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Colette Dehalle
16/02/2009

LA LITTERATURE A L'OPERA


Récemment, deux Opéras ont programmé en France des œuvres originales. L'Opéra national de Lorraine à Nancy a osé Los sobrinos del capitán Grant, Les neveux du capitaine Grant, librement inspirés de Jules Verne, une zarzuela de Manuel Fernández Caballero. De son côté, l'Opéra national de Lyon présentait l'opéra de chambre de Philip Glass Dans la colonie pénitentiaire, d'après la Colonie pénitentiaire de Franz Kafka.


Illustration: Dessin de Riou. (Source: wikipedia)
Illustration: Dessin de Riou. (Source: wikipedia)
A Nancy, tout commence dans une cour entourée d'immeubles où évoluent des personnages truculents, une concierge, un militaire en retraite Mochila qui a trouvé dans une daurade un message du capitaine Grant demandant de l'aide, la danseuse de cabaret Soledad et son fiancé Escolástico. Ces deux derniers sont déclarés neveux du capitaine et s'embarquent dans l'aventure avec Mochila, se joindront à eux le docteur Mirabel complètement farfelu, Miss Kitty et Sir Clyron, un ami de Grant qui financera l'expédition. Tous partent pour le Chili puis l'Australie et la Nouvelle-Zélande où les attendent les aventures les plus extraordinaires. On voit donc qu'il y a quand même quelque rapport avec l'œuvre de Jules Verne. Comme il aurait été difficile de mettre en scène les nombreuses péripéties, tout se passe devant la cour. Le metteur en scène fait voyager les personnages sous nos yeux dans ce décor mais on est transporté par son ingéniosité, Nous avons même droit à un tremblement de terre. Il y a une scène particulièrement réussie où nos héros munis de leurs scaphandres descendent dans l'océan, l'illusion est parfaite. L'atmosphère est joyeuse, le petit accent qu'ont ces chanteurs hispaniques dans les parties parlées en français est très savoureux, la musique est charmante, les chanteurs sont d'excellents comédiens, le metteur en scène Carlos Wagner et le chef d'orchestre Tito Muñoz nous entraînent dans un voyage merveilleux et la salle est enchantée de ce spectacle des plus divertissants.

La première a eu lieu le 25 août 1877 au théâtre Príncipe Alonso de Madrid, le livret de Miguel Ramos Carrión s'inspire du roman de Jules Verne paru en 1868. Quant au compositeur, Manuel Fernández Caballero, il est né à Murcie au sud de Valence, le 14 mars 1835, il compose très jeune et à vingt-neuf ans a déjà à son actif une trentaine de zarzuelas. Il passe quelques années à Cuba où sa palette musicale s'enrichit des sonorités locales, revient en Espagne, passe au Portugal puis s'embarque pour l'Argentine où il poursuit son abondante production. Il meurt le 26 février 1906.
La zarzuela est un genre typiquement espagnol. Née dans la seconde moitié du XVIIe siècle, elle tire son nom d'un pavillon de chasse que Philippe IV avait fait construire dans un champ de ronces, zarza, et où se donnaient des fêtes au cours desquelles certaines pièces musicales intercalaient des parties parlées. Par la suite, aux XVIIIe et XIXe siècles, la zarzuela devint un divertissement assez populaire, contrairement à l'opéra apprécié plutôt par les classes supérieures de la société. Son âge d'or se situe au XIXe, elle a d'ailleurs son théâtre à Madrid où se donnent en permanence les oeuvres représentatives de ce répertoire. Quant au palais de la Zarzuela il est actuellement la résidence du souverain espagnol.

Tout autre est naturellement Dans la colonie pénitentiaire de Philip Glass mis en scène par Richard Brunel qui s'est donné hors les murs de l'Opéra de Lyon, dans les studios Lumière de Villeurbanne. In the penal colony, a été composé en 2000 sur un livret de Rudoph Wurlitzer, d'après l'œuvre de Kafka, accompagné par un quintette à cordes composé de musiciens de l'Opéra. Malgré la gravité du sujet et son abord difficile, la salle était pleine et les spectateurs suivaient avec intérêt cette oeuvre dense de quelque 90 minutes sans entracte. Dans cette prison, il serait difficile de ne pas penser à Guantanamo, les condamnés n'ont droit à aucun procès, les exécutions sont publiques et particulièrement violentes, la lâcheté et cruauté humaines se déchaînent. Un observateur étranger invité dans cette colonie pénitentiaire a beau désapprouver le comportement des geôliers, il ne peut rien. La musique répétitive du quintette à cordes, n'ajoute rien au malaise suscité, elle y semble au contraire assez étrangère mais cependant à la longue finit par ne faire qu'un avec l'action.


Par Colette Dehalle (dernière modification le 17/02/2009)




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