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"L'agriculture française est menacée"


Par Salahddin Kabes Rédigé le 07/12/2019 (dernière modification le 06/12/2019)

Mercredi 27 novembre 2019, plus d’un millier de tracteurs, ont convergé vers Paris, dans le but de bloquer le périphérique parisien et de faire entendre leur colère. À cette occasion, nous avons décidé de rencontrer Didier, agriculteur venu de Château-Chinon en Bourgogne.


Agriculteur  Château-Chinon  (c) Kabes Salahddin
Agriculteur Château-Chinon (c) Kabes Salahddin
Vous aviez déjà manifesté à deux reprises au mois d’octobre. Pourquoi une troisième fois?

On en a ras-le-bol! Nous sommes menacés par des traités de libre-échange qui défavorise l’agriculture française. Faut-il rappeler que la moitié des agriculteurs gagnent moins de 400 euros par mois? Faut-il rappeler qu’un salarié agricole se suicide chaque jour? Ou faut-il rappeler que la plupart d’entre nous croulent sous les dettes? Mais l’Etat continue de faire la sourde oreille.

Pourtant Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l’Alimentation, au micro d’Europe 1, dit soutenir votre colère et votre manifestation.

Non, le gouvernement ne respecte pas les agriculteurs. Il n’écoute pas nos revendications, ne cesse de mentir et de faire de fausses promesses.

Mais justement, quelles sont vos revendications?

Mettre la pression sur la grande distribution et les ramener à la table des négociations. Sans ça, l'agriculture française est menacée. Nous voulons également une concurrence loyale. Nous avons des contraintes en production qui n’existe pas chez certains de nos voisins européens. Nous voulons une retraite à 1000 euros. La retraite d’un chef d’exploitation ne dépasse pas 800 euros par mois lorsque celle d'un Français moyen atteint les 1 380 euros. Et enfin mettre fin à "l’agri bashing".

Qu’entendez-vous par "agri bashing"?

Nous sommes très simplement détestés par toute la société. Certains nous décrivent comme des exterminateurs d’animaux, tandis que pour d’autres nous empoisonnons la nourriture des Français. C’est surprenant de voir que les gens nous regardent avec défiance alors qu'on était bien vu. On a du mal à comprendre ça. Alors ok, il y en a parmi nous qui utilisent des pesticides, mais nos paysans sont pris à la gorge par le remboursement de leurs mensualités et ne voient souvent pas d'autres possibilités que de recourir aux pesticides pour limiter les incertitudes et accroître leur production. Mais cela ne justifie en aucun les récentes attaques des fermes agricoles de la part d'écologistes radicaux ou même de végans extrémistes.

Pourquoi, la présidente de la FNSEA (la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) Christiane Lambert vous a demandé de quitter le périphérique parisien au soir même de la mobilisation?

Nous avons eu finalement gain de cause, à travers un rendez-vous obtenu avec le Premier ministre Édouard Philippe le 3 décembre dernier.

Vous a-t-il écouté ou entendu?

Rien n’est parfait, mais nous avons réussi à avoir certaines promesses sur différents points-clés, comme le renforcement des sanctions en cas d’intrusion dans les élevages, ou sur la volonté du gouvernement de mettre la pression sur les distributeurs et les industriels pour aider l’agriculture française.
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