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Après les attaques d'Orlando, l'Amérique s'est retrouvée en état de choc. Une fois le traumatisme passé, est venu le temps de l'incompréhension. L'incompréhension face à la facilité avec laquelle Omar Mateen a pu se procurer des armes de guerre et à la toute puissance dont jouit le lobby des armes. Pourtant, la violence et le choc produits par cette attaque pourraient bien faire évoluer la législation américaine sur cette question.


Attaque d'Orlando, prémisse d'un meilleur contrôle de l'armement aux Etats-Unis?
Le dimanche 12 Juin dernier, les Etats-Unis se sont réveillés avec la gueule de bois. Durant la nuit, Omar Mateen, un jeune américain sympathisant de l’organisation Etat Islamique, a ouvert le feu sur un club gay d’Orlando. Le bilan est lourd puisque on décompte 49 morts et au moins autant de blessés. Dès le lendemain, le monde entier à témoigné sa solidarité aux victimes et à la communauté homosexuelle, clairement visée par cette attaque. Très vite, les médias se sont intéressés à la personnalité du tueur et de ses liens supposés avec la filière Islamiste. Pourtant, derrière l’effroi suscité par cette tuerie, une autre question reste en suspend : comment un homme si dangereux a-t-il pu se procurer des armes aussi facilement ?

Il est assez curieux, en effet, qu’une personne inscrite sur la liste antiterroriste du FBI ait pu acheter des armes sur simple présentation des ses papiers d’identité. Le lobby de la très puissante NRA a fait son effet, acheter une arme est désormais possible pour tous, c’est même devenu un acte d’auto-défense totalement banale. C’est le paradoxe des Etats-Unis : Penser que la prolifération des armes amènera la sécurité. Une croyance rentrée dans les moeurs, au point que le premier réflexe des Américains après une attaque de ce type est... de se procurer une arme à feux! Une tendance confirmée par les vendeurs d'armes, qui ont vu leurs revenus s'envoler suite à l'attaque du "Pulse".

Une croyance assez surréaliste, sachant qu'en 2016 on dénombre déjà 138 fusillades responsables de quelques 6.000 décès. Mais par son caractère si particulier et son ampleur démesurée, la tuerie d'Orlando est peut être celle de trop. C'est pourquoi la question des armes à feux est venue s'immiscer dans le débat présidentiel. Il n'a pas changé les convictions de la candidate Démocrate Hillary Clinton, partisane de longue date d'une législation plus ferme en ce qui concerne les armes a feux.

En revanche le candidat Républicain Donald Trump a semblé évoluer sur cette question. D'emblée, celui-ci a ciblé l’ensemble de la communauté musulmane comme responsable au lendemain de l'attaque du "Pulse". Face au peu d'écho remporté par cette nouvelle stigmatisation, Trump a choisi de changer son fusil d'épaule (sans mauvais jeu de mots). Par la suite, celui qui est ouvertement soutenu par la NRA a émis pour la première fois l'hypothèse d'un meilleur contrôle sur la vente d'arme à feux. Il s'est même déclaré favorable à l'interdiction à la vente pour toute personne placée sur une liste anti-terroriste.

Si après chaque tuerie par balle les associations qui veulent faire interdire la vente d'armes à feu se manifestent, elles n'ont jamais réussi à peser jusqu'à présent. Durant son mandat, Barack Obama a tenté de réguler le marché des armes mais s'est heurté à la volonté de l'opposition Républicaine. Cependant, l'attaque d'Orlando semble avoir marqué un tournant. Par son caractère terriblement odieux, il a ouvert les yeux à une large partie de la population. En ces temps de campagne électorale, des mesures fortes seront attendus par les citoyens sur ce sujet. Dommage qu'il ait fallu un tel drame pour enfin réveiller les consciences.

Rédigé par Lucas Dru le 22/06/2016 à 13:29 | Commentaires (0)

Alors que les comédies françaises sans saveur se succèdent depuis plusieurs années, "La loi de la jungle" d'Antonin Peretjatko fait office de rayon de soleil dans l'horizon audiovisuel hexagonal. Porté par un duo au sommet de sa forme, cette comédie burlesque réussit à se montrer fraîche et envoutante sans tomber dans les lieux communs habituels. Un délice!


La loi de Jungle: la comédie française de l'année?
Camping 3, Five, Baby Sitting 2, Les Tuche 2... En 2016 les comédies françaises se ressemblent presque toutes. On y retrouve des gags similaires, les mêmes blagues vues et revues et surtout un même schéma de l'humour "à la française" qui ne fonctionne en rien. Bref, ce serait presque à désespérer de ce fameux humour "à la française" s'il n'y avait pas une bonne surprise de temps à autres. Et la surprise de cette année n'est autre que "La loi de la jungle" d'Antonin Peretjatko.

Trois ans après la sortie de son premier long métrage "La fille du 14 juillet", le réalisateur une nouvelle comédie totalement burlesque. Cependant, ce film marque une claire évolution avec son prédécesseur. C'est un film, plus mature, plus cohérent et même beaucoup plus drôle! Avec une inspiration toujours aussi marquée du cinéma de la nouvelle vague, "La loi de la jungle" réussit à être une comédie divertissante tout en faisant passer plusieurs message politiques.

On y suit les aventures de Marc Châtaigne (Vincent Macaigne), un stagiaire du Ministère de la Norme envoyé en Guyane pour superviser le chantier de la première station de ski en Amazonie : GuyaNeige. Au fil de ses mésaventures et rencontres douteuses, celui-ci se rend compte qu'on l'a envoyé dans un bourbier. Accompagné de Tarzan (Vimala Pons), il va se retrouver mêlé à une aventure folle, qui se termine en une épreuve de survie au coeur de la jungle. Perdus, ils se doivent de survivre face à l'impressionnante flore amazonienne, des guérilleros refusant la propriété privée où encore un gourou détraqué ayant étudié à Henri IV.

Si "La loi de la jungle" arrive si bien à nous faire rentrer dans son univers, c'est grâce à sa profonde originalité, aussi bien sur le fond que sur la forme. Tout d'abord le film réussit un petit exploit par les temps qui courent: réunir des dialogues riches et enlevés. En clair, les personnages ne prennent jamais la parole pour rien. Les prises de paroles sont totalement burlesques, décalées, mais aussi truffés de références.

Ces dialogues font d'autant plus mouche qu'ils sont récités par des personnages hauts en couleur (voire complètement fous), loin des rôles sans saveurs et stéréotypés auquel ce type de film nous a trop souvent habitué. Il est aussi important de souligner la qualité du scénario qui ne s'essouffle pas à mesure que l'intrigue se dévoile et offre une fin assez jouissive, sublimée par une bande son envoutante.

Enfin, à toutes ces qualités s'ajoute une dimension politique inhabituelle dans ce type de film, qui constitue une richesse supplémentaire du scénario. En toile de fond on retrouve une critique de la lourde bureaucratie à la Française, la condition des précaire des stagiaires où encore le rapport ambiguë que conserve la France avec ses colonies. Subtilement, c'est une attaque sévère à la société capitaliste débridée que nous propose Antonin Peretjatko, qui possède l'art de tourner chaque situation en dérision sans jamais donner l'impression d'en faire trop.

Toutefois, si "La loi de la jungle" connaît quelques coups de mou et que tous les ressorts comiques ne provoquent pas le rire du spectateur, le film possède un charme fantastique, presque envoutant. Et s'il ne rencontre pas forcément un grand succès en salle, nul doute qu'il marquera toute une génération à la manière de OSS 117Dikkenek ces dernières années.

La loi de la jungle
Film français réalisé par Antonin Peretjatko
Avec Vincent Macaigne, Vimala Pons, Pascal Légitimus, Matthieu Amalric...
Genre : Comédie
Durée : 1h39min
Date de sortie : 15 juin 2016

Rédigé par Lucas Dru le 22/06/2016 à 13:00 | Commentaires (0)

Matchs pauvres en spectacle, faiblesse technique alarmante, équipes sans imagination, tactiques frileuses et efficacité en berne… L’Euro 2016 de football qui se déroule en France ressemble à s’y méprendre à notre bonne vieille Ligue 1. Pourtant, contrairement à la flopée de joueurs médiocres qui ornent les pelouses de notre championnat chaque week-end, un Euro est censé réunir la crème des footballeurs du continent. Alors, comment expliquer cette pauvreté affligeante ?


Les joueurs de l’Euro sont-ils atteint du syndrome maléfique de la Ligue 1 ?
Il y a du beau monde sur les pelouses hexagonales en ce mois de juin. Comme on en avait pas vu depuis une certaine année 1998. On peut y admirer Gareth Bale et Dimitri Payet marquer, Cristiano Ronaldo et Eden Hazard gambader, Luka Modric et Andres Iniesta orienter, Leonardo Chiellini et Gerard Pique tacler où encore Manuel Neuer et David De Gea tout arrêter. Pourtant, malgré la pléiade de stars qui disputent cette compétition, celle-ci offre un spectacle d'une pauvreté inhabituelle. Pour preuve, il aura fallu attendre 17 matchs pour voir une équipe inscrire 3 buts dans le même match (l'Espagne contre la Turquie, 3-0). Pas convaincu? Après les deux premières semaines de compétition, la moyenne de but marqué par match est de 1,95, soit un ratio extrêmement faible.

Face à un spectacle d'une telle pauvreté, les amoureux de ballon rond ont vite désigné le coupable: Le syndrome Ligue 1! En effet avec 2,45 buts/match pour la saison 2015/2016, la Ligue 1 était le moins prolifique parmi les cinq grands championnats européens. Une tendance loin d'être nouvelle puisque sur l'année 2014/2015, le championnat français était 23/25 dans le classement des championnats où l'on inscrit le plus de buts, où seuls les championnats danois et roumains présentaient un pire bilan.

Ainsi, la question qui se pose est: comment expliquer ce syndrome? Les pelouses? S'il est vrai que des stades comme le Vélodrome (Marseille) où Pierre Mauroy (Lille) ont présenté un gazon indigne d'une compétition internationale, on n'ose pas croire que les fantômes de Marvin Martin où Benjamin Moukandjo aient pu à ce point aspirer le talent des plus grandes stars européennes. D'ailleurs d'autres raisons, bien plus pertinentes, peuvent apporter un début d'explication à ce fameux syndrome Ligue 1.

Tout d'abord le calendrier démentiel auquel doivent faire face les joueurs depuis plusieurs années. Bien que payés des millions, les footballeurs ne sont pas des machines et payent à un moment leur manque de fraîcheur physique. Tous les deux ans, ceux-ci voient leur période de repos tronquée par une Coupe du Monde où un Euro. Sans compter la Coupe des Confédérations qui réunit tous les quatre ans les nations ayant remporté leur compétition continentale. Sachant qu'entre le championnat, les coupes et les coupes d'Europe, les joueurs peuvent disputer jusqu'à 60 matchs dans l'année avec leur club, on comprend que les organismes commencent à siffler en ce mois de juin.

Ces derniers mois, il y a eu une véritable hécatombe chez des joueurs visiblement à bout physiquement. En France, Varane, Zouma et autres Diarra ont déclaré forfait, comme Gundogan et Reus en Allemagne, Marchisio et Verratti en Italie où encore Carvajal en Espagne. Forcément, quand plusieurs des meilleurs joueurs du continent manquent à l'appel, le spectacle s'en ressent. D'autant que d'autres joueurs présents ne semblent pas dans une forme physique optimale. Ainsi, après deux matchs, trois des superstars du tournoi que sont Cristiano Ronaldo, Zlatan Ibrahimovic et Robert Lewandowski n'ont toujours pas inscrit le moindre but, et inquiètent surtout par des prestations inhabituellement pauvres sur le terrain.

Le Gallois Gareth Bale, une des rares stars du tournoi à tenir son rang
Le Gallois Gareth Bale, une des rares stars du tournoi à tenir son rang
Un autre aspect pouvant expliquer le manque de spectacle est simplement la frilosité des entraîneurs, qui pensent avant tout à ne pas perdre. Comment les blâmer? Dans cet Euro disputé à 24 équipes, 16 d'entre elles se qualifieront pour les huitièmes de finale. Cela signifie que les quatre "meilleurs troisièmes" resteront en course dans la compétition. Les entraîneurs ont donc tout intérêt à prendre le moins de risque possible, mettre en place des tactiques défensives pour surtout ne pas perde, sachant que quatre points suffisent pour se qualifier.

Cependant, certains sélectionneurs choisissent la tactique de la sécurité à outrance. On l'a vu durant les matchs de l'équipe de France, où l'intention n'était pas de proposer un jeux emballant mais bien d'user physiquement l'adversaire jusqu'à ce qu'il craque. Un tactique tout de même payante puisque trois des quatre buts de l'Equipe de France dans cette compétition ont été inscrits après la 85e.

C'est également le constat fait après le premier match de la Belgique. Lors de la rencontre face à l'Italie, Marc Wilmots a aligné un 4-3-3 composé autour d'un milieu de terrain Witsel-Fellaini-Naingollan, rugueux mais très limité en terme de créativité. Résultat: une défaite 2-0. En revanche, lors du second match de poule, l'entraineur belge avait opté pour un 4-2-3-1 avec un milieu de terrain Dembélé-Witsel et De Bruyne en 10, qui apportait d'avantage de possibilités offensives à son équipe. A l'arrivé les Belges l'ont emporté 3-0 contre une très faible équipe d'Irlande, certes, mais ont surtout montré un niveau de jeu bien plus alléchant.

Enfin, notons les choix discutables de certains coachs concernant le choix des joueurs utilisés. Didier Deschamps a par exemple été très critiqué pour s'être passé de Gameiro, Lacazette et surtout Ben Arfa, au profit de Gignac et Giroud. De la même façon, difficile de comprendre pourquoi Antonio Conte n'a pas sélectionné Giovinco avec l'Italie, ni pourquoi il fait aussi peu jouer Immobile, de loin le meilleur joueur offensif italien cette saison. Ces absences traduisent le plus souvent un manque d'ambition dans le jeu et contribuent l'absence d'expression collective de ces équipes, où la dimension physique prend le pas sur la technique et la créativité.

Dimitri Payet, sauveur de l'équipe de France
Dimitri Payet, sauveur de l'équipe de France
Tous ces éléments dessinent une tendance assez inquiétante pour l'avenir des compétitions internationales. Face à des clubs toujours plus riches et donc plus puissants, les équipes nationales ont de moins en moins leur mot à dire. Elles se retrouvent avec des joueurs éreintés physiquement et mentalement, qui ne peuvent être à 100% lors des compétitions internationales. Un processus qui se poursuit irrémédiablement et tend même à se renforcer, tant la mainmise des clubs s'affirme année après année.

Par conséquent, si l'on ne s'attend pas à un saut qualitatif démesuré à partir des 8e de finale, le spectacle devrait toutefois être supérieur lors de ces rencontres à élimination directe. En 2014, la Coupe du Monde qui se disputait au Brésil avait accouché d'une première phase très spectaculaire tandis que les matchs à élimination directe furent bien moins passionnants (si l'on excepte le 7-1 infligé par l'Allemagne au Brésil). Espérons que la logique s'inverse au cours de cette compétition, et que joueurs, entraîneurs et publics se lâchent d'avantage afin de rendre cet Euro 2016 vraiment inoubliable.

Rédigé par Lucas Dru le 19/06/2016 à 17:54 | Commentaires (0)
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Lucas Dru