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13/08/2017

C'est pas moi, c'est lui!

L'édito de la semaine


Alors que l’été dernier, les pages de nos journaux et magazines ne parlaient que de l’affaire du burkini, cette année, nos médias ont préféré s’intéresser à la situation vestimentaire des femmes à l’étranger. Chacun son tour…


edito_130817.mp3 Edito 130817.mp3  (1.89 Mo)


En effet, vous aurez beau chercher dans les médias français cette année, vous ne trouverez rien sur le burkini, le vêtement de bain pudique transformé en arme politique. A croire qu’il a disparu des plages. Pourtant, avec la météo de cet été, ce serait le moment idéal pour remettre la question sur le tapis…

Il y a un an, une polémique terrible avait pourtant dressé les féministes, les islamophobes, les laïcs, les religieux et nous en oublions, les uns contre les autres. Il en avait même été question durant les débats de la dernière campagne présidentielle.
Cet été, ces mêmes médias ont choisi de se faire le porte-parole des difficultés vestimentaires des femmes dans le bassin méditerranéen. Une vidéo circule actuellement sur les réseaux sociaux. On y voit une jeune femme marocaine vêtue d’un jean, se promenant dans la rue la nuit et se faisant harceler par de jeunes hommes.

Après le Maroc, l’Algérie et ses baignades républicaines. Une page Facebook a été créée par une jeune Algérienne, invitant ses concitoyennes à venir se baigner en maillot de bain, constatant que l’obscurantisme des islamistes les empêchait de le faire naturellement.
Enfin, en Turquie, les femmes ont dû descendre dans la rue pour défendre là aussi leur choix vestimentaire. Il semblerait que de telles tenues estivales, par conséquent plus légères, ne soient pas acceptées par une certaine partie de la population.
Une chose est sûre, la question des femmes tient le haut du pavé, surtout l’été dans les médias. Comme une sorte de marronniers que l’on ressort régulièrement quand les nouvelle se font rares, si ce n’est en ce qui concerne les vacances de nos chères élites.
Mais rassurez-vous, la question des femmes n’est qu’un prétexte. La majorité de ces journaux ne s’intéressent pas plus à la cause des femmes qu’à une guigne qui n’a d’ailleurs pas poussé pour cause de gel. Mais c’est un autre problème. Seulement, le sujet fait polémique et cela fait vendre. Et polémique c’est peu dire.

Car lorsque l’on contacte des confrères dans les pays en cause, certains disent que c’est un fake, entendez une fausse information, une manipulation volontaire ou involontaire – ça c’est pour les imbéciles - des médias occidentaux qui n’ont rien d’autre à se mettre sous la dent et qui aiment tant rappeler à leurs anciennes colonies (terme générique, ne perdez pas votre temps à nous remémorer que l’Algérie constituait trois départements français et que le Maroc était un protectorat) leurs faiblesses sociétales.

Ces mêmes confrères par leurs déclarations, rejettent implicitement le travail et les publications de leurs pairs qui se sont fait les témoins des difficultés de ces femmes. Et rappellent à juste titre qu’il y a les mêmes problèmes dans les sociétés occidentales, voir ce qui s’est passé à Cologne ou ailleurs au moment du Nouvel An. Toujours ces mêmes confrères nous rappellent que le vrai problème de leurs pays ce ne sont pas ces questions vestimentaires ou féministes, mais que ce sont surtout le chômage, la corruption des politiciens, l’éducation et la santé. Personne ne dit le contraire, pourtant l’un n’implique-t-il pas l’autre? Et ce qu'il se passe ailleurs justifie-t-il ce qu'il se passe ici? Faut-il absolument les mettre dos à dos et bloquer le sujet sur une question de rivalité? La défense des droits des femmes reste encore trop souvent un prétexte politique et un prétoire où se donnent libre cours des arguties rétrogrades.

Là-bas comme ici, les esprits évoluent et comprennent que les droits des femmes sont liés au développement, tant économique que culturel. En Algérie, aujourd’hui, on peut se baigner en deux pièces si on en a les moyens, car il existe des plages privées. Des plages privées où, en payant une certaine somme, les femmes peuvent évoluer dans la tenue qu’elles veulent. Des plages privées qui jouxtent des plages publiques où les femmes, à partir de la puberté, hésitent de plus en plus à se mettre en maillot par peur du comportement de certains hommes.
Preuve en est que le droit des femmes passe par l’indépendance financière qui ne peut s’acquérir qu’à travers l’éducation, cqfd.



Par (dernière modification le 13/08/2017)





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