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16/10/2015

Ni le ciel, ni la terre: aux frontières du réel


"Ni le ciel ni la terre" est le premier film de Clément Cogitore, sorti au cinéma le 30 septembre dernier après avoir été présenté à la 54e Semaine de la Critique. Ce film raconte le sort de soldats français, isolés dans le Wakhan, à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan. D’un réalisme et d’une âpreté à couper le souffle, cette fiction nous montre la guerre d’un point de vue unique, entre solitude et questionnement métaphysique.


Un film de guerre "humain"

Image de l'affiche du film
Image de l'affiche du film

ni_le_ciel_ni_la_terre.mp3 Ni le ciel ni la terre.mp3  (174.49 Ko)


Le film de guerre est un genre à part. Il décrit les horreurs des champs de bataille où règnent le chaos, jusqu’à déshumaniser ses soldats. C’est ce que décrivent les classiques du genre comme "Apocalypse Now", "Full Metal Jacket" ou encore le récent et controversé "American Sniper". Ce qui est frappant avec "Ni le ciel ni la terre", c’est que le point de vue adopté par le réalisateur est aux antipodes des films précédemment cités. La guerre n'est qu'un prétexte pour mettre en valeur une réflexion sur la complexité des relations entre êtres humains et notre rapport au réel. La mise en scène léchée et la beauté des collines vierges Afghanes mettent magnifiquement en valeur la solitude physique et spirituelle des soldats.

Cette solitude physique s'étend même lorsque les soldats se trouvent en contact avec les villageois et les talibans. Car à chaque fois, les militaires français ne cherchent qu'à retrouver leurs compagnons disparus et se retrouvent comme abandonnés à leur propre sort. Cet isolement est accentué par la présence des montagnes stupéfiantes qui les entourent, les emprisonnent au milieu de nulle part, à mille lieu des combats qui agitent Kaboul. On entre en plein dans le monde des guerres post-coloniales, ces missions d'occupations impossibles à tenir sur le long terme et qui usent, qui rongent les soldats. C'est une guerre silencieuse, sourde. De très rare moment de violence viennent perturber la monotonie de la vie des soldats, jusqu'à les rendre paranoïaques, paniqués à l'approche des chèvre ou de simples bâtons plantés dans le sol) . Film fait d'attente, de patience, de frustration. Dualité entre vouloir être courageux, accepté par le groupe et la peur, l'éloignement de la famille.

L’inattendu questionnement métaphysique

A mesure que l'intrigue se développe et que les soldats disparaissent de façon inexplicable, l'approche métaphysique et le questionnement religieux prennent un importance croissante. En effet alors que l'on attend patiemment un dénouement logique à ces histoires de disparition, seul l'explication métaphysique s'impose, implacable. Cet univers mystérieux renforce ainsi l'atmosphère de solitude dans laquelle vivent ces soldats, égarés dans ces lointaines contrées comme des enfants partis à l'aventure et incapables de retrouver leur chemin. Mais là ils sont sur la terre d'Allah et ils ne sont les bienvenus ni pour les villageois, ni pour dieu.

L'angoisse des personnages est d'autant plus palpable qu'on ressent la douleur et la frustration du capitaine Bonassieu tiraillé entre l'obligation de tout mettre en œuvre pour retrouver ses camarades disparus mais aussi le devoir de protéger ses hommes face à un mal invisible, inconnu. Ce capitaine Bonassieu a d'ailleurs pour prénom Antarès. A la fois le prénom du dieu grec de la guerre (Arès) et d'une gigantesque planète rouge, qui rappelle la planète Mars par sa couleur. Suivant l'épopée d'Antarès Bonassieu, on se dit que si l'issue du film ne concerne "Ni le ciel ni la terre", mais bien du côté des étoiles...

Interview de Clément Cogitore (Semaine de la Critique)



Par (dernière modification le 16/10/2015)




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