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02/06/2013

Le Podcast Edito – Le film 'L’Attentat' du cinéaste libanais Ziad Doueiri censuré à Beyrouth


Lauréat du Grand Prix du Festival de Marrakech, le superbe film du réalisateur libanais Ziad Doueiri "L’Attentat", inspiré du roman de Yasmina Khadra et tourné en Israël avec des acteurs locaux, reste censuré au Liban ainsi que dans les pays de la Ligue arabe. Un argument supplémentaire pour découvrir cette courageuse réflexion sur le terrorisme abordé sous l’angle du politique et de l’intime. Et ce, au moment même où le ministre français de l’Intérieur souhaite inclure la psychologie individuelle dans l’étude du "basculement" terroriste.


Le Podcast Edito – Le film 'L’Attentat' du cinéaste libanais Ziad Doueiri censuré à Beyrouth

podcastattentat.mp3 PodcastAttentat.mp3  (2.48 Mo)


Sous l’horreur, une lente, inexorable, déconstruction humaine. Brillant, intégré dans la meilleure société de Tel-Aviv, reconnu et primé par ses pairs au cours d’une cérémonie, le docteur Amine Jaafari, chirurgien israélien d’origine arabe remarquablement interprété par Ali Suliman, ne peut pas, ne veut pas croire à la culpabilité de son épouse, une chrétienne palestinienne issue d’une famille aisée, dans l’attentat kamikaze qui a coûté la vie à plusieurs enfants israéliens.

Déni absolu, première étape d’une sidération bientôt suivie d’un effondrement puis d’un long cheminement destiné à éclairer, à défaut de comprendre, la folie meurtrière de son énigmatique compagne. Entre les insidieux mécanismes de l’endoctrinement par des radicaux extrémistes et le terreau des défaillances psychologiques sur lequel ceux-ci ont pu croître – la stérilité supposée de Sihem se muant en pulsion mortifère contre le "demain" des autres –, le réalisateur de "West Beyrouth", coproduit en 1998 avec Rachid Bouchareb, laisse le spectateur choisir. Illusoire liberté: accentué par l’habile exploitation des deux langues – il faut absolument voir le film en V.O. –, le sentiment d’une irréparable césure entre deux univers, l’histoire opposant symboliquement la moderne Tel-Aviv à l’archaïque Naplouse, laisse finalement peu d’espoir sur l’issue réconciliatrice de ce conflit.

Réfuter l'argument des Palestiniens sur leur refus de s'intégrer en Israël

La méfiance croissante des collègues israéliens de l’hôpital doublée du professionnalisme d’un interrogatoire sans état d’âme du Shin Beth à l’égard du mari suspect mais aussi la plongée au cœur des ténèbres islamistes de Naplouse qui glorifient le martyre de l’épouse et promeuvent les effigies conjointes du cheikh Yacine et d’Hassan Nasrallah, la surprise, enfin, de découvrir un abouna, un prêtre chrétien, encore plus jusqu’au-boutiste dans son idéologie anti-israélienne, sont autant de pertes d’ancrage qui abandonnent le héros à mi-chemin entre colère et résignation. Subtil dosage des ressentis sans doute nourri des propres ambivalences du réalisateur: il laisse apparemment ouverte l’option que le sauveur des vies devienne à son tour assassin. "La prochaine fois que tu opères, demande toi qui tu veux sauver", lui assène sa consœur israélienne décelant cette possibilité. Mais entre passé et futur, Ziad Doueiri prend aussi position pour réfuter l’argument des Palestiniens qui motivent leur refus d’intégrer la société israélienne par crainte d’un reniement de leurs racines arabes: le discours du héros recevant son prix au début du film n’ironise-t-il pas sur le fait que "les juifs sont un peu arabes et les arabes un peu juifs" ?

Amère déconvenue du "docteur" – le mot arabe hakim n’est d’ailleurs jamais prononcé – qui n’appartient plus, voire a "trahi" selon le prédicateur fondamentaliste de la Mosquée, la lignée de ses ancêtres mais qui restera à jamais "celui qui a été accueilli" par ses confrères juifs sans jamais leur appartenir. Et de reconnaître: "A la fin, l’homme est toujours seul".


Par (dernière modification le 02/06/2013)




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