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Meilleur article de la semaine passée: Dakar, capitale de l’histoire politique de l’Afrique en l’espace d'un week-end


Les journées des 3 et 4 avril 2010 seront à jamais des dates gravées dans la conscience historique et politique du peuple sénégalais, et partant, de celui du continent africain. Et pour cause ! Elles ont été témoins de deux actes symboliques à savoir l’inauguration du monument de la renaissance africaine et la célébration de la fête de l’indépendance du Sénégal, acte premier d’une série de quatorze autres pays marquant leur cinquantenaire.


Inauguration du monument de la renaissance africaine (C) Elhadji Babacar Mbengue
Inauguration du monument de la renaissance africaine (C) Elhadji Babacar Mbengue
Venues du Gabon, de la Côte d’Ivoire, du Maroc, du Nigeria, du Burkina Faso, de la Gambie, du Mali, du Tchad, du Bénin, les délégations étaient conduites par leur chef d’Etat respectifs venus témoigner, à leur homologue et frère le Président Abdoulaye Wade, leur fierté et leur reconnaissance. A ceux-là, s’ajoutent d’éminentes personnalités du monde politique et artistique et plus d’une centaine de représentants de la diaspora africaine.

Au cours de la première journée, celle du 3 avril, il a été procédé à l’inauguration du monument de la renaissance africaine, une idée du Président Wade qui en décembre dernier affirmait que «ce monument vaut pour son esthétique et pour ce qu’il symbolise».

Origines et symbolisme du monument

Une vue du monument (C) Elhadji Babacar Mbengue
Une vue du monument (C) Elhadji Babacar Mbengue
Haut de 52m, le monument de la renaissance africaine est une idée du Président Wade qui a voulu rendre à l’Afrique toute sa dignité. Il fait partie de ses grands projets culturels. «Si j’étais un sculpteur, je mettrais en place trois personnages, les bras ouverts dans un élan d’étreinte. Deux, sur une marche supérieure, l’Europe et les Etats-Unis sont plus rapprochés. Le troisième, une Afrique qui assume son passé, tout son passé, et se tourne résolument vers l’avenir à la rencontre des peuples et cultures du monde» soulignait son initiateur.

En outre, faut-il souligner que si l’idée porte la marque du président sénégalais, le projet a été porté par l’Union africaine notamment lors du symposium des Etats-Unis d’Afrique et soutenu par maints intellectuels africains. Il fut, d’ailleurs, l’objet d’une résolution prise par ces derniers lors de la dernière réunion du comité scientifique du troisième Festival Mondial des Arts Nègres prévu au Sénégal au mois de décembre prochain. Le monument, dont la pose de la première pierre s’était déroulée en présence des Présidents Obasanjo du Nigéria, Gbagbo de la Côte d’Ivoire entre autres, ne fit pourtant pas l’unanimité.

Au Sénégal, il s’est heurté aux adversaires politiques de Me Wade et à une bonne frange de la population. Les arguments développés contre ce projet étaient essentiellement économiques et religieux. En effet, les tenants de l’argumentaire économique avaient estimé, qu’au regard de la crise économique mondiale dont les effets sont encore ressentis dans la vie des citoyens, l’érection de ce monument était inopportune. Selon eux, la priorité devait être accordée aux règlements des questions liées à la récurrence des inondations et des coupures intempestives d’électricité. En outre, l’opposition y est même allé jusqu’à voir dans cette idée «un désir d’éternité du Président Wade».
En sus des raisons économico-politiques avancées, le religieux s’est invité dans le débat prêtant à ce monument des relents maçonniques. Des thèses furent avancées au nom de l’Islam pour le condamner. Par contre, les plus modérés, qui apprécient l’œuvre, récusent le fait que «le monument surplombe le cimetière de Ouakam où sont enterrés des érudits».
Face à ces adversaires déclarés, Me Wade et ses partisans ne lésinèrent sur aucun moyen non seulement pour se défendre avec le soutien de religieux mais aussi pour donner corps à leur vision. Les médias dans leur ensemble tout comme des marches ont été les tribunes choisies pour persuader ou dissuader l’opinion.
Cette diversité d’opinions a ainsi alimenté et entretenu pendant longtemps une polémique qui connaîtra, sans doute, son épilogue après cette inauguration. En tout état de cause, le monument semble bien résister à ces épreuves et s’ouvrir sur un jour nouveau.

Les populations venues assister à l'évènement (C) Elhadji Babacar Mbengue
Les populations venues assister à l'évènement (C) Elhadji Babacar Mbengue
Erigé sur l’une des collines volcaniques qui surplombent la capitale sénégalaise, il est réalisé par des Nord-coréens. Il est matérialisé par un homme portant sur son bras gauche un enfant et enveloppant de son bras droit une femme. Une belle représentation de la fraternité humaine, d’une Afrique avide de liberté pour mieux assumer son destin et d’un réel dialogue des cultures.
Cette statue en bronze, dont la durée de vie est de 1200 ans, n’est que la partie visible de l’iceberg. Elle cache en effet, un complexe qui abrite un des salles de conférences, des boutiques, un théâtre de verdure et un musée.

Me Wade gagne son pari

Le Président Wade saluant le drapeau (C) Elhadji Babacar Mbengue
Le Président Wade saluant le drapeau (C) Elhadji Babacar Mbengue
Dans son discours lors de la cérémonie d’inauguration, Me Wade a exprimé toute sa gratitude à ses hôtes. «Nous sommes fiers et heureux de vous compter parmi nous aujourd’hui et demain. Merci pour le temps précieux que vous nous consacrez» a-t-il notamment prononcé. Rappelant les origines du projet, il a souligné qu’aujourd’hui «l’acte de naissance porte la signature de ses frères chefs d’Etat». Car, en ce jour «l’Afrique est là».
Me Wade qui a tenu a rappelé le souvenir des épreuves subies et des souffrances endurées par l’homme noir a souligné que «l’Afrique n’oublie pas mais pardonne». Selon lui le continent doit s’orienter vers la lumière et prendre sa place dans les grands ensembles. C’est dans ce cadre qu’il a décliné la triple symbolique du monument de la renaissance africaine.
Il s’agit d’abord, d’un message à l’endroit de la jeunesse qui doit être consciente de son rôle avant-gardiste dans la lutte pour la liberté du continent. Ainsi, a-t-il averti «aujourd’hui que nous sommes libres, le dernier colon est parti, nous n’avons plus d’excuses».
Ensuite, le second message s’adresse à la diaspora qui selon, Me Wade, doit reprendre sa place en Afrique. Elle mérite d’être la sixième région du continent.
Enfin, le dernier message du monument de la renaissance africaine est selon, lui le Temps du décollage. «Le temps du collage est arrivé pour l’Afrique» a-t-il indiqué, invitant les Africains à unir leurs efforts pour jouer le rôle qui leur revient dans ce monde moderne.
Soulignant que «la Paix est la condition sine qua non de la renaissance africaine», le Président Wade a invité les Peules d’Afrique à construire cette paix en ne laissant aucune place aux facteurs de division.
Plusieurs autres allocutions ont suivies celle de Me Wade à l’exemple de celui de l’ancien Président nigérian Olesegun Obasanjo, qui eut l’honneur de couper le ruban. Après s’être félicité de cette heureuse initiative, il souligna que «ce monument est celui de tous les Africains à travers le monde». Et de déclarer à l’endroit du Président Wade : «Nous sommes fiers de ce que vous avez fait pour nous».
Cette journée du 3 avril fut aussi marquée par des expositions sur les grandes figures du panafricanisme, des projections de films mais aussi une représentation de la pièce théâtrale «La tragédie du roi Christophe» du poète martiniquais Aimé Césaire décédé en 2008.
Toutefois, faut-il souligner qu’en dépit du bon déroulement des festivités, l’opposition sénégalaise a tenu à organiser une marche dans la matinée en guise de protestation contre ce monument.
Ces festivités riches en couleurs se sont poursuivies le lendemain à l’occasion du défilé du 4 avril marquant le cinquantième anniversaire de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale. A cette occasion, on a noté la présence de l’ensemble des délégations présentes la veille au site du monument.

Un défilé d’ouverture et de haute facture

Passage de la gendarmerie nationale (C) Elhadji Babacar Mbengue
Passage de la gendarmerie nationale (C) Elhadji Babacar Mbengue
«Merci pour l’intérêt que vous portez à votre armée nationale, à votre jeunesse et à la coopération internationale à travers votre gouvernement» a dit Me Wade aux populations venues assister au défilé militaire et civil. Aussi, il a saisi cette occasion pour remercier ses collègues chefs d’Etats avec lesquels il partage l’année de célébration du cinquantenaire. A l’endroit des troupes française, malienne, gabonaise, gambienne, marocaine, capverdienne, mauritanienne et guinéenne qui ont pris part au défilé militaire, le Président Wade a exprimé sa satisfaction. De même, il a vivement remercié l’Espagne et l’Italie d’avoir participé au défilé de l’escadron monté.
Le chef de l’Etat s’est aussi félicité de la bonne prestation des civils. Il s’agit d’élèves, de majorettes. A Thiès, à 70 km de la capitale, les épouses de militaires et d’agents pénitenciers ont participé au défilé pour témoigner leur solidarité à l’armée nationale et à la nation.
Venue participer à cette fête, la star de la musique africaine Manu Dibango s’est dit honoré d’être invité et a estimé que ce cinquantenaire est un tournant. «Comme beaucoup, je suis venu répondre à ce rendez-vous du lendemain positif» a-t-il notamment déclaré. Et de poursuivre : «c’est la projection sur l’avenir de ce que peut être l’Afrique qui est important».

Déjà dans son message à la nation prononcé la veille, Me Wade a tracé les contours de ce que devrait être l’esprit des cinquante prochaines années. «Je déclare solennellement que le Sénégal reprend à partir de ce jour, 4 avril 2010, à zéro heure, toutes les bases antérieurement détenues sur notre sol, par la France et entend y exercer sa souveraineté» a-t-il notamment déclaré. Et de préciser : «La spécificité de nos relations historiques fondées, sur l’histoire, la langue et certaines valeurs communes fondamentales, nous conduit à aménager, avec la France, un nouvel espace de coopération». Aussi, il a souhaité dans cet élan de célébration des cinquante ans de la liberté retrouvée, dans un effort à la fois individuel et collectif, que soit prise la juste mesure des acquis, pour situer les insuffisances et apporter les améliorations qu’appelle la prise en charge du destin commun au peuple sénégalais.

Au total, en dépit de l’étroitesse d’un week-end, le continent africain a semblé trouver le temps de se forger un nouveau destin. L’hymne de l’Afrique écrit par le Président Wade et chanté le 3 avril par 8000 jeunes a-t-il, pour autant, réussi à faire vibrer la fibre patriotique, des Africains réunis en la circonstance ? Qui peut le dire ! Toutefois, c’est autour du culte du travail et du respect des peuples que citoyens et gouvernants du continent doivent se retrouver pour réaliser le renouveau de l’Afrique, et partant, en faire un des cœurs du monde.

fetes_50_ans_momument_afrique_senegal.mp3 FETES_50_ANS_MOMUMENT_AFRIQUE_SENEGAL.mp3  (2.6 Mo)



06/04/2010




1.Posté par TREGUIER le 06/04/2010 17:51 | Alerter
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Article complet, de qualité et bien mené .Effectivement c'est un week-end chargé en émotions avec...  

2.Posté par mbeuk le 07/04/2010 21:20 | Alerter
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j'ai aimè la chronologie
mais jai remarquè que vous n'aviez pas parler de la marche de l'oppositio...  

3.Posté par ptibonheur le 09/04/2010 10:00 | Alerter
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@ mbeuk

Dans cet article, rondement mené par MBENGUE, il est bien mentionné la marche de l'opposit...  

4.Posté par ptiboneur le 12/04/2010 23:08 | Alerter
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Bravo Mr Elhadji Babacar MBENGUE ,,, excellent article et juste récompense

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