met au travail. "J’avais toutes ces chansons en moi, je ne savais pas d’où ça venait." Elle développe aussi ses harmonies qu’elle a appris très jeune et tisse ses morceaux de fils mélodiques. "Je chantais les chœurs avec ma mère depuis toute petite, du coup j’ai une bonne oreille pour ça." Ces pistes brutes enregistrées avec le cœur deviennent ses deux premiers EP auto-produits: "ThisWon’t Hurt A Bit" (2007) et "Milk And Cookies Never Lie" (2008).

Un autre achat de seconde main qui fut déterminant pour Morris à été le SHARP GF-777, le saint Graal des boites à rythmes rendue célèbre par les groupes de hip-hop des années 80’, notamment Run-DMC. Elle innove à nouveau et l’incorpore dans ses sets live, trainant un énorme ampli vintage en plus de ses pédales d’effets et ses guitares à travers tout le Lower East Side. "J’adorais ça!" se souvient Kendra. "L'ingé son, en me voyant arriver disait “Mais c’est quoi ce binz?" Après le concert c’était plutôt “Ça sonne grave!”..."

Tout en faisant ses shows en solo autour de New-York, elle rencontre et collabore avec le producteur Jeremy Page et sort un nouvel EP éponyme en 2010. Elle s’est tellement appliquée en tant qu’auteur qu’elle fut reconnu par l’ASCAP et le Hall of Fame des auteurs-compositeurs l’année suivante. Ces institutions attribuèrent à Kendra Morris le Prix Holly 2011, qui récompense les nouveaux talents, en hommage à Buddy Holly, pour l’excellence de leur composition, interprétation et en qualité de musicien.

Une tournée avec le Funk Brother de la Motown, Dennis Coffey l’été dernier et le soutien de DJ Premier qui remixe son single aux sonorités blaxploitation "Concrete Waves" viennent pimenter l’année que Kendra consacre à écrire et enregistrer son vrai premier album. Avec un titre inspiré des légendes irlandaises de créatures fantomatiques, Banshee est un croisement d’histoires, certaines imaginées par Kendra, d’autres tirées de sa propre expérience, produit par son acolyte Jeremy Page et sorti en 2012 chez Wax Poetics Records. "D’une certaine façon les banshees jettent des sorts avec leurs voix et je pense que les plus grands chanteurs font exactement la même chose."

http://www.kendramorris.fr/




Par Armelle Lefort (dernière modification le 23/05/2013)




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