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Tosca sous tension à l'Opéra de Monte-Carlo


Brelan d'as pour l'immortel chef-d’œuvre de Puccini.


Hommage sincère et poignant aux victimes parisiennes en lever de rideau

Photo courtoisie (c) Opéra de Monte-Carlo
Photo courtoisie (c) Opéra de Monte-Carlo

tosca_monte_carlo.mp3 Tosca Monte-Carlo.mp3  (27.78 Ko)


Après Tokyo, Valence et Turin, il était tout à fait normal que cette "Tosca" signée, léchée, pourléchée par le Grand Sorcier Impérial du Lyrique de la Principauté trouva sa place au Grimaldi Forum, dans le cadre de la Fête Nationale.
Pour une première sous tension, avec hommage simple, sincère, poignant, aux victimes parisiennes et exécution, dans un bel élan de ferveur et solidarité, des hymnes nationaux.
Que faire, que dire de plus avec cet pilier indestructible du répertoire?
Eh bien, Jean-Louis Grinda, n'y va pas par quatre chemins et nous narre la plus formidable histoire de sexe et de sang, faite des comportements de la vie de tous les jours, au point de nous rendre ce drame d'artistes qui se mêlent de liberté et de politique, comme éternel, le tout dans un espace scénique grandiose, propre au déploiement de la geste théâtrale, linceul baroque de la passion, de la terreur, baigné de vapeurs d'encens, où se libère toute la violence d'une œuvre au vérisme chauffé à blanc.
Comme pour mieux soutenir ses sordides marionnettes d'un jeu de l'amour et de la mort dont Scarpia est le maître, jusqu'au moment où il finit par se prendre les pieds dans le tapis, Jean-Louis Grinda habille chic ses chanteurs (bravo à Christian Gasc) et dirige ce ballet sado-masochiste dans d'oppressants décors signés par Isabelle Partiot-Pieri où même le Saint-Michel du Château Saint-Ange semble plus menaçant que vraiment protecteur.
Cette vision hallucinante, noire, cette protestation violente contre le joug et l'intolérance, cette permanence de la menace renvoie aux heures noires de toutes les dictatures. Quelque part dans le monde, aux nôtres, qui sait?
Pour chanter ces vingt-quatre heures ultimes de la vie d'une femme, Diva avant tout, jusqu'au-boutiste, vivant dans le moment, et que l'angoisse de l'instabilité vient frapper en plein cœur, il faut une artiste d'une rare sensibilité, d'une finesse qui n'a d'égale que la beauté de la voix, une voix qui doit résister aux paroxysmes orchestraux, aux jeux grandiloquents.
Habituée du rôle, Martina Serafin, a un réel souci de la gradation, acte par acte et de la mouvance qu'impose le rôle. Au caractère insouciant et presque enfantin du premier acte, voici, au deuxième une tigresse racée, toutes griffes dehors, avec parfois des sons de bajoue prêtant au haut médium des colorations à la Callas, mais aussi hélas des aigus métalliques bien peu séduisants...
Amour, fureur, désespoir, se coulent en palettes colorées, parfois acides, jusqu'à la laideur calculée du cri, pour un acte ultime électrisant, le psychodrame à Saint-Ange lui arrachant un si bémol scolaire - on l'aurait aimé impérial! - mais quelques accents de tragédienne fort bien venus.
Son peintre amoureux met sa jeunesse, son physique de presque adolescent au service d'un engagement total, en parfaite symbiose avec l'esthétique du metteur en scène. Ce Mario est le plus vrai qu'on ait vu de longue date.
Marcelo Alvarez ne cherche pas midi à quatorze heures, il chante, chante très bien, à l'italienne (et non pas en esperanto) avec cette tendresse lyrique dont il a le privilège et qui fait merveille dans ses grands airs.
Dans une jolie équation Don Juan + Iago = Scarpia, Bryn Terfel, voix de bronze, autorité et noblesse, nous ferait presque aimer son baron sicilien chef de police, à la séduction presque "spumante". Disons l'absoudre, en hommage à tant de qualités de style, d'intelligence musicale, de jeu scénique. Bigot, sanguinaire, sadique, libertin, tout ce que vous voudrez, mais grand seigneur, toujours...

Comme toujours, chœur maison et chorale de l'Académie Rainier III bien en place, excellence des seconds rôles: Fabio Previati ne chargeant pas dans la farce napolitaine ou romaine son sacristain, Rodolphe Briand campant le plus glacial des Spoletta, sorte de Béria visqueux et gluant avant l'heure.
Il aura manqué à ce rituel dramatique une armature musicale plus rigoureuse.
N'oublions jamais, qu'ici plus qu'ailleurs, la musique de Puccini a, non seulement la place à laquelle elle a droit, mais celle qui s'impose naturellement quand on considère attentivement la partition.
Une musique qui est bien le quatrième des trois mousquetaires et dont la richesse complexe ne s'accommode pas d'un simple lecture pour accompagner un plateau exceptionnel.
La direction de Carlo Montanaro, malgré les mérites éminents de son orchestre, n'a guère semblé concourir à la cohérence de l'ensemble, plateau et fosse offrant un curieux hiatus fait de légers décalages, d'hésitations réciproques... Comme un manque réel de vraies répétitions, de vraie mise en onde musicale...



20/11/2015




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