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Le 25 septembre 2015, l’Assemblée Générale des Nations Unies adoptait 17 objectifs de développement durable qui vont structurer les actions de la coopération internationale au terme des OMD ; Que faut-il faire maintenant au-delà de la proclamation urbi et orbi de ce nouveau credo sur le développement ? Pour l’instant, on ne dispose d’aucun guide pratique ni d’aucun chronogramme précis pour aller vers l’opérationnalisation des nouveaux engagements mondiaux, et de l’avis de quatre spécialistes qui croisaient leur regard sur le défi des ODD jeudi dernier à l’Agence Française de Développement, il faut aller vite car pour des objectifs aussi ambitieux, le deadline de 2030 n’est pas si loin.


Des idées pour la mise en oeuvre des ODD
Des idées pour la mise en oeuvre des ODD
L’agenda mondial du développement embrasse trop large et trop grand au risque de mal étreindre : dix sept « travaux d’Hercule » à abattre en quinze ans: éradiquer l’extrême pauvreté, abolir la faim, promouvoir une éducation de qualité, réduire les inégalités entre les sexes, assurer à tous l’accès à l’eau propre et à l’assainissement, la disponibilité de l’énergie propre à un coût qui soit abordable, promouvoir le travail décent et la croissance durable…

Les Objectifs de développement durable (ODD) vont plus loin que les OMD qui s’achèvent avec 2015: l’industrie, la vie aquatique, la vie terrestre mais aussi l’innovation et les infrastructures font leur apparition dans les priorités des Nations Unies, tout comme les villes et les communautés que l’on veut durables, les questions de consommation et de production que l’on veut empreintes du sceau de la responsabilité. Aucune problématique critique n’est laissée de coté : Exhaustivité, globalité, transversalité, telles sont les caractéristiques des nouveaux défis mondiaux que les spécialistes présentent à juste titre comme révolutionnaires comparés aux précédents OMD.

donner aux individus les moyens de mener une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tous les âges
donner aux individus les moyens de mener une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tous les âges
Pour Friederike Röder, Directrice France de l’ONG One, les anciennes méthodes et process s’avèrent inopérants, car l'élargissement à des problématiques transversales imposent pratiquement le besoin d’inventer des mécanismes appropriés et de concevoir de nouveaux plans de bataille plus adaptés .

Pierre Ducret, spécialiste de la finance Climat se veut ferme: "Il faut nécessairement passer d’une logique sectorielle à une programmation multi-sectorielle et multi-acteurs", et savoir, quand il le faut, combiner harmonieusement les deux approches, en veillant à ne pas trop disperser les énergies dans les dédales de l’exhaustivité et de la transversalité. « Il y a des choses qu’il faut faire et il y a des choses qu’il ne faut plus faire », car conclut-il, "il ne s'agit pas forcément de mobiliser de ressources additionnelles, mais plutôt d'utiliser les ressources qui existent autrement, avec plus de pertinence et d'efficacité".
Les succès stories, qui ont fait leurs preuves sur le terrain dans la mise en œuvre des programmes précédents devraient inspirer les futurs programmes selon Monsieur Jacques Moineville, directeur adjoint de l’Agence Française de Développement.

Au Laos, par exemple, grâce à une approche acteurs et multi-acteurs, l’AFD a réussi à regrouper et à organiser les porteurs d’enjeu de la filière café et à les adosser à un marché ; Au Cameroun, c’est l’approche processus, qui en impliquant et responsabilisant les communautés a permis de réaliser des résultats extraordinaire dans la conduite de projets de développement local.

L’expérience du fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme doit être également capitalisée : grâce à des financements innovants, le leadership dans la mobilisation des Etats, du secteur privé et de la société civile, le fonds a pu mobiliser des ressources conséquentes permettant d’élargir de façon massive l’accès des ARV, en passant d’une prise en charge de 700 mille personnes atteintes du VIH en 2000 à 12 millions de bénéficiaires aujourd’hui.

Certes, les pays développés doivent tenir l’engagement de consacrer 0,7 % de leur PIB à l’aide publique au Développement, mais à l’image du fonds mondial, Il faut savoir innover dans la mobilisation des ressources. Des niches de ressources potentiels existent avec abondance à l’intérieur même des pays moins avancés. Des appuis conséquent en terme de renforcement des capacités et d’amélioration des pilotages des politiques financières permettent de décupler la mobilisation de recettes intérieur, par l'élargissement de l’assiette fiscale et une plus grande réduction de l’évasion fiscale;

En supprimant les subventions sur les énergies fossiles, l’Indonésie a pu réaliser des économies qui valent le montant de l’aide publique au développement cumulée de grands pays donateurs comme la suède et le Danemark.

Au-delà de l’Etat qui doit jouer un rôle de stimulation et de régulation pour promouvoir une croissance économique de qualité, le grand jeu revient à l’entreprise, en tant que créatrice de richesse et d’emplois ; « la finance privée, à elle- seule, peut révolutionner et apporter les besoins de transformation campés par les ODD, foi de monsieur Ducret.

Mais le citoyen doit jouer sa participation, par un rôle de veille et de suivi, pour obliger les pouvoirs publics à rendre compte de leur gestion et s’assurer que les objectifs, pour lesquels des ressources sont mobilisées, sont effectivement atteints; cette exigence suppose que le citoyen soit intégré dans un processus consultatif et qu’il ait accès à l’information qui passe par le développement du partenariat sur les données.

Les choix devront se faire courant novembre au siège des Nations Unies, à New York dans le cadre d’un forum spécial des nations- unies pour sortir finalement un vade-mecum de mise en œuvre des 17 ODD. De grandes décisions sont également attendues du sommet mondial sur le climat qui se tient à Paris en décembre pour donner les clefs et le tempo pour l’action dans un processus de basculement vers une économie à faibles émissions de carbone.
En Afrique, un tiers des enfants ne sont pas déclarés à l'état civil, une urgence de développement
En Afrique, un tiers des enfants ne sont pas déclarés à l'état civil, une urgence de développement

Rédigé par Adjima David Thiombiano le 24/10/2015 à 17:12 | Commentaires (0)
Adjima David Thiombiano

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