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J.N.B.L.
05/02/2011

Amnesty International demande à l'armée égyptienne de protéger les manifestants


Une équipe effectuant une mission d’établissement des faits pour Amnesty International en Égypte a indiqué que les violences semblaient avoir été en partie orchestrées par les autorités afin d'écraser les actions de protestation en faveur de la réforme politique.


Amnesty International condamne les opérations de répression menées par les forces de sécurité égyptiennes

Amnesty International dénonce la vaste opération de répression lancée par les forces de sécurité égyptiennes jeudi 3 février. Au cours de cette journée, des militants et des journalistes ont été harcelés et deux membres du personnel d’Amnesty International ont été arrêtés, de même que des dizaines d’autres personnes.
Les deux délégués d’Amnesty International faisaient partie de la trentaine de personnes appréhendées lors d’une descente des forces de sécurité au Centre Hisham Moubarak pour le droit, au Caire en début de journée. Ahmed Seif Al Islam, défenseur des droits humains, et Khaled Ali, directeur du Centre égyptien des droits économiques et sociaux, figuraient également parmi les personnes arrêtées.

"Les autorités égyptiennes essaient semble-t-il de contenir la vague de protestation populaire qui s'est abattue sur le pays en prenant pour cibles ceux qui s'en font l’écho, dont les militants œuvrant en faveur des droits humains et les journalistes, entre autres. Les membres du personnel d’Amnesty International doivent être autorisés à mener leur travail à bien en Égypte sans avoir à craindre d'être harcelés ni d’être victimes d’une détention illégale. Nous demandons qu’ils soient libérés immédiatement et en toute sécurité", a déclaré Claudio Cordone, directeur général d’Amnesty International.

Un délégué de Human Rights Watch a aussi été arrêté lors de la descente visant le Centre Hisham Moubarak pour le droit.
Des membres du personnel de celui-ci représentaient des manifestants interpellés lors d’actions de protestation.
Des personnes travaillant pour le Centre égyptien des droits économiques et sociaux voisin auraient également été appréhendés.
Le Centre égyptien des droits économiques et sociaux soutenait par ailleurs un centre médical improvisé établi dans une mosquée près de la place Tahrir, où les personnes blessées lors des manifestations pouvaient se faire soigner.

Plusieurs journalistes ont semble-t-il été attaqués par des partisans du gouvernement. D’autres auraient été arrêtés par les forces de sécurité. Selon certaines informations, Rajesh Bhardwaj, un journaliste travaillant pour CNN-IBN a été placé en détention, puis relâché quelques heures plus tard.

Ce tour de vis survient dans la foulée d’une vague de manifestations de masse lors desquelles des revendications en faveur d’une réforme sur le plan politique et d’un meilleur niveau de vie en Égypte ont été exprimées.

Au cours des neuf derniers jours, un nombre sans précédent d'Égyptiens ont manifesté en faveur de la réforme sur le plan politique et des droits humains.

Mercredi 2 février, Amnesty International a demandé aux autorités égyptiennes de protéger le droit de manifester pacifiquement après que des groupes organisés de partisans du gouvernement eurent attaqué des manifestants, ce qui a donné lieu à des affrontements au Caire et à travers toute l’Égypte.

"L’armée semble désormais revenir sur sa promesse de protéger les manifestants pacifiques", a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International. "Face au fait que de telles violences aient pu se poursuivre tandis que l’armée reste là sans réaction, on peut se demander si cette dernière a reçu l’ordre de ne pas intervenir."

Plus tôt dans la journée, l’armée a déclaré que les personnes manifestant contre le gouvernement devaient reprendre le cours normal de leur vie, après que le président Moubarak eut annoncé mardi 1er février qu’il ne serait pas candidat à la réélection. Plus tard, l’armée aurait autorisé les partisans d'Hosni Moubarak à envahir la place Tahrir et à s’en prendre aux manifestants hostiles au gouvernement.

Un membre du personnel d’Amnesty International essayant de se rendre sur la place Tahrir en a été empêché par des manifestants pro-Moubarak. Il a vu, parmi les gens quittant la place, des personnes ayant manifestement été blessées lors de ces affrontements.
Les personnes manifestant contre le gouvernement sont actuellement prises pour cibles dans d’autres grandes villes à travers le pays. À Mahalla, une zone industrielle au nord du Caire, des témoins ont dit aux délégués d’Amnesty International effectuant des recherches sur le terrain qu’ils avaient vu partir, mardi 2 février au matin, des camions chargés de partisans du président Moubarak.

"Il semble qu’une large proportion de ces violences soit orchestrée par les autorités égyptiennes afin de mettre fin aux manifestations contre le gouvernement par la manière forte, de reprendre la main et de s’accrocher au pouvoir face à ce mouvement public inédit qui réclame leur départ", a ajouté Hassiba Hadj Sahraoui.
Les affrontements entre manifestants s’inscrivent dans un schéma familier de la violence politique en Égypte, organisée par les autorités afin de perturber et de disperser les manifestations.
À l’occasion d’élections passées, Amnesty International a montré comment des malfrats avaient été employés par les autorités égyptiennes afin de menacer les électeurs et de disperser les réunions de leurs opposants politiques.

Des militants égyptiens toujours en détention

Deux membres d’une équipe de recherche d’Amnesty International ont été libérés par la police militaire égyptienne avec cinq militants des droits humains et journalistes, tard dans la nuit du vendredi 4 février, après un jour et demi de détention.
Ces cinq personnes faisaient partie des trente-cinq militants des droits humains, avocats et journalistes, égyptiens et de différentes nationalités arrêtés jeudi lorsque la police militaire a investi le Centre Hisham Mubarak pour le Droit au Caire.
Aucune des personnes de nationalité égyptienne n’a été libérée. Amnesty International pense qu’ils sont détenus au camp 75, un camp de la police militaire à Manshiyet el-Bakri, dans les environs de la capitale.

"Nous sommes extrêmement soulagés de la libération de nos collègues et de ceux libérés avec eux. Cependant, il est simplement scandaleux que les militants égyptiens arrêtés avec eux n’aient pas aussi été libérés. Il n’y a aucune justification à les maintenir en détention. Ils doivent être libérés immédiatement, inconditionnellement, et doivent pouvoir retourner en toute sécurité auprès de leur famille",
a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.


Par J.N.B.L. (dernière modification le 07/02/2011)





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