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Bertrand Galimard Flavigny, Canal Académie
27/12/2008

"Mes souhaits du jour de l’an"


En 1823, paraissait un petit livre anonyme, intitulé Mes Souhaits de jours de l’an, « poème fugitif en un chant ». Son auteur n’aurait pas été, comme le prétend l’avertissement de l’éditeur, un étudiant en médecine désorienté, mais un magistrat, plusieurs fois élu député de Séez, dans l’Orne, du nom de Jean Clogenson (1785-1876). Celui-ci se distingua en étant un des premiers à se prononcer en faveur de la révolution de juillet 1830...


Costume de 1823
Costume de 1823
Il arbora même les trois couleurs à Domfront, face aux troupes qui « comprimaient l’élan patriotique ». Quelques uns des exemplaires de ces Souhaits de jours de l’an qui avaient été imprimés sur papier tricolore, devaient, sans doute préfigurer cet éclat.
Le poème des Souhaits, un peu moqueur parfois, ne montre guère de caractère séditieux. Il en aurait possédé, le livre aurait été censuré et interdit. Les vœux de 1823 pourraient bien être prononcés à nouveaux, l’année 2008 s’étant évanouie pour laisser la place à 2009, c’est la raison pour laquelle, nous vous en adressons quelques uns.

« Je souhaite à mon escarcelle un contour moins gonflé de vent,
C’est à dire qu’au fond d’icelle le diable loge moins souvent.

Je souhaite à tous les bourgeois,
Juges, banquiers, hommes d’église,
Chacun, au moins, quatre ou cinq croix,
S’ils aiment cette marchandise.
Pour ma part, quoique l’on en dise, je m’en souhaite deux ou trois.
Aux officiers sous la remise
Je souhaite de bons emplois ;
j ‘en sais qui n’ont pas de chemise
Et qui ne mangent que des noix.

Je souhaite à certains ministres dont l’âme est en proie au chagrin,
Des regards moins durs, moins sinistres, un front moins jaune et plus serein ; et beaucoup de pommes de terre au roi qui règne en Angleterre.
Je souhaite que nos préfets, eux dont le cœur est si sensible, deviennent encore plus parfaits, si pourtant la chose est possible.
Je souhaite à nos députés des grêles de petits pâtés, avec une abondante pluie du doux nectar de Malvoisie.
Je souhaite, et l’on sait pourquoi, que quelques procureurs du roi, un peu trop chauds en politique, apaisent l’ardeur qui les pique, tout en faisant régner la loi.
Je souhaite aux rois conquérants, ambitieux du nom de grands, le destin de feu Bonaparte ; aux républicains soi disants, pour eux seuls toujours complaisants, des principes dignes de Sparte, à ceux qui ne partagent point mon opinion politique, je souhaite, comme un grand point, l’amour de la chose publique ; à mes ennemis, si j’en ai, car il faut bien que chacun vive, tous les jours un bon déjeuné, suivi d’un succulent dîné, avec faculté digestive ; un peu d’avoine et des chevaux aux écuyers sans écurie, et des tourelles sans créneaux à tout seigneur sans seigneurie.

Je souhaite aux États-Unis, l’horreur des discordes civiles, plus d’égalité qu’à Tunis, moins d’espions que dans nos villes.
Qu’ils soient légitimes ou non, si leur sagesse est sans seconde, je souhaite aux rois de ce monde, la côtelette et le tendron, le tout dans une paix profonde, avec un glorieux renom.
Lorsque j’entends parler de guerre, je demeure plus froid qu’un grès,
Du quidquid délirant reges, conservons bien la souvenance.
Soyons braves avec prudence ;

En tout évitons les excès ; vive le roi, vive la France, mais un roi quand même ... jamais.
Je souhaite aux missionnaires d’un Dieu clément, plein de bonté, de ne pas rester courts en chaires, lorsqu’ils prêchent la charité.
Aux soldats de François d’Assise je souhaite aussi (quel bon don !), rien qu’en lui montrant leur cordon, le don d’endoctriner sœur Lise.
A tous les soldats de la foi, lesquels se sont couverts de gloire, du pain sec dans leur désarroi, et, s’ils ont soif, de l’eau pour boire ; car on dit avec vérité que quand la foi perd l’espérance, c’est la moindre chose qu’en France elle cherche la charité.

Quant à la nation des femmes, pour oser leur parler d’amans ; ce que je souhaite à ces dames, c’est qu’elles aient, en tous les temps, un droit absolu sur nos âmes, des maris fidèles, fringants, toujours généreux, complaisants dignes de leurs pudiques flamme.
Je souhaite aux vieilles sans dents qui, sur leurs nobles ascendants font de continuelles phrases, des propos moins secs, moins mordants, de moins ridicules emphases.
J’oubliais de me souhaiter femme riche, aimable et jolie : car de l’hymen je veux tâter, pourvu que Dieu me prête vie. »

http://www.canalacademie.com/emissions/pag545.mp3 http://www.canalacademie.com/emissions/pag545.mp3




Par Bertrand Galimard Flavigny, Canal Académie (dernière modification le 27/12/2008)




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