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Et si nous avions le pouvoir de dire non ?
 

Septembre, le mois des grandes annonces. Cette année, le cru est particulièrement redoutable, mais hélas peu surprenant.


Première mauvaise nouvelle: la fusion entre les deux champions des pesticides que sont Bayer, le chimiste allemand, et Monsanto, le roi américain des semences OGM.

Le plan de Bayer et de Monsanto, c'est de vendre aux agriculteurs des graines génétiquement modifiées, puis de leur procurer les pesticides pour les traiter. Ils nous feront ensuite acheter les médicaments qui permettront de soigner les maladies qu’ils nous auront causées à travers cette nourriture malsaine. Le monstre qui naîtra de cette union bénéficiera par ailleurs d'un poids -économiquement- immense, qui lui permettra de renforcer son action de lobbying auprès des institutions.

C'est ce lobbying qui a déjà permis à Monsanto de continuer à commercialiser son fameux herbicide, le "Roundup": en juin dernier, la Commission européenne a finalement autorisé la prolongation de sa mise en vente, alors que l’agence de l’Organisation mondiale de la santé spécialisée sur le cancer (le CIRC) considère le glyphosate qu'il contient comme cancérigène. Pour prendre sa décision, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a préféré se baser sur les études fournies par les industriels du secteur.

Deuxième mauvaise nouvelle: le lobbying cancérigène, ça ne date pas d'hier
Un article paru cette semaine dans the Journal of the American Medical Association, une revue de médecine américaine, a révélé comment des industriels ont, dans les années 1960, financé une étude minimisant les effets néfastes du sucre sur la santé. Une manipulation qui a depuis été suivie par un lobbying incessant - bref, des méthodes classiques de l’industrie agro-alimentaire pour influencer les responsables politiques et les citoyens.

Troisème mauvaise nouvelle: non, ça ne se passe pas qu'aux Etats-Unis
En France, le dernier de ces scandales sanitaires a été dévoilé dans le dernier numéro de Cash investigation, diffusé mardi 13 septembre sur France 2. S'intéressant à l'industrie agroalimentaire, le reportage a notamment révélé que la couleur rose du jambon était due à un additif alimentaire: le sel nitrité, ou "E250". Ce mélange de sel et de nitrite de sodium injecté dans la viande est pourtant suspecté de jouer un rôle dans le développement d’un des cancers les plus répandus, le cancer colorectal: depuis 2006, l'Organisation Mondiale de la Santé classe les nitrites comme agents probablement cancérogènes. Plus généralement, le reportage met en évidence les difficultés rencontrées par le projet de simplification des étiquettes nutritionnelles apposées sur les produits alimentaires et auquel les industriels de l'agro-alimentaire sont -bien évidemment- opposés.

Obnubilés par le profit, les lobbies industriels manipulent ainsi la science et influencent les politiques au détriment des vies humaines, présentes et futures.

Une histoire de cohérence.


En tant que végane, j'entends souvent dire: "tu ne veux pas que les animaux se fassent exploiter, mais les humains, tu t'en fous?"
Alors non, que ce soit clair je ne m'en fous pas du tout. Depuis quand se soucier d'une cause importante signifie ignorer les autres? Ce n'est pas comme si chacun d'entre nous avait un stock limité de compassion dont il doit décider l'attribution. En tout cas, la mienne déborde pour finir par noyer les frontières que l'on a dressées entre les êtres humains, entre les humains et les autres animaux, et entre les différentes espèces animales non-humaines.
Véganisme & humanisme: contre toutes les formes d'oppression

Parce que j'ai toujours été révoltée contre les injustices, je me suis même spécialisée dans l'étude des droits de l'Homme. Les droits fondamentaux des êtres humains subissent sans cesse des violations, c'est un fait. Et ça m'indigne. Mais ces droits ont au moins le mérite d'exister, les êtres humains ont au moins la chance d'être - en théorie - justiciables. Parce que le droit est une invention humaine, les animaux en sont quasiment absents. Ils ne sont même pas de titulaires de droits fondamentaux, qui pourraient leur assurer une vie libre et exempte d'exploitations en tous genres. Et ils ne peuvent évidemment pas les réclamer eux-mêmes...

Je ne peux par ailleurs pas m'empêcher de remarquer qu'aucune autre espèce n'a empiété sur la vie des autres comme l'espèce humaine le fait si bien. Aucune autre espèce n'a perpétré de génocides. Aucune autre espèce n'a établi un système oppressif et liberticide. Aucune autre espèce ne détruit la planète grâce à laquelle elle vit. Alors si l'être humain est supérieur aux autres espèces, il faudra m'expliquer les critères retenus pour établir cette hiérarchie.

Bref, il est plus facile de voir les animaux comme des victimes que les êtres humains, qui ne sont au final que victimes de leurs propres maux. Pourtant, j'en suis consciente, ceux qui sont esclaves du système destructeur que nous connaissons ne sont pas ceux qui l'ont mis en place, ni ceux qui en profitent. C'est la raison pour laquelle je suis aussi sensible aux causes humanitaires et révoltée contre les diverses formes d'oppressions que subissent les femmes et les hommes de par le monde.

Bonus: ça tombe bien, le régime végane est bon pour la planète, pour les animaux et pour la santé, mais aussi pour les êtres humains! Comment nourrit-on tous ces animaux que l'on destine aux abattoirs ou à l'industrie laitière? Avec énormément de céréales , cultivées à grands renforts d'eau sur des surfaces immenses (souvent en lieu et place d'une forêt qui nous est vitale). Et si on utilisait toutes ces ressources pour nourrir ceux qui meurent de faim plutôt que de les gaspiller à nourrir ces steaks en devenir, qui atterriront dans l'assiette des plus riches?

Conseil de survie de ces jolis préceptes dans un monde capitaliste: Parce que la façon dont j'utilise ma carte bancaire compte (malheureusement) plus que n'importe lequel de mes autres gestes, j'ai adapté mes habitudes de consommation à mes convictions - ça semble logique. Avant chaque achat (dont j'ai décidé qu'il était nécessaire), je me pose la question de la souffrance qui se cache derrière le produit que je souhaite acquérir. Je ne consomme donc aucun produit d'origine animale, mais j'évite aussi d'alimenter les autres circuits esclavagisme moderne et je récupère ou j'achète d'occasion dès que possible (vêtements, téléphone portable, etc.). Pour le reste, notamment en ce qui concerne l'alimentation, je fais attention aux labels (FairTrade, etc.) et à la provenances des produits.

On a tous déjà vu cette vidéo devenue virale, souvent accompagnée de mirobolants messages d'espoir. Comme si, ça y est, on avait trouvé la solution magique pour éradiquer une bonne fois pour toutes le racisme qui gangrène notre société.

Je n'arrive pas à prendre part à cet engouement international. Au contraire.

Premièrement, il s'agit d'une pub pour une agence de voyages. Oui, une publicité. Donc un outil de propagande commerciale, dont le seul but est d'attirer des clients, et qui pour cela surfe sur la vague puante du sensationnalisme, à l'heure où les démonstrations de haine marquent notre quotidien.

Deuxièmement, les acteurs sont vraiment mauvais - sérieusement, on n'y croit pas une seule seconde.

Troisièmement, retracer l'origine géographique d'un individu via son ADN est loin d'être une science aussi exacte que la vidéo voudrait le faire croire (à ce sujet, vous pouvez consulter cet article).

Mais ce qui me préoccupe le plus. Enfin non, ce qui me met hors de moi, c'est le patriotisme répugnant et l'égocentrisme prégnant dont transpire cette vidéo.

J'ai déjà beaucoup de mal avec les notions de frontières, de nationalité, de patriotisme. Comment peut-on être fier de quelque chose qui ne nous a demandé aucun effort ? Mais soit. Le sentiment d'appartenance, ça existe, c'est un fait. Et parfois, il est à l'origine de beaux élans de solidarité.

Sauf que cette fierté patriotique est souvent couplée à un besoin de se sentir supérieur, et devient un prétexte pour haïr les autres, ceux qui viennent de par-delà les frontières. Qu'ils soient migrants, supporters de foot ou simplement envoyés comme chair à canon sur les champs de bataille.

Et là, le message transmis par la vidéo m'interpelle. La seule solution pour que nous voyions l'Autre comme notre égal est-elle que nous sachions que nos ancêtres aussi venaient d'ailleurs ?

En plus d'être tristement révélateur de la nature profondément égocentrique de l'Homme actuel, cela révèle aussi la bêtise dont il peut faire preuve - car nous n'avons pas besoin de tests ADN pour savoir que, si l'on remonte assez loin dans notre généalogie, nous avons tous les mêmes ancêtres.

Parce que parfois il faut des bonnes nouvelles pour ne pas se laisser gagner par le désespoir, voici un projet qui met un peu de baume au cœur.



Transformer du plastique et des chutes de tissu en T-shirts neufs ne relève plus de la science-fiction. Quand on connait les implications écologiques et humanitaires catastrophiques de l'industrie du textile, ce projet (que vous pouvez toujours soutenir ici) est une véritable révolution.

C'est surtout la preuve que les solutions existent, et qu'il suffit de se lancer!

Le nom masculin "spécisme" et l’adjectif "spéciste" ainsi que leurs antonymes font leur entrée dans la version 2017 du dictionnaire.

On est d’accord, le premier réflexe d’une grande partie d’entre nous est plutôt de se précipiter sur une barre de recherche plutôt que sur un Larousse en cas d'urgence lexicale.

Et puis cette apparition sur papier ne s'est pas automatiquement transformée en réalité virtuelle, puisque j’ai dû moi-même ajouter ces termes au vocabulaire de mon correcteur orthographique.

Mais alors, que nous dit cette évolution ? Et d’abord, c'’est quoi le spécisme ?

Voici la définition donnée par Le Petit Robert :

Et si toutes les vies avaient la même valeur ?

Pourquoi c'est important ? Parce que mettre des mots sur une idéologie tellement répandue qu’elle est implicitement omniprésente permet de la rendre visible et donc de commencer à la questionner.
Pour Vegactu, "C’est l’un des secrets de la continuité et de la non remise en cause de la consommation de viande qui vient en partie de disparaître".

La notion de "spécisme", largement utilisée dans le mouvement de libération animale, reste en effet peu connue du grand public, malgré ses implications bouleversantes au niveau de notre conception du monde.

Ou plutôt à cause de ces implications.

Car, comme le précisent les Cahiers antispécistes :
" Le spécisme est à l'espèce ce que le racisme et le sexisme sont respectivement à la race et au sexe : la volonté de ne pas prendre en compte (ou de moins prendre en compte) les intérêts de certains au bénéfice d'autres, en prétextant des différences réelles ou imaginaires mais toujours dépourvues de lien logique avec ce qu'elles sont censées justifier.
En pratique, le spécisme est l'idéologie qui justifie et impose l'exploitation et l'utilisation des animaux par les humains de manières qui ne seraient pas acceptées si les victimes étaient humaines.
"

Alors oui, du coup, ça nous force un peu à tout revoir puisqu'on nous apprend depuis notre naissance que l’homme a "gagné" le jeu de l’évolution, qu’il est le premier maillon d’une quelconque chaîne alimentaire, et que sa vie a plus de valeur que celle d’un autre animal.

L’Homme s’est autoproclamé roi du monde et considère qu’en tant que tel, il a droit de vie et de mort sur les autres espèces. Mais que penser de la légitimité d’une telle hiérarchie quand il est évident que les autres espèces n’ont, de fait, pas eu leur mot à dire ?
(Tiens, il y a un mot pour ça non ? Quand le pouvoir est détenu par une personne ou par un groupe de personnes qui l'exercent sans contrôle, de façon autoritaire *feuillette le dictionnaire* Ah oui, une dictature!)

Comment argumenter en faveur d’une quelconque meilleure "évolution" de l’espèce humaine, qui est – à ce que je sache – la seule à détruire sciemment son environnement et celui de toutes les espèces présentes sur Terre ?

Les êtres humains sont-ils supérieurs juste parce qu’ils sont doués de la parole, alors même qu’il est prouvé que les animaux sont des êtres sensibles et doués d’émotions (ou "êtres sentients", mais le mot "sentience", lui, ne figure pas encore dans le dictionnaire) ?

Comment justifie-t-on la distinction, profondément culturelle, entre les animaux que l’on chouchoute et ceux que l’on dévore ?

(Petit indice : non, "on a toujours fait comme ça" n’est pas un bon argument. C’est même l’un des pires, celui qui a justifié tant de stagnation, d'absurdités et d’ignominies).

Je suis végétarienne depuis (presque) la moitié de ma vie. Mais si on m’avait dit que je deviendrais végétalienne, je ne l’aurais pas cru.


J’avais 13 ans, je vivais à la campagne. Dans le jardin, il y avait des animaux que je voyais grandir… puis qui finissaient dans les assiettes. Mais pas dans la mienne. Pour moi, impossible de dissocier l’image de l’animal plein de vie de celle du bout de viande en sauce.

Et puis j’ai réalisé que toute la viande que je mangeais – celle qui est prédécoupée, aseptisée, mise sous plastique – provenait d’animaux morts. Parce que non, le lien n’est pas évident. Et tout est fait pour qu’il ne le soit pas, pour que l’on ne relie pas ce bout de jambon rose et innocent au meurtre sanglant du cochon dont il provient.

Bref, je suis devenue végétarienne. Cette décision n’a jamais représenté un sacrifice pour moi, mais plutôt une fierté. Et puisque ce choix était né de mon amour pour les animaux, je n’ai jamais eu l’impression de me priver ni songé à y transgresser. C’est comme ça, je suis comme ça.

Au fur et à mesure des années, tout ce que j’apprenais sur l’industrie agro-alimentaire me confortait dans ma décision : conditions horrifiantes de vie et d’abattage des animaux, impact incommensurable de cette industrie sur l’environnement, sans parler des conséquences dommageables de la consommation de viande sur la santé humaine (bien que ma santé n’ait jamais été un argument décisif dans la manière dont je mène ma vie). J’étais persuadée que mon régime alimentaire était exemplaire.

J’avais entendu parler des végétaliens, de ceux qui ne mangent aucun produit animal (pas de viande, certes, mais pas non plus de produits laitiers, d’œufs, de miel, etc.). Pour moi, c’était hors de question. Et puis c’était bon pour les extrémistes, mais en soi pas très utile. Dans mon monde de Bisounours, acheter du lait bio était largement suffisant (et même déjà un peu engagé par rapport au consommateur moyen) pour garantir le bien-être animal auquel je suis attachée.

En toute honnêteté, si je rejetais l'idée de devenir végétalienne, c’était surtout parce que je pensais que ça allait me rendre la vie impossible. Dans mon esprit, c’était trop de sacrifices, et beaucoup trop compliqué au niveau social : et si quelqu’un m’invite à manger ? et si on va au restaurant ? Des situations déjà bien assez compliquées en tant que végétarienne.

Bref, je ne voulais pas entendre les arguments des végétaliens* parce qu'ils me mettaient face à mes incohérences, face à mon égoïsme.

*Et pourtant, ils sont légion - on en parle au prochain épisode.
Chronique d’un réveil

Mais, petit à petit, presque inconsciemment, j’ai voulu expérimenter les alternatives aux produits animaux les plus basiques (lait, yaourt, etc.), et, à ma grande surprise, c’était super facile.

Puis j’ai assisté à une projection de Cowspiracy. Et là, j’ai pris ma décision. Ce documentaire a fini de me convaincre que la seule chose qui m’empêchait de vivre selon mes convictions était mon égoïsme, ma peur de malmener mon propre petit confort personnel.

J’ai commencé à découvrir l’ampleur de l’ineptie dans laquelle nous sommes plongés au quotidien. Les produits animaux sont littéralement partout, même là où ils n'ont rien à faire. J'ai commencé à lire davantage les étiquettes des produits, et surtout arrêté de les acheter. Je me suis aussi rendue compte qu'à force que tout soit conditionné pour nous, nous ne savons même plus ce que nous mangeons (« Ah bon y a des œufs là-dedans ? », « Mais attends tu manges encore du pain ? », « Et ça tu peux manger ? »).

Moi qui cuisinais déjà beaucoup à partir de produits frais du marché, je me suis également (modestement) mise à la pâtisserie : impossible d’abandonner les gâteaux, mais ceux du commerce « conventionnel » sont truffés d’œufs (de batterie) et de lait (de vaches qui auraient dû allaiter des veaux). Heureusement, il y a aussi de plus en plus d’enseignes qui proposent des alternatives végétales à tous les produits possibles et imaginables.

Certes, l’engagement dans une alimentation 100% végétale est moins facile à mettre en œuvre qu’un simple abandon de la viande dans cette société où les produits d’origine animale sont recyclés partout. Mais ce choix permet d’ouvrir les yeux sur les couleuvres que l’on nous fait avaler trois fois par jour (sans avoir à attendre la prochaine vidéo choc diffusée par L214). En plus, si on s'y mettait tous, on sauverait la planète. Moi, je dis ça…

30/05/2016
J’ai une confession à vous faire : je n’ai pas l’impression que ce que j’ai à dire ait une quelconque importance aux yeux de quiconque. Et puis d’abord, qui suis-je pour vous donner des conseils sur la façon dont vous menez votre vie ?

Mais pour tout vous dire, je suis un peu obligée de déblatérer ici – la création d’un blog fait partie de mes études journalistiques. C’est un exercice un peu particulier, beaucoup plus libre que la rédaction d’articles d’actualité. Beaucoup plus intime aussi. Ecrire ce que l’on pense revient à se dévoiler, à baisser sa garde. Autrement dit, un grand défi pour moi qui n’ai jamais fait lire à qui que ce soit les pensées qui ont souvent noirci mes cahiers.

J’ai réfléchi à ce que je pourrais écrire. Je voulais que cet exercice serve un objectif, que mes mots aient du sens, qu’ils aillent dans le bon sens. Celui que j'essaye de suivre moi-même.

En prenant un peu de recul, j'ai réalisé que c'est grâce à une prise de conscience progressive que je modifie peu à peu mon mode de vie et ma façon d’envisager le monde. Car si certaines choses me paraissent désormais évidentes, elles ne l’ont pas toujours été. Et je constate tous les jours qu'elles ne le sont pas pour tout le monde... Mon objectif est donc que chacun prenne conscience du poids de ses actes quotidiens.

Je lutte contre ma propre nature. J’essaye de me convaincre que je suis aussi légitime qu’un.e autre ; que chacun.e a un rôle à jouer dans la construction d’un monde meilleur, et que les mots sont les meilleures armes dont je dispose pour servir cette cause.

Voilà, maintenant que c’est dit, on a du pain sur la planche pour sauver le monde.

Bon ok, le titre est un peu racoleur. Du genre des « Perdre 25 kilos sans efforts » ou « Comment je suis devenu riche en 2 minutes grâce à Internet » qui traînent toujours dans un coin de la page web que t’es en train de consulter. Mais promis, mon but n’est pas de te soutirer de l’argent (au contraire), et mon astuce marche vraiment (je sais, c’est ce qu’ils disent tous).

Et si je te disais, donc, qu’en changeant un seul de nos gestes, un geste que nous faisons presque quotidiennement, nous pourrions changer le monde ?

Si derrière ce geste a priori anodin se cachaient les sources de tous nos malheurs ?

Si nous pouvions mettre fin à l’esclavage, au travail des enfants, à la faim dans le monde, à la déforestation, à l’exploitation animale ?

Non, ce geste n’est pas de couper l’eau quand nous nous brossons les dents, comme s’amusent à répondre les politiques lorsqu’on leur pose la question de leurs habitudes eco friendly. Ni même (je te vois venir) de pisser dans la douche (bien que la campagne Go with the flow vante les bienfaits de cette pratique.

Ce geste, c’est l’introduction de ta carte bancaire dans le lecteur.

Alors oui, tu vas me dire que c’est facile. Qui a dit que ça ne l’était pas ?

Dans notre cher système capitaliste, ce sont nos habitudes de consommation qui, bien plus que nos votes, reflètent nos priorités, nos envies, nos peurs, l’avenir que nous souhaitons voir venir. Nos achats disent absolument tout de nous.

Rien ne sert de signer des pétitions contre Monsanto puis d’acheter (consciemment ou non) l’un de leurs produits (jette un coup d’œil par ici d’ailleurs…). Inutile de s’indigner contre l’exploitation des enfants en allant faire du shopping chez H&M. impossible de vraiment aimer les animaux et d’aller manger au McDo.

Bien sûr, ce ne sont là que des exemples grossiers pour illustrer mes propos.
Votre opinion, le système s’en fout. Ce qu’il veut, c’est votre pognon (et en plus ça rime).

Alors non, changer ce geste ne se fait pas tout seul. Il vient avec une prise de conscience, une réflexion. Mais il y a un début à tout ! Il suffit de commencer à se questionner de ce que nous cautionnons à travers chacun de nos achats.

Bref, comme le disait Coluche il y a déjà près de 40 ans : « Quand on pense qu'il suffirait que les gens n'achètent pas pour que ça ne se vende plus ! »

Symptôme d'un système pervers, la flemme est également ce qui lui permet de perdurer.


Depuis que l’argent s’est immiscé entre nous et nos besoins vitaux, notre fainéantise n’a eu de cesse de croître.

Nous nous répétons que ce n’est pas de notre faute, que nous faisons de notre mieux. Nous mettons tout notre temps et toute notre énergie au service du travail qui nous permet de gagner l’argent nécessaire pour subvenir à nos besoins. Tant et si bien que nous n’avons plus de forces à consacrer à autre chose, c’est-à-dire ce que nous sommes, par nature, censés faire.

C’est ainsi que, grâce au capitalisme, nous travaillons pour payer d’autres personnes pour faire ce que nous n’avons plus le temps de faire nous-mêmes, puisque nous travaillons. Et la boucle est bouclée.

Peu à peu, nous sommes devenus passifs, poussifs, apathiques. Tout doit venir à nous, être prédigéré, pré-pensé, préparé, préchauffé. Nous sommes avides d’instantanéité, de simplicité et de repas micro-ondés. Pas question de faire, de penser ou même de marcher.

Parallèlement, être riche est devenu une fin en soi. Le luxe ultime, c’est d’avoir assez de temps pour faire les choses soi-même et assez d’argent pour ne pas avoir à les faire. Bref, comme le résume parfaitement l'une de mes répliques préférées : « Finalement c’est un peu ça le but dans la vie, non ? Réussir à rien foutre. »

Mais alors, à qui profite ce système dans lequel personne ne fait plus rien soi-même, sans passer par la case « argent » ? Evidemment, à ceux à qui il revient, cet argent. A ceux que cela arrange que personne ne pense. Il est tellement plus facile d’imposer sa volonté à quelqu'un qui n’en a pas.

Les responsables politiques, à la botte des lobbies tout-puissants, jouent les intermédiaires. C'est mal connaitre la nature de l’argent que de penser que nos dirigeants ne se laisseront pas corrompre s’ils sont grassement payés.
Car l’argent est une drogue, et peut-être la pire de toutes. Plus on en a, plus on en veut - et, telle une malédiction, il pourrit tout ce qu’il touche.

La solution de facilité est un piège, et la flemme un fléau.
Et si on arrêtait d'être ramollos ?

Profil
Dans un monde gouverné par l’argent, ce sont nos actes quotidiens qui reflètent l'avenir que nous voulons voir venir.

Prenons conscience de notre pouvoir !


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