L'Union Européenne pour vous

"Qui dois-je appeler en Europe ?", aurait un jour demandé Henry Kissinger, secrétaire d'État américain, devant la complexité de la représentation extérieure de l'Union européenne. Avec le Traité de Lisbonne, la réponse sera: le Haut représentant pour la politique extérieure.


Elmar Brok. Photo: EUKU
Elmar Brok. Photo: EUKU
Un numéro unique pour contacter l'Union européenne

On définit souvent l'Union européenne (UE) comme un géant économique et un nain politique. Pourtant, elle est la plus grande donatrice d'aide humanitaire et au développement de par le monde. Elle fait aussi figure de référence en termes de démocratie et de droits de l'homme.

Il lui manque sans doute les moyens de parler d'une seule voix sur la scène internationale. Pour améliorer l'impact, la cohérence et l'efficacité de l'action extérieure de l'UE, le Traité de Lisbonne prévoit ainsi la mise en place d'un Service d'action extérieure. Il soutiendra le Haut représentant pour la politique extérieure qui, lui, devrait disposer d'une double casquette : il sera également vice-président de la Commission européenne.

Il appartient au Conseil de décider la forme définitive de ce nouveau service diplomatique de l'UE. Il se composerait sans doute de fonctionnaires de la Commission européenne, du Conseil de l'UE et des États membres. Les députés européens ont donné leur avis sur ce sujet la semaine dernière, lors de la session plénière.

Un service sous contrôle du Parlement européen ?

Les députés souhaitent que ce nouveau Service d'action extérieure soit intégré à la structure et financé par le budget de la Commission européenne. Simple décision administrative sans importance ? Cela signifierait que le Parlement européen aurait un pouvoir de contrôle sur cette nouvelle instance dont le rôle pourrait s'avérer déterminant sur la scène internationale.

Par ailleurs, les députés européens appellent de leurs vœux la création d'ambassades de l'UE de part le monde, regroupant les délégations de la Commission européenne (plus de 130 à ce jour), les bureaux de liaison du Conseil et les Représentants spéciaux de l'UE, soit environ 5 000 personnes. Ces ambassades seraient dirigées par le personnel du Service d'action extérieur, lui-même responsable devant le Haut représentant. La représentation extérieure de l'UE se verrait ainsi unifiée, personnifiée et, partant de là, plus efficace.

Enfin, le Parlement européen précise que ce Service d'action extérieure doit être complémentaire des représentations diplomatiques des Etats membres, sans aucunement les remettre en question.

Conflit de pouvoir ?

Le Traité de Lisbonne prévoit également un poste de Président du Conseil européen. N'y a-t-il pas un risque de conflit ? Qui donc sera le premier contact des diplomates et dirigeants étrangers ? "Je crois que ce doit être le Haut représentant", explique Elmar Brok, député européen et rapporteur sur le sujet. "C'est le seul qui sera responsable pour la politique extérieure d'un point de vue opérationnel". Henry Kissinger appréciera sans doute.