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Loi Travail: interview d'un gréviste


Depuis plus de 100 jours, la loi El Khomri fait défiler des milliers de Français dans les rues. Étudiants, travailleurs, syndiqués, militants novices… des profils aussi éclectiques que la population française. Rencontre avec Clément, 21 ans et opérateur voie à SNCF Infra, en Île-de-France.


Clément lors d'une manifestation à Paris Montparnasse le 13 avril 2016. Photo (c) Margaux Smets.
Clément lors d'une manifestation à Paris Montparnasse le 13 avril 2016. Photo (c) Margaux Smets.

itw_greviste.mp3 Interview gréviste.mp3  (1.67 Mo)


Quelles sont vos motivations?

"Il y a un peu plus de trois mois, on a commencé la lutte pour défendre notre code du travail interne (le RH0077) que la direction souhaite remplacer par un décret socle et une convention collective nationale. Ceux-ci visent à rabaisser les agents SNCF au niveau de la concurrence qui va entrer sur les rails aux alentours de 2020 dans le transport, et qui commence déjà à nous remplacer massivement à l’Infra. Plus généralement, on a rejoint la lutte contre le Projet de Loi Travail, parce qu'on se doit d'être solidaires avec les salariés français et que la direction a carrément glissé un article de la loi El Khomri dans notre Décret socle aux dernières négociations. J'invite d'ailleurs tout le monde à lire (ou relire) les articles que comportent la convention nationale collective pour la SNCF ainsi que le Décret socle car c’est épuisant les personnes qui pensent que l'on touche encore la prime au charbon, qu'on se fait 5.000 euros par mois minimum, qu'on a 160 jours de congés par an, le train gratuit à vie et la retraite à 50 ans."

Qu’attendez-vous du gouvernement?

"La réponse est simple: le retrait total du projet de loi Travail, en ce qui concerne tous les travailleurs français. Pour ce qui est des travailleurs du rail, nous demandons - et la motion a été votée massivement dans les Assemblées générales partout en France - que le décret socle soit à minima sur la base du RH0077. Nous disons NON au dumping social".

Que pensez-vous des déclarations de plusieurs politiques tels que Manuel Valls ou Valérie Pécresse qui ont demandé aux grévistes de la SNCF de faire une "pause" en soutien aux victimes des inondations?

"C'est risible de se faire donner des leçons par des personnes qui n'ont jamais vraiment travaillées et qui ne suspendent pas leur salaire exorbitant pendant les inondations, ou du moins n'en reversent pas une partie aux populations sinistrées. Ça n'a pas été relayé par les "grands" médias mais il y a plusieurs collègues en grève qui sont allés aider les personnes en zone sinistrée pendant les crues, tout comme les cheminots ont montré leur solidarité pendant la tempête de 99. C'est comme l'Euro, c'est malheureux d'en arriver là mais nous n'avons pas choisi le calendrier. Nous n’allons pas nous assoir sur nos conditions de travail pour que les gens s'amusent pendant un mois. Dans six mois je n'aurais peut-être plus les moyens de vivre en région Île-de-France. Pour moi cette grève, cette lutte, c'est un éveil massif de la conscience des Français".

Quelle expérience tirez-vous de cette grève?

"J'ai découvert les gaz lacrymogènes pour la toute première fois de ma vie: cadeau de la part des CRS! J'y ai vu la violence, des deux côtés: des jeunes à peine majeurs qui jettent des canettes sur les flics en oubliant que derrière le bouclier il y a un être humain. Et inversement, des darons de 40 ans qui tabassent un militant d'une vingtaine d’années, alors que ça pourrait être leur fils. Le problème, c'est que la violence appelle à la violence, c'est un cercle vicieux! Que ce soit une violence sociale, ou bien même physique, elle est présente, massivement".

Pensez-vous que l’arrivée de l’été et des vacances scolaires risque d’affaiblir le mouvement?

"C'est vrai qu'on aurait plutôt tendance à penser ça, et c'est même, à mon avis, une volonté du gouvernement d'avoir sorti ce projet de loi de dessous la table, ainsi que ce décret socle à ce moment-là: pas loin des vacances scolaires, en même temps que l'euro, et en plein état d'urgence. Je pense que si le gouvernement ne veut pas retirer le projet de loi, et que parallèlement, les Organisations syndicales n'arrivent pas à bouger les textes de la convention nationale collective et du décret, les grèves vont continuer. Des collègues vont partir en vacances, et c'est leur droit! Mais il y a aussi des mecs qui vont rester et se battre pour leur boulot et les générations futures, pour que les CDI ne deviennent pas précaires et pour éviter que le MEDEF et l'Europe imposent leurs règles. Bref, ça promet pas mal de barbecues et de manifestations!"



20/06/2016




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