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Union Internationale de la Presse Francophone

UNION INTERNATIONALE DE LA PRESSE FRANCOPHONE: 41e Assises

23/11/2009

La presse francophone a été réunie à Yaoundé (Cameroun), du 17 au 22 novembre 2009



UNION INTERNATIONALE DE LA PRESSE FRANCOPHONE: 41e Assises
MM. Alfred Dan Moussa, président international de l'UPF, et Alain-Blaise Batongué, président de la section camerounaise, ont ouvert les 41e Assises de la presse francophone.
Du 17 au 22 novembre, plus de 200 participants ont ainsi débattu sur le thème : "Ethique et déontologie à l'heure d'Internet. Liberté et responsabilité du journaliste".



Intervention d'Yves Agnès


Intervention de Marie-Claire Nnana

DISCOURS D’OUVERTURE DU PRESIDENT INTERNATIONAL, ALFRED DAN MOUSSA ET DE ALAIN BLAISE BATONGUE, PRESIDENT NATIONAL

« Monsieur le Premier Ministre représentant le Président de la République,
Monsieur le Ministre de la Communication,
Monsieur le Président du Comité d’organisation,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Conseiller spécial, représentant le Président Abdou Diouf, secrétaire général de l’OIF,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,
Excellences Messieurs les ambassadeur de France et de Côte d’Ivoire,
Monsieur le Délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé,
Monsieur le secrétaire général de l’UPF et cher Georges,
Mesdames et Messieurs les membres du Comité international
Honorables invités,
Mesdames, Messieurs,

Nous voici au pays
- de Paul Biya, Président de la République
- de Roger Milla et de Samuel Eto’o, professionnels internationaux de la balle au pied,
- de Manu Dibango, musicien de renommée internationale,
- de Yannick Noah, figure emblématique du tennis mondial,
- de Pius Njawé, premier Prix de la libre expression de l’UPF, directeur de publication du quotidien Le Messager, le plus ancien des titres de la presse privée camerounaise,
- de John Fru Ndi, leader de l’opposition politique,
- de Fotso, grande figure du monde des affaires,

Nous en passons, et non des moindres.

Avant tout propos, permettez-moi, Mesdames et Messieurs, de vous raconter deux histoires.

Première histoire. Un chef de service entretient des relations très particulières et très spéciales avec sa secrétaire. Droit de cuissage, ou, vraie histoire d’amour. Dans tous les cas, leurs ébats sexuels sont filmés à l’aide du téléphone portable du chef, devenu, selon les circonstances, l’amant et le photographe cadreur.

Seconde histoire. Un professeur de lycée ne résiste pas non plus devant les rondeurs de certaines de ses élèves. N’importe lequel d’entre vous peut imaginer aisément la suite. Leurs unions font l’objet de tournage cinématographique à circuit fermé.

Les deux courts métrages, avec pour acteurs principaux, Monsieur le chef de service et Monsieur le professeur, sont multipliés et s’arrachent comme de petits pains, aux différents grands carrefours d’une métropole francophone.

Il y a ceux qui les achètent. Il y a ceux qui les reçoivent de leurs connaissances, sur leurs téléphones mobiles ou dans leurs boîtes électroniques.



Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,

Ce qui semblait, dans un passé récent, être du domaine exclusif des journalistes, se retrouve presque partout : téléphones mobiles, avec caméras intégrées, et ordinateurs portables se rencontrent aussi bien en ville qu’en campagne.

Les utilisateurs de ces technologies de l’information et de la communication appartiennent aussi bien à la paysannerie qu’à la classe intellectuelle. Les télégrammes qui circulent sur les téléphones mobiles et qu’on appelle joliment les sms, vont de la ville vers le hameau le plus éloigné de la capitale. Ils partent du champ vers le bureau ou vers l’usine des zones industrielles.

En plus des journalistes, les citoyens de toutes les catégories socio professionnelles deviennent, chaque jour davantage, des producteurs d’information, à la différence que le journalisme s’impose la vérification des sources, la sélection et le traitement de l’information, tandis que l’internet apparaît à priori comme un fourre-tout.

Malgré ce constat, l’opinion continue à croire que tout ce qui circule de merveilleux et de sensationnel, ne peut être que le fait du journaliste, ce spécialiste de l’information de masse. D’après cette opinion, et si cette perception n’était pas corrigée, parler de liberté et de responsabilité du journaliste, d’éthique et de déontologie à l’heure de l’internet devrait, fort curieusement, être l’affaire des seuls professionnels de l’information et de la communication.



Honorables invités,
Chères consoeurs,
Chers confrères,

L’internet n’est pas que l’affaire des seuls journalistes. Tous les secteurs d’activités se sont approprié cette toile d’araignée, ici au Cameroun ; plus près, au Gabon ; plus loin, en Afrique du sud ; plus loin encore, en Croatie…

C’est pourquoi, l’UPF soumet à débat cette question d’actualité, d’intérêt à la fois professionnel et public. Si l’internet peut devenir une seconde chance pour les médias traditionnels et les consommateurs, il peut aussi être source de déclin des journaux, radio et télévision et même accélérer le phénomène. Il peut devenir un lieu de déperdition du public.



Mesdames,
Messieurs,

Nous voilà de plain-pied dans les 41èmes Assise de l’UPF, autour de la thématique de « l’éthique et de la déontologie à l’heure de l’internet : liberté et responsabilité du journaliste ».

En opérant ce choix, nous voulons tout simplement insister sur le fait que les rendez-vous annuels de l’UPF, d’une capitale francophone à une autre, sont d’abord et surtout des espaces de renforcement des capacités aussi bien de nos membres que de ceux qui nous accueillent.

Et celles et ceux qui nous ouvrent, en ce moment, leur cœur et leurs bras, ce sont bien vous, Camerounaises et Camerounais. Tout ce qui a été fait, ici à Yaoundé, illustre la qualité de votre accueil, accueil souriant, fraternel, amical.



Excellence, Monsieur le Premier ministre,

Nous n’avons pas assez de mots pour décrire tous les sacrifices consentis, tous les efforts déployés et tout l’investissement qui aura été nécessaire pour l’organisation de ces 41è Assises de l’UPF, ici à Yaoundé. Vous démontrez, si nécessaire, que vous avez vraiment voulu de ce rendez-vous international des médias francophones.

Nous qui sommes arrivés des quatre coins de l’espace francophone, saluons votre volonté de rassembler, en ce lieu, les médias francophones. Cela nous fait chaud au cœur.

Merci, Monsieur le Ministre de la Communication, vous qui avez, si admirablement, su prendre le relais, pour parachever l’œuvre engagée, en octobre 2008 à Montréal, par votre prédécesseur, en relevant le pari d’une organisation à la hauteur de l’image que le Cameroun entend se donner : une République hospitalière, à l’écoute du monde.

Merci, cher frère et ami, Professeur Albert Mbida. Président du Comité d’organisation de ces Assises, vous êtes l’architecte de ce qui nous est donné de voir ici, à Yaoundé.

Merci, Monsieur le Président de la section camerounaise de l’UPF, vice-président international de l’UPF et cher ami Alain-Blaise Batongué. Nous ne sommes guère surpris du plateau que vous nous servez, dans une saine complicité avec vos consoeurs et vos confrères, avec vos sœurs et frères du Cameroun.

A vous toutes et à vous tous, chères consoeurs et chers confrères, qui êtes arrivés de loin, de bien loin, pour communier avec le peuple camerounais, nous disons merci d’être là.


En votre nom, auquel nous joignons le nôtre, nous voudrions à présent nous tourner vers trois personnalités.


D’abord, vers l’un des plus proches collaborateurs du Président Abdou Diouf, secrétaire général de l’OIF. M. Ousmane Paye - est-il besoin de le rappeler - est le conseiller spécial du secrétaire général de l’OIF. Soutenu par notre ami Tidiane Dioh, responsable du Programme médias à l’OIF, à qui nous renouvelons notre sincère reconnaissance, pour son soutien constant, M. OUSMANE Paye était avec nous, à la 39ème Assise de l’UPF, en décembre 2007, en Côte d’Ivoire.

A cette occasion, il nous avait fait partager « quelques réflexions issues de la triple expérience du Président Abdou Diouf ; expérience d’homme d’Etat ; expérience d’observateur attentif des médias depuis près d’un demi-siècle ; expérience, enfin, de secrétaire général de l’OIF ».

Avec M. Clément DUHAIME, Administrateur de l’OIF, M. Ousmane PAYE a pris part à la récente cérémonie de décoration du secrétaire général de l’UPF. Avant cela, nous avons éprouvé la joie de le revoir, de nouveau en Côte d’Ivoire, cette fois, en compagnie du Président Diouf.

Merci, Monsieur le Conseiller spécial, de recevoir les remerciements de l’UPF, pour toute l’assistance que vous nous apportez, à visage découvert, mais aussi dans la discrétion. Merci de transmettre au Secrétaire général et à l’Administrateur de l’OIF, l’expression de la profonde gratitude de l’UPF.


Ensuite, vers le permanent de l’UPF, Georges Gros. Pour que nous soyions là en ce jour, il lui a fallu, en tant que secrétaire général de l’UPF, séjourner ici six mois plus tôt, pour lancer, avec les autorités camerounaises, les préparatifs de ces 41èmes Assises. D’ores et déjà, nous pouvons dire, « Mission accomplie ».

Laissez-moi saisir cette belle occasion pour lui adresser les félicitations de toute notre assemblée pour avoir été fait Officier de la Légion d’honneur française, le 16 septembre 2009, par le Ministre Brice Hortefeux, agissant au nom du gouvernement français.


Enfin, vers M. Jean-Baptiste Akrou, directeur général du groupe Fraternité Matin. Arrivé de Côte d’Ivoire, dans une forte et importante délégation de professionnels de l’information, il est non seulement l’employeur du Président international de l’UPF, mais aussi et surtout l’un des soutiens discrets de l’Union, préoccupé de la réussite du mandat confiée par l’UPF à la Côte d’Ivoire, au même titre que les doyens Ibrahim Koné et Eugène Dié Kacou, entourés, dans cette mission, des symboles de la relève professionnelle.

Mesdames et Messieurs les membres du Comité international,
Eminents membres de cette assemblée,

Dans la vie de l’UPF, 2010 sera une année pas comme les autres. La nouvelle année sera l’année des 60 ans de notre organisation. A six semaines de cette nouvelle année 2010, l’UPF ne peut s’offrir meilleure occasion, meilleure opportunité, meilleure tribune, pour lancer les préparatifs de son 60ème anniversaire.

Créée en 1950, l’UPF sera sexagénaire dans un mois et demi. En même temps que nous lançons, ici à Yaoundé, les travaux des 41èmes Assises de l’UPF, nous nous apprêtons à vivre les 60 ans de notre Union.

Lourde responsabilité que d’avoir 60 ans et d’avoir à célébrer un tel anniversaire, à l’occasion des prochaines 42èmes Assises de notre Union. Combien d’entre nous, dans cet amphithéâtre, ont atteint 60 ans ? A toutes et à tous, l’UPF souhaite un joyeux anniversaire.

Pour les personnes physiques, le 3ème âge est l’expression de la maturité et de la sagesse. Pour les personnes morales, cela signifie qu’une institution, comme notre Union, aura résisté aux perturbations de toutes sortes, aux aléas de tout genre, et se sera maintenue contre vents et marées.

Merci à nos mécènes, à nos partenaires, à nos membres. A la vérité, il est relativement plus facile de créer une association que de la faire vivre et de la faire traverser des décennies, un demi-siècle, un siècle. L’UPF doit cette résistance à tous nos pionniers, à nos secrétaires généraux internationaux. Je voudrais également rendre hommage tous les présidents internationaux qui m’ont précédé :
- Dostaler O’Leary, Canada,
- René Braichet, Suisse,
- Robert Delmarcelle, Belgique,
- Jean-Marc Léger, Canada,
- André Viot, France,
- Claude Bodinier, Suisse,
- Charles Rebuffat, Belgique,
- Augustin Laurent Dona-Fologo, Côte d’Ivoire,
- Jean-Marie Vodoz, Suisse,
- Auguste Séverin Miremont, Côte d’Ivoire,
- René Duval, France,
- Abdallah Stouky, Maroc,
- Notre prédécesseur le plus proche et notre maître, Hervé Bourges, France, dont nous regrettons l’absence ici, aujourd’hui, à Yaoundé, pour des raisons évoquées, il y a quelques instants, par le président de la section camerounaise de l’UPF.



Honorables invités,

En la qualifiant, à juste titre, en décembre 2007, de «doyenne des associations francophones », M. Ousmane Paye, Conseiller spécial du secrétaire général de l’OIF, met l’UPF devant ses responsabilités. Quand on porte la qualité de doyen(ne) d’âge, on ne peut plus s’autoriser, ni certains rêves, ni certains cauchemars.

A 60 ans, l’Union prendra l’engagement de s’interdire, plus que par le passé, les joies folles et les maladies de la jeunesse.

A 60 ans, l’UPF prendra l’engagement, plus que par le passé, de tenir des discours, et d’avoir des comportements, qui reflètent la maturité acquise et les expériences accumulées.

A 60 ans, l’UPF prendra l’engagement, plus que par le passé, de gagner toutes ses batailles économiques.

A six semaines de l’année de ses 60 bougies, l’UPF voudrait saluer et encourager tous les Etats francophones qui, dans leurs Constitutions respectives et dans le quotidien, ont inscrit la suppression de la peine privative de liberté comme l’un de leurs chantiers prioritaires.

Nous voudrions saluer toutes les organisations nationales et internationales qui oeuvrent à faire admettre, à tous les gouvernements, la nécessité de « dépénaliser les délits de presse ».
Entre autres,
- la Fédération internationale des journalistes,
- le Comité de protection des journalistes,
- Reporters sans frontières,
- l’Association mondiale des journaux,
- le Festival international de la liberté d’expression et de la presse, FILEP.

A la tribune du FILEP 2009, dans la première semaine de ce mois de novembre 2009, au Burkina Faso, l’UPF a tenu à préciser qu’elle ne revendique pas le droit, pour les journalistes, de vivre et d’être au dessus des lois.

Jamais, l’UPF ne revendiquera le droit, pour les professionnels de l’information, d’être des intouchables. S’il était constaté et établi que nous avons commis un délit de presse, nous accepterions, en tant que citoyen comme n’importe lequel des citoyens de ce monde, d’être sanctionnés.

Mais, nous préférons les sanctions pécuniaires, raisonnables, à la peine privative de liberté. Il y va, aussi, de l’image de chacun des pays francophones, sur l’échiquier mondial.

L’UPF se bat pour la suppression de la peine privative de liberté, confortée qu’elle est par les retombées incontestables du travail quotidien de formation et de sensibilisation des journalistes auquel se livrent :
- les unions nationales de journalistes,
- les instances de régulation,
- les instances d’autorégulation,
- les conseils de presse,
- les médiateurs,
- les maisons de la presse,
- les organisations syndicales,
- les groupements d’éditeurs de presse,
- les réseaux de professionnels de la presse en ligne et
- le réseau Théophraste Renaudot des écoles de journalisme de l’espace francophone.

Tous oeuvrent à la professionnalisation de la pratique du journalisme.


Dès lors, comment comprendre que sur 172 journalistes incarcérés dans le monde pour les délits de presse, de janvier 2009 à ce mois de novembre 2009, 65 soient de l’espace francophone ?

Selon Reporters sans frontières, RSF, repris par l’agence d’information et le site de l’UPF, 19 professionnels de l’information croupissent dans les prisons, au moment où nous sommes réunis autour de la cérémonie d’ouverture des Assises de Yaoundé.
- Pour la libération de tous ces détenus,
- Pour la levée des interdictions de paraître et d’émettre qui frappent certains médias francophones,
- pour un nouveau départ dans les relations entre les médias et les pouvoirs,
- pour le respect de l’éthique et de la déontologie du journalisme,

nous vous invitons, Mesdames et Messieurs, à vous tenir debout.


Vive la liberté d’expression et de la presse !
Vive le droit du public à une information, vérifiée, juste et équilibrée !
Vive le Cameroun !
Vive la Francophonie !



Alfred Dan Moussa,
Président international de l’UPF
dangbeu@yahoo.frCet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
00 (225) 05 05 11 47







Discours d’ouverture de Alain Blaise BATONGUE
Président de la Section Camerounaise de l’UPF
Vice Président International
Vice Président du Comité d’Organisation






Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Représentant Personnel du Président de la République,
Monsieur le Conseiller spécial, Représentant Personnel du Secrétaire Général de l’Organisation internationale de la Francophonie, le président Abdou Diouf,
Honorables invités,

Samedi dernier, la grande famille de la Communication au Cameroun est allée conduire, à leurs dernières demeures respectives, deux plumes du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune : Abui Mama Eloundou, Directeur de la Rédaction, et Benjamin Lissom Lissom, reporter à l’agence de Douala. Le premier cité, avec qui j’avais échangé sur le sujet en début d’année, m’avait promis une participation active à ces travaux que nous ouvrons ce matin. Mais ces deux journalistes ne sont pas les seuls à avoir cassé leur plume après notre dernier rendez-vous à Montréal, en octobre 2008. Koné Yoro, secrétaire général de la section ivoirienne de l’UPF, et cheville ouvrière des 39e Assises tenues à Abidjan et Yamoussoukro, nous a brutalement quittés en mars dernier, terrassé par une courte maladie. Il y a quelques jours, nous apprenions avec émotion le décès au Val d’Aoste, de la journaliste Lucienne LANDI-FALLETO. Collaboratrice de divers journaux au Val d’Aoste, elle dirigeait la revue AUGUSTA et était présidente d’honneur de la section valdôtaine de l’UPF.
Au moment où nous nous apprêtons à réfléchir sur l’avenir de notre profession, je vous invite à avoir une pensée pour leurs mémoires, en observant une minute de silence.


Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Représentant Personnel du Président de la République,
Monsieur le représentant personnel du secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, le président ABDOU DIOUF,
Monsieur le président international de l’Union internationale de la Presse Francophone,
Monsieur le secrétaire général de l’UPF
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement
Monsieur le Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Yaoundé,
Mesdames et Messieurs les Chefs de Missions Diplomatiques accréditées à Yaoundé
Chers confrères, participants aux 41e Assises de l’UPF,
Honorables invités,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Je suis étreint par une émotion particulière et une joie indicible en ce jour de grâce, au moment où je prends la parole, devant vous, au nom de la section camerounaise de l’UPF, pour souhaiter la bienvenue à tous aux 41e Assises de l’Union Internationale de la Presse Francophone. Ce rendez-vous annuel de la presse francophone, qui se tient pour la première fois de son histoire en terre camerounaise, est la matérialisation d’un rêve qui a mis du temps à se réaliser.
Voilà pourquoi vous me permettrez, honorables invités et chers participants, de commencer par rendre un vibrant hommage à ceux qui y ont ardemment contribué. D’abord, le président de la République, le président Paul Biya qui, en mars 2004, a reçu en audience Hervé Bourges, alors président international de l’UPF, pour marquer son accord à l’organisation d’un tel événement au Cameroun, alors que nous sortions d’un rendez-vous similaire tenu à Libreville, au Gabon. Ayant travaillé au sein du Comité d’organisation de ces 41e Assises ces derniers mois, je puis témoigner de l’implication personnelle qui aura été celle du chef de l’Etat pour permettre au gouvernement de la République d’accueillir ses illustres hôtes avec honneur, fierté et dignité.
Je voudrais présenter le second hommage à quelqu’un qui n’est pas parmi nous aujourd’hui, et qui a pourtant été, à tous les égards, le point de départ de ce fabuleux rêve. Je parle du président Hervé Bourges, souvent présenté comme le plus Camerounais des Français, le père fondateur de l’école de journalisme au Cameroun, l’initiateur de ces Assises en terre camerounaise. Engagé dans une autre mission et devant présider dès demain, l’Université de l’Image qui se tient à la Bibliothèque nationale de France, organisé par le festival européen des 4 Ecrans, il n’a pas pu honorer de sa présence cette cérémonie. Il le regrette profondément, dans une note qu’il a adressée au ministre de la Communication il y a quelques jours. Il en a cependant profité pour demander (Monsieur le ministre de la Communication me permettra de citer Hervé Bourges sans courir de risque de violer le secret d’une correspondance), « de transmettre mon respectueux souvenir au président Paul Biya, me tenant, comme il en a exprimé le désir, à son entière disposition » c’était une citation.
Un autre hommage, mais pas le moindre, s’adresse à Monsieur Jean Pierre Biyiti bi Essam, aujourd’hui ministre des Postes et Télécommunications. C’est lui qui, à son arrivée à la tête du département ministériel de la Communication en septembre 2007 et, surtout, après avoir reçu les échos des 39e Assises tenues en Côte d’Ivoire, a dépoussiéré le dossier de l’organisation de ces assises à Yaoundé dont le président Paul Biya avait accepté le principe. C’est encore lui qui s’est spécialement et personnellement déplacé pour Montréal l’année dernière et dont le discours, à la fois lyrique et enfiévré dans le froid de la métropole canadienne, a convaincu les membres du Comité international de l’intérêt réel du gouvernement camerounais à recevoir la grande famille de la presse francophone.
Je voudrais terminer cette liste, qui n’est pas exhaustive, par le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary. Dès sa nomination à la tête de ce département ministériel et, surtout, après notre première prise de contact début juillet, il n’a que quelques mots dans sa bouche qu’il répète à tous ses collaborateurs : 41e assises de l’UPF. Depuis trois semaines, il prend des nouvelles de l’organisation de jour comme de nuit, et a surtout donné une indication : qu’on ne s’économise d’aucun détail pour que ces premières Assises en terre camerounaise soient un succès.
Merci à tous, y compris les nombreux autres, qui ne peuvent tous être cités ici. Merci à tous, d’avoir permis de réaliser ce rêve. A partir d’aujourd’hui, ce rêve réalisé sera notre histoire.


Monsieur le Premier Ministre, Représentant Personnel du Président de la République
Monsieur le représentant personnel du secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, le président ABDOU DIOUF,
Chers confrères, participants aux 41e Assises de l’UPF,
Honorables invités

La section camerounaise de l’UPf est donc fière d’être l’hôte des 41e Assises, si longtemps attendues en terre camerounaise. Chaque chose en son temps. Le temps est venu pour la section de franchir un palier. De rendre hommage à tous les pionniers qui, au début des années 80, ont planté le décor de sa présence au Cameroun. Pius Njawé, qui célèbre en ce moment les 30 ans du journal Le Messager (prouesse remarquable) et qui a la particularité d’avoir reçu le 1er Prix de la Liberté d’Expression de l’UPF en 1991, mérite nos vives félicitations. Jean Vincent Tchienehom, Xavier Messè, Samuel Mbadjum, Richard Ekoka Sam Ewandè, Jacques Yemi, Isaac Désiré Mboundja (de regrettée mémoire), parmi tant d’autres, ont chacun une histoire à raconter sur ce qui, je l’ai dit plus haut, s’appelait encore l’Union internationale des journalistes et de la presse de langue française.
L’une de ces histoires, de celles que l’on connaît moins, est le rôle joué par le Pr Gervais Mendo Ze, médaillé et chantre de la Francophonie. Ses premières années à la tête de la Crtv ont été marquée par les actions menées pour encourager les journalistes a adhérer à l’Union, aussi bien à l’intérieur de la Crtv qu’en dehors, auprès de tous les autres professionnels. L’histoire retiendra que grâce à son action, la délégation camerounaise aux 23e Assises de la Presse Francophone, tenues en Côte d’Ivoire en 1991, forte de 23 membres, fut la plus importante d’Afrique. Et reste encore, à ce jour, un record dans la participation aux Assises de l’UPF.
Bien sûr, il y a eu, après eux, quelques turbulences à la fin des années 90 et au début des années 2000, une grave crise qui a failli entraîner la dissolution de la section camerounaise. C’est sur ces entrefaites que mandat nous a été confié, fin 2003, de relancer la section pour lui donner visibilité et crédibilité.
Avec l’aide de quelques institutions, nous avons pu organiser, à l’intention des journalistes camerounais, en respect de leur diversité à la fois linguistique, éditoriale et sectorielle, trois séminaires de recyclage et de remise à niveau entre 2004 et 2006. Le premier, en 2004 et à la veille d’un moment politique important, portait sur les techniques de couverture d’un processus électoral ; le second est revenu sur la meilleure manière de couvrir les faits divers et les faits de société pendant que le dernier retenait pour thématique le traitement du fait économique. Des enseignants venant de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille sont venus épauler des professionnels locaux pour permettre une mise à niveau de reporters et chefs de rubriques recrutés aussi bien dans la presse écrite qu’audiovisuelle, presse publique et presse privée, presse de langue française et de langue anglaise.
Qu’il nous soit permis donc de remercier à nouveau, du fond du cœur, l’ambassade de France au Cameroun et la société de téléphonie Mobile MTN Cameroun, qui ont permis la réalisation de ces séminaires. Nous l’avons fait en son temps. Et nous le refaisons d’autant plus que, dans le cadre de la relance de ces séminaires l’année prochaine, ils pourront à nouveau être sollicités…
Nous parlons bien des projets pour l’année prochaine. Parce que nous avons observé un formidable engouement des professionnels des médias qui, nous l’espérons, traduit un réel intérêt pour les activités et les missions de l’UPF. L’année prochaine, en 2010, l’UPF aura 60 ans et nous souhaitons construire autour de cet anniversaire, au sortir des Assises de Yaoundé, une véritable relance des activités de la section camerounaise. Une Assemblée générale, organisée en début d’année 2010, permettra la mise sur pied d’un nouveau bureau, qui tiendra des réunions mensuelles et permettra à l’opinion de connaître les positions de la section camerounaise, autant sur les sujets d’actualité que sur les questions liées à l’exercice de la profession.
A tous les confrères venus aux travaux et à ceux qui n’ont pas pu faire le déplacement, je vous demande de vous rapprocher de nous, de vous inscrire massivement à l’UPF. Comme le disait un homme politique américain, ne demandez pas ce que l’Union peut faire pour vous, mais ce que vous pourrez apporter pour la rendre plus forte. Elle vous le rendra au centuple. Ensemble, faisons de notre union une association forte toujours au service du professionnalisme, de la solidarité et du partage et, surtout, de la promotion de la qualité de la langue française dans nos médias respectifs. Faites-le vite, parce que 2010, c’est déjà demain.
Car, pour reprendre le chanteur John Legend, que les puristes de la Francophonie me pardonnent puisqu’il l’a dit en anglais et je me permets une traduction libre, parce que la vraie Francophonie est aussi le partage et la diversité : « L’avenir a commencé hier, nous sommes déjà en retard »…


Vive les 41e Assises de la Presse Francophone
Vive l’UPF,
Vive la Francophonie,
Vive le Cameroun
Je vous remercie de votre bienveillante attention.  »

RESOLUTIONS prises lors des 41es ASSISES DE LA PRESSE FRANCOPHONE


1- RESOLUTION RELATIVE A LA SUPPRESSION DE LA PEINE PRIVATIVE DE LIBERTE
2- RESOLUTION RELATIVE A LA PROTECTION DU DROIT D'AUTEUR
3- RESOLUTION RELATIVE AUX NECESSITES DES INSTANCES D'AUTOREGULATION



1- RESOLUTION RELATIVE A LA SUPPRESSION DE LA PEINE PRIVATIVE DE LIBERTE



La Presse est l'outil essentiel de la démocratie.

La liberté de l'information est un droit fondamental de l'homme.

C'est la première de toutes les libertés : si on l'étouffe, on peut étrangler toutes les autres, mais désormais dans le silence.

Le journaliste n'est certainement pas au-dessus des lois, mais son rôle social spécifique au service de la démocratie exige qu'aucune autorité politique, judiciaire ou administrative, n'entrave sa liberté de mouvement.

C'est pourquoi les participants aux 41èmes Assises de la presse francophone réunis à Yaoundé, réclament à nouveau avec insistance la suppression de la peine privative de liberté en matière de délit de presse supposé.

Ils demandent aux gourvernements francophones la levée des interdictions arbitraires de parution, d'émission et de vente qui frappent certains médias.



2- RESOLUTION RELATIVE A LA PROTECTION DU DROIT D'AUTEUR


Les participants aux 41èmes Assises de la Presse Francophone réunis à Yaoundé sur le thème : « Ethique et déontologie à l'heure d'Internet »,
– Considérant que l'un des problèmes résultant de la mise en ligne des contenus des médias est celui du non respect des droits d'auteur et d'éditeur,
– Considérant qu'un tel non respect peut causer un préjudice considérable aux auteurs légitimes de ces contenus,
– Considérant que les victimes de ces pratiques sont souvent des journalistes et des médias ne disposant que de moyens financiers limités,

Engagent l'UPF à entreprendre une démarche officielle auprès des organisations compétentes et à leur demander de prendre toutes mesures pouvant mettre un terme aux violations des droits d'auteur et d'éditeur en matière de débat sur le support Internet.



3- RESOLUTION RELATIVE AUX NECESSITES DES INSTANCES D'AUTOREGULATION


La liberté de la presse et le droit des citoyens à recevoir une information indépendante de qualité impliquent d'abord un engagement personnel de chaque journaliste et de chaque éditeur de média à respecter l'éthique et la déontologie professionnelles. Mais les conditions socio-économiques de la production de l'information nécessitent aussi une régulation, de préférence la mise en oeuvre dans chaque pays, par les professionnels eux-mêmes, des dispositifs d'autorégulation destinés à garantir au public une information exacte, honnête et respectueuse des personnes et des groupes.

Ces instances d'autorégulation, s'appuyant sur des codes de bonnes pratiques reconnus pas tous doivent associer des représentants des publics pour éviter tout corporatisme et tenir compte de l'aspiration citoyenne que renforce le développement d'Internet.

Les participants aux 41èmes Assises internationale de la presse francophone à Yaoundé appellent à renforcer et à vivifier de telles instances là où elles existent, à favoriser leur création là où elles font défaut. La liberté des journalistes et des médias, le respect des droits des citoyens, le développement d'une information de qualité ont tout à y gagner.

Yaoundé, le 19 novembre 2009


Podcast Journal, le 29/11/2009




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