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Les maires du Bénin parlent désormais d’une même voix


Un bureau consensuel est désormais à la tête de l’Association nationale des communes du Bénin (ANCB) perturbée par une crise de leadership depuis novembre 2008. Après plus d’un an de conflit, de défiance et de médiation, la hache de guerre a fini par être enterrée. A un curieux moment…


Soulé Alagbé, nouveau président consensuel de l'Association nationale des communes du Bénin (ANCB). Photo (c) G.L.
Soulé Alagbé, nouveau président consensuel de l'Association nationale des communes du Bénin (ANCB). Photo (c) G.L.
C’est un beau cadeau de cohésion politique que les maires ont offert au pays le 18 février, jour anniversaire des 20 ans de la démocratie béninoise. Ils ont officiellement publié la liste consensuelle des 20 membres du bureau de l’association faîtière des communes. Celle-ci s’était déchirée, en novembre 2008, lors de l’assemblée générale élective devant consacrer la mise sur pied du premier bureau de la deuxième mandature locale. La querelle avait atteint son paroxysme à l’issue des élections communales d’avril 2008 où majorité présidentielle et opposition se disputaient une certaine victoire : le camp présidentiel avait pris le contrôle d’une cinquantaine de communes sur 77 pendant que l’opposition, avec sa vingtaine de communes, s’était imposée dans les grandes villes dont Cotonou et Porto-Novo, la capitale. Dans cette dispute de «qui a gagné, qui a perdu», le contrôle de la présidence de l’ANCB avait valeur de verdict.

Positions tranchées

Blaise Ahanhanzo-Glèlè, l'ancien président de l'ANCB a fini par être promu président d'honneur de l'association. Photo (c) G.L.
Blaise Ahanhanzo-Glèlè, l'ancien président de l'ANCB a fini par être promu président d'honneur de l'association. Photo (c) G.L.
Dès l’ouverture de l’Assemblée générale, les clivages se sont installés dans les esprits et les débats se sont rapidement cristallisés sur le camp vainqueur. Finalement, à défaut de consensus, les maires de l’opposition ont claqué la porte et sont allés élire, dans une salle voisine du lieu où se tenait officiellement l’AG, un bureau conduit par le président sortant de l’institution, Blaise Ahanhanzo-Glèlè, maire d’Abomey, la cité historique.
De l’autre côté, plus de cinquante maires élus sur la liste de la coalition au pouvoir mettent en place un bureau présidé par Soulé Alagbé, maire de Parakou, la métropole du nord-Bénin, la seule grande ville gagnée par le camp présidentiel. Même si ce camp a réservé dans le bureau un certain nombre de postes pour les maires de l’opposition, ces derniers ne reviendront pas et le président qu’ils ont élu a un avantage : en tant que président sortant, il a encore les clés et l’administration de l’institution en main. Quoique la démarche de ses affidés présente quelque faille juridique : le fait d’avoir élu leur bureau en dehors de la salle formellement prévue à cet effet.
Les positions deviennent chaque jour irréconciliables au grand dam des partenaires techniques et financiers de la décentralisation déçus que des questions de développement local soient prises en otage par la politique politicienne. Le collectif de ces partenaires, par lettre adressée aux maires, a menacé de retirer ses projets et ses appuis financiers à l’institution si une issue consensuelle n’est pas vite trouvée. «L’ANCB a un potentiel énorme à faire valoir dans le processus de décentralisation ; mais ce potentiel n’est pas utilisé à cause des dissensions internes. La division met en cause le bien-fondé de la décentralisation qui est une nette distinction entre les intérêts du gouvernement central et ceux des pouvoirs locaux. Les intérêts ne sont pas les mêmes, et si nous ne gardons pas ce fait en tête, il faudra se demander si la décentralisation en vaut la peine», s’était indignée l’ambassade royale du Danemark près le Bénin, le 22 septembre dernier à quelques semaines du premier anniversaire de la discorde.

Une médiation discrète

A un moment donné, le statu quo a semblé devenir la norme, les Béninois s’étant habitués à voir les deux présidents représenter l’institution à des manifestations officielles et à mener des activités chacun de son côté. Pourtant, une diplomatie discrète était à l’œuvre pour réconcilier les deux parties. Conduite par le Haut commissariat à la gouvernance concertée et le Partenariat pour le développement municipal (PDM), cette médiation a joué sur tous les tableaux : donner le temps aux deux camps de faire descendre la tension, sensibiliser sur ce que l’institution et les communes perdent dans cette crise, proposer une composition équitable du bureau de l’institution… Sur ce dernier point, la parade trouvée a fini par convenir aux deux camps : la majorité au pouvoir garde la présidence de l’institution pendant que l’opposition contrôle la présidence d’honneur et la première vice-présidence. Chaque camp s’en sort avec dix postes.
A l’installation officielle du bureau consensuel, le 9 mars, l’émotion était forte entre les frères ennemis d’hier. Quand Soulé Alagbé, le nouveau président rend grâce à Dieu pour avoir permis de «tourner la page regrettable» de la crise pour ouvrir celle de l’espoir, Blaise Ahanhanzo-Glèlè, devenu président d’honneur, a assuré, de son côté, que «la barque ne chavirera plus jamais». «La réunification est la preuve que les hommes ne se créent que des problèmes qu’ils sont capables de résoudre», s’est réjouie Inès Aboh, directrice de cabinet du ministre en charge de la Décentralisation.

Belle leçon aux acteurs nationaux

Moïse Mensah, Haut commissaire à la gouvernance concertée, a salué le «message rassurant et réconfortant» que les maires ont envoyé à la classe politique nationale. Il faut rappeler que les maires ont allumé le calumet de la paix à un moment où les tensions politiques se sont exacerbées au plan national entre la majorité et l’opposition à moins d’un an de l’élection présidentielle. Ce n’est cependant pas la première fois que les acteurs à la base sont arrivés à transcender les clivages partisans de leurs états-majors politiques. Dans le cadre des élections locales d’avril 2008, une liste de la coalition au pouvoir s’est mise en alliance avec une liste du principal parti de l’opposition – le PRD de Me Adrien Houngbédji – dans la commune de Sakété (sud-est du Bénin) alors que les deux partis sont de farouches adversaires au plan national.
«Cette réconciliation va apporter de la crédibilité vis-à-vis des partenaires techniques et financiers. L’Association est renforcée et elle pourra jouer, avec beaucoup plus d’efficacité, son rôle d’interface entre les communes et les populations à la base et puis entre les communes et le pouvoir central», a déclaré le nouveau président de l’ANCB qui s’est donné pour priorité de mettre en œuvre rapidement le Plan stratégique 2010-2014. Un plan soutenu par l’Union européenne et la Coopération allemande.

benin_maires.mp3 Benin_maires.mp3  (700.85 Ko)



14/04/2010








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