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21/01/2016

Blackstar, le dernier album de David Bowie


C'est avec une certaine tristesse que le monde apprend ce lundi 11 janvier 2016 que "Blackstar", paru quelques jours auparavant sera bel et bien le dernier album de David Bowie (du moins de son vivant, car nous pourrons peut être bientôt profiter de la générosité de ses producteurs et d'une pléthore d’œuvres posthumes). Un album sincère qui semblait pourtant bien mystérieux et qui prend aujourd'hui tout son sens.


Couverture de l'album (c) Barnbrook. Cliquez ici pour commander "Blackstar"
Couverture de l'album (c) Barnbrook. Cliquez ici pour commander "Blackstar"

blackstar_1.mp3 Blackstar.mp3  (915.44 Ko)


Naviguant d'un ostinato aux sonorités orientales proches de la transe vers une partie centrale beaucoup plus pop - mais non moins kaléidoscopique - la chanson "Blackstar" intrigue tout au long de ses 9'57", ouvrant un album homogène et sinueux, mais pas monolithique ou complexe. Le timbre si particulier de la voix, semblant fatiguée par l'âge, l'atmosphère pesante, le rythme entêtant de batterie aux accents drum'n'bass, les beats electro, le saxophone enrayé et possédé servant de toile de fond, puis la cassure vers la partie centrale, Bowie réussit ici à offrir une chanson ambitieuse, captivante et avant-gardiste dans l'âme.

Tout au long de l'album, l'artiste faussement vairon sait rester toujours suffisamment pop tout en développant des ambiances de jazz fusion, d’électro ou ou encore de rock, et joue sur un clair-obscur constant. De la très sombre introduction éponyme vers les derniers morceaux, c'est une ouverture vers la lumière qui s'opère: les sonorités s'éclaircissent, les atmosphères plus oppressantes ("Blackstar", "Lazarus", "Girl Loves Me") des premiers titres s'ouvrent vers plus d'espace, plus de clarté (le magnifique "Dollar Days" avec son piano et sa guitare acoustiques).

"Sue" dont le riff rock est soutenu par une beat jungle rappelle la puissance de l'ouverture de "Blackstar" tout en explorant un univers entièrement différent, une urgence palpitante après le lancinant, déchirant "Lazarus", dont le point culminant est atteint après un long crescendo, mêlant les cris du saxophoniste aux autres instruments avant que ne s’apaise brusquement la musique, sur de violents accords de guitare, presque surpuissants dans ce calme soudain.

Quelques bruits de respiration, de papier froissé entre les morceaux, l'écho d'une guitare qui se tait, quelques détails qui rappelle à l'auditeur que cet album est un travail humain, généreux et honnête, qui ne cache pas sa nature et multiplie les directions et expériences musicales dans une cohésion pourtant évidente.

Les chansons sont ici portées par des musiciens de jazz dont Bowie s'est entouré pour ce dernier opus afin d'apporter une touche particulière dans l'interprétation de ses titres. Donny McCaslin au saxophone offre une prestation organique et puissante, découlant d'un jazz ouvert, comme sur son album "Fast Future". Les rythmes, beats et percussions du batteur Mark Guiliana et les claviers de Jason Lindner participent grandement au sentiment d'homogénéité globale (avec la folle voix du chanteur bien sûr!).
L'album profite également d'une production nette et vivante dirigée par Bowie lui-même et son producteur de longue date Tony Visconti, venant contrebalancer la froideur de certains des morceaux.

Dernière lueur d'une chandelle maintenant éteinte, Blackstar est donc non seulement une œuvre métissée, aux morceaux pop parsemés de jazz, d'electro, de jungle ou de drum'n'bass, mais aussi transformée, par le décès de l'artiste, en oeuvre testamentaire, témoin d'une créativité et d'une audace inaltérées. Pour preuve: le single "Blackstar" de près de 10 minutes, alors que la tendance radiophonique est plutôt de 3 petites minutes, montre la volonté de ne pas standardiser la musique et au contraire de continuer à explorer, développer, créer.
Dernier chapitre d'une folle carrière, cet album est, à l'évidence, impossible à dissocier de la mort d'un géant de la musique. Cependant sa musique ne doit pas disparaître sous son poids symbolique et doit être l'intérêt premier de son écoute, car c'est ce pour quoi est composer un album. En définitive, cette œuvre marque l'année 2016 pour la perte d'une étoile, mais est autant la fin d'une route que le pont vers les chemins de demain.



Par (dernière modification le 20/01/2016)




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