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J.N.B.L.
18/10/2015

Salil Shetty s'adresse aux dirigeants des pays riches

Communication de notre partenaire


L'opinion publique est trop souvent hostile et ne comprend pas forcément l'ampleur de la situation qui concerne la crise des réfugiés.


Le secrétaire général d’Amnesty International lance un avertissement

sans_titre_1_81.mp3 Salil Shetty AI  (91.23 Ko)


"D’ici quelques années, les écoliers pourront trouver dans leurs livres scolaires l’image d’un enfant, mort noyé, le visage contre le sable d’une plage.

Ils ne pourront détourner le regard de ce petit garçon de trois ans, qui aurait très bien pu être leur petit frère ou tout simplement eux quelques années plus tôt. Leur enseignant leur expliquera que cette photo du corps sans vie d’Alan Kurdi illustre la situation mondiale de 2015, la communauté internationale se montrant alors incapable de venir en aide à des millions de personnes vulnérables dans le contexte de la plus grave crise des réfugiés qu’elle ait jamais connue depuis la Seconde Guerre mondiale.

La fin de cette leçon d’histoire dépendra des dirigeants du monde, en particulier de ceux des pays les plus puissants et les plus riches.

Que vont-ils laisser en héritage aux prochaines générations? Vont-ils continuer à verser des larmes de crocodile tout en cherchant à fortifier leurs frontières et en faisant fi du sort de millions de réfugiés? Ou bien feront-ils preuve d’une grande force morale et s’acquitteront-ils de leur obligation d’aider celles et ceux qui ont le droit d’être protégés?

Alan Kurdi n’est qu’un exemple des milliers de personnes qui ont trouvé la mort cette année, un peu partout sur la planète, alors qu’elles fuyaient un conflit ou des persécutions. Leurs corps ont été retrouvés entassés dans des bateaux qui ont fait naufrage, ou bien ont disparu dans la mer Méditerranée, la mer Égée ou la mer d’Andaman.

Leur nombre n’a cessé de croître ces dernières années, alors qu’elles sont de plus en plus nombreuses à prendre la décision de tout quitter dans leur pays d’origine.

Cette décision n’est pas motivée par des considérations égoïstes, mais par la recherche de la sécurité de leur personne et de celle de leurs proches. Ce sont des guerres, des atrocités et la terreur qui les ont contraintes de quitter l’Afghanistan, l’Irak ou la Syrie, ou encore les multiples conflits que connaît l’Afrique subsaharienne. En butte à des persécutions, bien d’autres personnes encore n’ont eu d’autre choix que de fuir des pays tels que l’Érythrée, où l’opposition est sévèrement réprimée, et le Myanmar, où les Rohingyas, minorité mulsumane du pays, sont victimes d’une discrimination encouragée par l’État depuis plusieurs dizaines d’années.

C’est justement pour remédier à ce type de situations que le régime de protection internationale des réfugiés a vu le jour après la Seconde Guerre mondiale.

Malheureusement, nous avons la mémoire courte. Ce cadre de protection sera bientôt réduit à peau de chagrin si les dirigeants du monde ignorent les leçons enseignées par l’Histoire et n’infléchissent son cours dès à présent.

Si l’augmentation du nombre de réfugiés rejoignant l’Union européenne fait la une de l’actualité ces derniers mois, ce sont les pays pauvres qui sont frappés de plein fouet par les multiples crises de réfugiés dans le monde. La Turquie et les pays en développement, principalement au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie, accueillent 86% des 20 millions de réfugiés recensés à l’échelle mondiale.

Les pays riches sont loin d’assumer leur part de responsabilité.

Les appels pour l’aide humanitaire aux réfugiés dans les situations de crise sont systématiquement - et parfois largement - sous-financés. António Guterres, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, a déclaré en septembre que la communauté internationale humanitaire était "financièrement à sec". Cette situation porte un coup sévère à l’accès des réfugiés à la nourriture, à des médicaments et à l’aide humanitaire en général.

Au lieu de chercher à surmonter cette épreuve, les instances dirigeantes des pays riches ont imaginé des moyens de maintenir ces personnes hors de leurs frontières ou loin de leurs côtes, tandis qu’elles sont plusieurs milliers à périr en mer ou à vivre dans des conditions d’hygiène déplorables derrière des clôtures barbelées. C’est une faillite morale.

Les crises de réfugiés finissent par se résoudre lorsque leurs causes profondes sont traitées. Les États doivent chercher à mettre fin aux conflits et aux violations généralisées des droits humains, objectifs certes difficiles à atteindre et qui nécessitent du temps.

Cependant, les pays les plus riches peuvent agir dès à présent pour limiter l’impact des crises de réfugiés dans le monde.

Amnesty International demande une action concertée dans huit domaines prioritaires. L’organisation engage notamment les États à financer intégralement les appels pour l’aide humanitaire et à trouver des places de réinstallation pour un million de réfugiés parmi les plus vulnérables - moins d’un dixième de ce chiffre ont été réinstallés l’année dernière. Il faut également que des itinéraires légaux et sûrs soient proposés aux personnes en quête d’asile pour qu’elles n’aient plus à entreprendre de voyages dangereux.

L’ampleur de la crise est telle que les États ne peuvent la résoudre seuls, mais la communauté internationale a les moyens de le faire et doit agir collectivement pour que tous les États partagent la responsabilité de la réinstallation et de l’accueil des réfugiés.

Le mois prochain, les dirigeants du G20 se retrouveront en Turquie, pays où le petit Alan Kurdi s’est échoué et qui accueille aujourd’hui plus de deux millions de réfugiés, soit plus que n’importe quel autre État.
Ils ne doivent pas quitter la table des négociations tant qu’un plan d’action concret, assorti d’échéances précises, n’a pas été défini pour garantir le financement intégral et durable de l’assistance humanitaire en réponse aux multiples crises de réfugiés dans le monde, et qu’un système n’a pas été mis en place pour partager la responsabilité de la réinstallation des réfugiés les plus vulnérables à l’échelle mondiale. En l’absence de tels résultats, ce nouveau sommet du G20 serait un échec pour les instances dirigeantes.

Il est trop tard pour prêter assistance à Alan Kurdi ou aux milliers d’autres personnes qui ont déjà perdu la vie. Mais nous pouvons encore infléchir le cours de l’Histoire et nous mettre à aider les millions de réfugiés qui ont encore désespérément besoin d’une aide humanitaire.

C’est sur ce chemin que doivent s’engager les dirigeants du monde, dès aujourd’hui, si l’héritage qu’ils légueront aux générations futures leur importe."



Par J.N.B.L. (dernière modification le 18/10/2015)




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