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21/02/2016

Orelsan relaxé au nom de la liberté d'expression artistique d'une génération désabusée


Le rappeur Aurélien Cotentin, aka Orelsan, a été, jeudi 18 février 2016, relaxé des charges d’"injure sexiste" et de "provocation à la violence à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur sexe".


Le rappeur Orelsan en 2013. Photo (c) Ludovic Étienne
Le rappeur Orelsan en 2013. Photo (c) Ludovic Étienne

orelsan_relaxe.mp3 Orelsan relaxé.mp3  (1.29 Mo)


Condamné en mai 2013 à 1000 euros d’amende avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris, Orelsan vient d’être relaxé par la cour d’appel de Versailles, au grand dam des cinq associations féministes qui avaient porté plainte contre lui. Étaient en cause certaines paroles de ses chansons, interprétées notamment lors d’un concert à Paris en mai 2009.

Le tribunal avait en effet estimé que la phrase "les féministes me persécutent (...) comme si c’était d'ma faute si les meufs c’est des putes" constituait une injure sexiste et que les paroles "renseigne-toi sur les pansements et les poussettes, j’peux t’faire un enfant et t’casser le nez sur un coup d’tête" ainsi que "ferme ta gueule ou tu vas t’faire marie-trintigner" (en référence à Marie Trintignant, morte en 2003 sous les coups de son compagnon Bertrand Cantat) constituaient une provocation à la violence à l’égard des femmes.

Le rappeur avait alors interjeté appel de cette décision et la cour d’appel de Paris, estimant que les faits étaient prescrits, n’avait pas statué sur le fond de l’affaire. Mais en juin 2015, la Cour de cassation a considéré que les faits ne faisaient pas l’objet d’une prescription et a renvoyé l’affaire devant la cour d’appel de Versailles.

Cette dernière s’est donc vue confiée la lourde tâche de trancher entre les deux impératifs que sont, d'une part, la protection d’un groupe contre la discrimination et l’incitation à la violence et à la haine, et, d'autre part, la liberté d’expression et de création artistique.

Dans son arrêt, qui se veut pédagogique, la cour rappelle tout d’abord la liberté renforcée dont bénéficie la création artistique dans une société démocratique. Elle estime en effet que celle-ci empêche le juge d'être investi d’un "pouvoir de censure qui s’exercerait au nom d’une morale nécessairement subjective". Elle explique ensuite que le rap est, en tant que "reflet d’une génération désabusée et révoltée", un mode d’expression "brutal, provocateur, vulgaire, voire violent".

Rappelant qu’Orelsan n’a jamais tenu de propos violents ou sexistes en dehors de ses chansons, la cour d’appel estime que les paroles mises en cause sont celles d’un personnage fictif reflétant le "malaise d’une génération sans repère, notamment dans les relations hommes femmes". Pour conclure à la relaxe du rappeur, elle considère donc qu’il existe une distanciation évidente entre Orelsan et son personnage.



Par (dernière modification le 20/02/2016)





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