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Jeanne Voisin
08/02/2014

Une bonne grand-mère à l'Élysée


Il y a quelques jours, l'excellent quotidien suisse Le Temps, publiait un article intitulé "Germaine Coty, première grand-mère de France".


Ce titre reprenait celui d'un article qui était paru dans La Gazette de Lausanne du 9 mars 1954, signé C.S. Cette gazette, après plusieurs changements et divers noms, est d'ailleurs devenue Le Temps le 18 mars 1998.
"Germaine Coty, première grand-mère de France" faisait partie d'un ensemble d'articles "Les femmes dont on parle". On a quelque mal à croire qu'en cet hiver 2014, Le Temps n'ait trouvé que madame Coty comme femme pouvant illustrer l'année 1954. Et il y en avait certainement d'autres qui faisaient alors honneur à la France. On se plaît plutôt à supposer que le journal helvétique a voulu malicieusement rappeler ce qu'il se passait alors à l’Élysée au moment où cette digne maison est le cadre d'amours contrariées aux nombreux rebondissements que toute la presse du monde entier, la spécialisée dans le people et même la plus sérieuse, a relatés avec force détails et photos.

Germaine Coty était l'épouse légitime de René Coty, deuxième et dernier président de la IVe République, élu le 23 décembre 1953, comme représentant du CNIP, Centre national des indépendants et des paysans, au 13e tour de scrutin. Avec 54.76% des suffrages du Parlement, l'Assemblée nationale et le Conseil de la République, nom que portait alors le Sénat. Il restera en fonction jusqu'au 8 janvier 1959. Ce jour-là, le général de Gaulle, premier président de la Ve République, lui succédera. Quant à René Coty, devenu membre du Conseil constitutionnel et élu à l'Académie des sciences morales et politiques, il mourra au Havre le 22 novembre 1962.


Une femme exemplaire

Madame Coty a certainement été fort surprise quand elle a appris cette élection de son mari à la magistrature suprême puisque dit-on, elle s'est présentée les mains enfarinées de la tarte qu'elle était en train de confectionner, aux journalistes qui avaient envahi l'appartement parisien du couple quai aux Fleurs dans l'île de la Cité. Ce qui ne l'empêcha pas par la suite d'accomplir parfaitement la tâche qui était devenue la sienne et de tenir dignement son rang. Rôle moins voyant qu'aujourd'hui naturellement, les déplacements présidentiels étant moins fréquents qu'actuellement et surtout plus discrets. D'ailleurs, le personnage en vue était alors le président du Conseil. Germaine Coty qui était née Germaine Corblet le 9 avril 1886 dans une famille d'armateurs du Havre, avait reçu l'éducation bourgeoise d'une jeune fille de l'époque puis elle avait épousé le 21 mai 1907 un jeune avocat havrais de quelques années son aîné, il était né le 20 mars 1882, et ils eurent deux filles. Le jeune René Coty ne se contentera pas du barreau et ne tardera pas à aborder l'univers politique dont il gravira tous les échelons. Il fut conseiller général, député, sénateur et même ministre de la Reconstruction durant le mandat de son prédécesseur à l’Élysée Vincent Auriol. Madame Coty était très différente de celle qui l'avait précédée Michelle Auriol, femme élégante qui portait des robes de grands couturiers. Elle fut moquée, chansonnée pour ses tenues assez désuètes et sa silhouette plutôt enrobée, "je ne suis pas une pin-up mais une grand-mère" lui prête-t-on, mais elle s'acquit très vite la sympathie des Français par ses qualités personnelles de bonté, générosité et compréhension. Elle consacrait plusieurs heures chaque jour à des actions caritatives. Très fatiguée, elle mourut le 12 novembre 1955 au château de Rambouillet et fut très regrettée. Le 14 novembre l'Assemblée nationale lui rendit hommage et des milliers de personnes suivirent la cérémonie officielle qui lui fut consacrée en l'église parisienne de la Madeleine.



Par Jeanne Voisin (dernière modification le 07/02/2014)




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