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Une centaine de veuves des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont manifestés, lundi 2 novembre, devant l’Etat-major de la 33e région militaire situé à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu. Ces femmes dont leurs époux sont morts au combat réclament le paiement des arriérés de la solde qui revenait à leurs maris.


Les veuves des militaires barricadent la route à Goma, Photo Pierre Buingo/novembre 2015
Les veuves des militaires barricadent la route à Goma, Photo Pierre Buingo/novembre 2015
Une centaine de veuves des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont manifestés, lundi 2 novembre, devant l’Etat-major de la 33e région militaire situé à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu. Ces femmes dont leurs époux sont morts au combat réclament le paiement des arriérés de la solde qui revenait à leurs maris.

‘’C’est depuis juin dernier que nous ne recevons plus la solde de nos maris. Nos enfants sont chassés de l’école faute de paiement des frais scolaires, mais ceux qui ont conduit nos maris sur la ligne de front sont insensibles à notre sort’’, s’insurge une femme, la trentaine, portant un bébé au dos.
Pour manifester leur colère, ces femmes ont utilisées des pierres et troncs d’arbres pour barricader la route qui mène vers le Quartier général, empêchant la circulation les engins motorisés sur ce tronçon. La police militaire est intervenue pour les disperser.
La hiérarchie militaire n’a pas voulu commenter cette manifestation, la qualifiant de non evénement. ‘’Gérer la solde des veuves des militaires est un casse-tête pour la hiérarchie militaire. D’un cote on parle de détournement de la solde, de l’autre on évoque des nombreux fictives parmi les veuves’’, raconte Un Officer FARDC, sous couvert de l’anonymat.

Alors qu’à Kanyabayonga (à plus ou moins 150 Km au nord de Goma), les épouses des militaires étaient accusées, il y a deux ans, de piller les champs des paysans faute de ration ; dans la province voisine du Sud-Kivu, les épouses des militaires étaient descendues dans la rue en décembre 2014 pour réclamer le paiement de plusieurs mois de solde de leurs maris.

‘’Ces autorités militaires n’ont pas de cœur. Ca fait plus de 7 ans que feu mon mari est mort au cours des affrontements entre les FARDC et les groupes armés au Nord-Kivu, et m’a laissé avec 4 enfants’’. Explique Mawazo (nom d’emprunt), l’une des veuves décidées à rentrer dans leurs droits. ‘’Depuis, je vis dans les conditions inhumaines. L’un de mes enfants sérieusement malade, l’hôpital ne veut le soigner sans l’argent. Il sait que c’est un orphelin, fils d’un soldat décédé et pense que je n’aurais assez de moyen pour honorer leur facture des soins médicaux’’, conclut-elle, larmes aux yeux.

Dans un rapport intitulé « Ou sont les droits des femmes des militaires et des policiers ? » publié, mars 2014, par l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), certaines veuves des militaires vivant à Kinshasa ont déclarés que la prise en charge offerte par le Gouvernement ne leur permet pas de vivre ni d’entretenir leurs enfant. Elles reçoivent mensuellement une somme d’argent qui varie entre 8000 et 18 000 Francs Congolais, soit entre 8,69 et 19,56 dollars américains. D’autres ont signalés n’avoir pas d’informations aux sujets de leurs maris partis au front il y a plusieurs années. Elles ignorent s’ils sont en vie, s’ils sont morts ou portés disparus. L’administration de l’armée n’est pas en mesure de les informer sur le sort de leurs maris, ce qui les met dans une situation permanente d’incertitude.


Rédigé par Pierre Buingo le 04/11/2015 à 13:59 | Commentaires (1)
Pierre Buingo

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