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Jeanne Voisin
18/11/2014

Le dernier tango de Kees Van Dongen


Sous ce titre paraissait en septembre dernier aux éditions du Cherche-Midi, un court récit, 132 pages. dont la couverture s'orne d'une reproduction du portrait de Madame Maria Ricotti dans "L'Enjôleuse", qui date de 1921 et se trouve au Musée d'art moderne de la Ville de Paris.


Son auteur, François Bott, qui fut longtemps directeur du Monde des livres, nous fait vivre les derniers instants du peintre Kees van Dongen, né Cornelis Théodorus Marie van Dongen, le 26 janvier 1877 à Delfshaven, près de Rotterdam, naturalisé français en 1929. Il meurt le 28 mai 1968 à Monaco, dans sa villa le Bateau-lavoir, près du Jardin exotique, où il s'était installé en 1949. Son décès était passé quelque peu inaperçu en ce mai 68 où les préoccupations étaient ailleurs… Pendant ces quelques heures, alors que trois charmantes infirmières se relaient au chevet du vieil artiste atteint de la maladie de Parkinson, lui se remémore quelques moments particuliers de sa longue existence.

"Fauve, anarchiste, mondain", comme l'avait si bien résumé le Musée d'art moderne de la ville de Paris, dans le titre de l'exposition qui lui était consacrée en 2011. Défilent sous ses yeux, et donc les nôtres, fêtes, amis, poètes, boxeurs, peintres qui ont vécu dans le Paris qu'il a connu. Montmartre, le Bateau-lavoir, la célèbre maison de la place Ravignan où l'on pouvait croiser entre autres Dufy, Picasso, Modigliani, Matisse, Apollinaire, Cocteau ou Mac Orlan. Puis Montparnasse et les quartiers de l'ouest parisien quand la réussite fut au rendez-vous. Il revoit les nombreuses femmes, jolies de préférence, qui ont traversé sa vie et sa carrière de peintre, modèles, mannequins, comédiennes, maîtresses, sans oublier les compagnes et ses trois légitimes. Tout ne fut pas aussi glorieux naturellement dans son existence, en particulier ce voyage d'études préparé par Arno Breker, artiste officiel du IIIe Reich, en novembre 1941, qui lui fut tant reproché. Il évoque ce déplacement qu'il avait entrepris outre-Rhin, en compagnie d'autres peintres et sculpteurs, tels notamment Charles Despiau, Paul Belmondo, André Derain, André Dunoyer de Ségonzac ou Maurice de Vlaminck. "Tant pis si j'étais un salaud. Cela servait ma carrière. Du moins je le croyais".

Ce monologue imaginaire, inspiré toutefois de faits et situations authentiques a absolument tout pour plaire. Le style agréable de François Bott au long de 33 chapitres aérés, contribue à nous rendre plus familier ce peintre assez mal connu. Même si quelques expositions et des reproductions ont montré les multiples facettes de son talent, en faisant revivre des époques que l'on pare actuellement de nombreux charmes.


François Bott: Le dernier tango de Kees van Dongen
132 pages. Éditions du Cherche-Midi, collection Romans. 13,50€




Par Jeanne Voisin (dernière modification le 18/11/2014)





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