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01/04/2016

Mécontentement autour de la réforme de l’élection présidentielle


Le 24 mars 2016, 11 députés ont adopté la proposition de loi destinée à réformer l’élection présidentielle en France. Ces nouvelles règles mécontentent fortement les petits partis, dont la visibilité et les chances de gagner sont, selon eux, mises au pilori.


Un temps de parole médiatique revu à la baisse

Hémicycle de l'Assemblée nationale. Photo (c) Richard Ying et Tangui Morlier
Hémicycle de l'Assemblée nationale. Photo (c) Richard Ying et Tangui Morlier

reforme_election_presidentielle.mp3 Réforme élection présidentielle  (540.2 Ko)


C’est la mesure qui suscite le plus de colère. Le principe d’égalité du temps de parole des différents candidats se voit modifié au profit du principe "d’équité". Sur le papier, c’est louable. Selon la députée PS Cécile Untermaier, le principe d’égalité totale a abouti "à une frilosité des médias et à une réduction continue du temps de parole". Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a quant à lui dénoncé le "caractère absolument complexe, illisible et très défavorable à toutes les organisations politiques du système" de l'organisation actuelle, affirmant que cette dernière "réduit le temps de parole, le temps du débat, l'expression démocratique".

La réforme propose donc de changer la donne en accordant un temps de parole proportionnel à la "représentativité" du candidat, celle-ci étant mesurée à partir des sondages et de ses résultats aux précédentes élections. Un Jacques Cheminade, fondateur du parti Solidarité et progrès, ayant obtenu 0,25% des voix à la présidentielle de 2012, se verrait donc ainsi relégué aux lointains confins des oubliettes médiatiques, tandis qu’un François Hollande ou une Marine Le Pen seraient mécaniquement omniprésents sur les radios et télés durant la pré-campagne (cette mesure ne s’appliquant pas aux quinze jours précédant le premier tour).

Corinne Lepage, ancienne députée et ministre de l’Environnement, dénonce dans une tribune du Huffington Post ce qu’elle considère comme une "honte", qui ne doit rien au hasard du calendrier politique. "Le rapt par la "partitocratie" de l'élection présidentielle trouve ainsi une forme d'achèvement. Et le rapt est total", s’insurge-t-elle.

Nicolas Dupont-Aignan et Jacques Cheminade avaient eux aussi vivement réagi à ce projet de loi en décembre dernier, lorsqu’il était examiné en première lecture par l’Assemblée. "Derrière cette réforme, c'est la suppression du premier tour de l'élection, estime Nicolas Dupont-Aignan, en lice pour 2017. Les débats à la télévision seront organisés uniquement entre les candidats du second tour supposé. Ils vont dévier la colère des Français uniquement sur le FN, présenté comme la seule alternative."


Des parrainages rendus publics

Jean-Luc Mélanchon est pour sa part particulièrement indigné de la modification des règles concernant les cinq cents parrainages. Il a d’ailleurs envoyé un courrier aux députés afin de les inciter à ne pas voter pour cette réforme. La proposition de loi vise en effet à rendre publics tous les parrainages des maires, alors que jusqu’à présent le Conseil Constitutionnel en tirait 500 au sort.

Les députés qui défendent la réforme mettent en avant "la transparence", mais les candidats issus de petits partis craignent des mesures de rétorsion ou de pression sur les élus qui s’aventureraient sur le terrain des outsiders. Jean Lassalle, député MoDem et candidat à l’Élysée, qualifie ce changement "d’attentat contre la démocratie". "Ce sera encore plus difficile pour un maire de donner son parrainage. Quand j'étais jeune maire, j'ai parrainé Arlette Laguiller en 1981. Je me souviens encore des débats au conseil municipal, ce n'était pas évident!" explique-t-il.

D’autres mesures, telles que la publication des comptes de campagne ramenée à six mois au lieu d’un an ou l’ouverture des bureaux de vote jusqu’à 19 heures, ne font pas polémique. Mais une pétition circule d’ores et déjà sur change.org, qui appelle à se mobiliser contre cette loi "qui vise à rendre beaucoup plus difficiles les candidatures dites indépendantes", c’est-à-dire hors parti.

Quand on sait que 78% des Français se déclarent "déçus" ou "en colère" vis-à-vis des grands partis traditionnels (source: sondage Elabe pour Atlantico, publié en février 2016), on ne s’étonne pas des 31.000 signatures recueillies en à peine trois jours. La loi devrait être définitivement votée le 5 avril 2016.




Par (dernière modification le 01/04/2016)





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