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Jennifer Gauthier

31e biennale de Sao Paulo

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Samedi 6 septembre 2014 ouvrait la 31e biennale de Sao Paulo au Brésil, incluant une centaine de participants venant de 23 pays dans le pavillon conçu par Oscar Niemeyer, architecte brésilien incontournable du développement du pays.


Son titre, fidèle à l'essence même de l'art qui n'apporte aucune réponse mais s'interroge sur le fondement des êtres et des choses, "Comment ... des choses qui n'existent pas" (trouver, lire, chercher...), examine le dilemme contemporain de notre monde en mouvement constant, en transformation permanente, en crise de représentation. Cette exposition - organisée par cinq commissaires dont l'Anglais Charles Esche (voir vidéo ci-dessous), directeur du Van Abbemuseum à Eindhoven et vétéran des biennales de Gwangju, Riwaq et Ljublijana; les Espagnols Nuria Enguita Mayo et Pablo Lafuente; et les Israéliens Galit Eilat et Oren Sagiv -, a reçu un budget d'environ $11M généreusement sponsorisé par le gouvernement brésilien.

Les thèmes de l'éducation, la violence, l'identité, la religion, la politique, l'économie ou encore le féminisme sont au cœur des 70 projets présents surlignant la crise que nous connaissons actuellement, mettant l'accent sur la collaboration et l'apprentissage.

Nous commençons notre voyage avec une nouvelle carte du monde celle de l'artiste chinois Qiu Zhijie, "Map", qui redéfinit l'espace et crée un monde utopique; et terminons notre voyage avec Juan Downey, artiste chilien, et ses "Video Trans America" qu'il a réalisées entre 1973 et 1979 pour suivre ses racines, qui interagit entre le temps, l'espace et le contexte. On rencontre également pendant ce voyage au cœur des sociétés, des groupes ou collectifs comme celui organisé par Miguel A. Lopez, artiste péruvien, "Dios es marica", qui réunit quatre artistes (Nahum Zenil, Ocaña, Sergio Zevallos, Yeguas del Apocalipsis) qui traite du travestissement de façon sarcastique basé sur la mise en scène des genres et parodiant la religion, ou encore le duo Tiago Borges et Yonamine, artistes angolais, avec "AfroUFO" qui nous font part de leur vision incertaine du futur (et effrayant!) en nous faisant entrer dans un tank. On y retrouve aussi un totem dessiné par Prabhakar Pachpute, "Dark Clouds of the Future" qui est également à l'origine du dessin du poster de la Biennale ou encore un retour et une connexion à la nature avec Otobong Nkanga et son installation "Landversation" qui nous permet d'interagir avec des hommes, de la verdure et des pierres. On ne peut bien sûr pas éviter de mentionner les artistes brésiliens présents comme Gabriel Mascaro ou Eder Oliveira qui emmènent la rue entre les murs du pavillon.

Le parcours ascendant de cet événement, attendant recevoir au moins 500.000 personnes au cours de ces quatre mois d'existence, avait pour intention aussi bien de créer un événement culturel et économique que d'ouvrir le Brésil aux arts visuels et plastiques. Mission réussie car il reflète l'engouement pour l'art au Brésil et le développement de son marché artistique qui est le plus fort et le plus innovant d’Amérique Latine malgré un récent focus sur les artistes péruviens.

Ouvert jusqu'au 7 décembre 2014, entrée gratuite.



09/09/2014




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