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Colette Dehalle

EXPO - Prélude à octobre 1956


En cette fin de mois d'octobre, quand s'approche la célébration de la fête nationale du 23, on ne peut manquer d'évoquer les tragiques événements de 1956. Actuellement, une exposition se tient à Debrecen qui montre la production artistique des premières années du régime communiste en Hongrie. Il est intéressant de noter combien le côté hagiographique de ces oeuvres était fort éloigné du mécontentement qui était en train de naître dans la population.


Une statue très officielle de Staline (photo Colette Dehalle)
Une statue très officielle de Staline (photo Colette Dehalle)
Debrecen, chef-lieu du Hajdú-Bihar, à 220 km à l'est de Budapest, est la deuxième grande ville de Hongrie avec ses 210 000 habitants. On évoque tout de suite une atmosphère calviniste, il n'en est rien, c'est une belle cité aux larges avenues animées, avec de bons hôtels modernes. Le parc national de l'Hortobágy, au centre de l'Alföld, la grande plaine hongroise est tout proche. Son aéroport est le second du pays. Elle est très bien desservie par des Intercity fréquents partant de Nyugati Palyaudvar à Budapest. Son université est célèbre, de même que les cours de langue hongroise qui s'y dispensent pendant l'été. Le musée Deri présente de nombreuses collections agréables à parcourir. En septembre 2006 a été inauguré le Modem, le musée d'art moderne de Debrecen, un des plus vastes de la région avec ses trois étages. Il est intégré dans le Centre Kölcsey qui comprend aussi une salle de conférences et l'hôtel Lycium.
Actuellement, le Modem abrite une exposition des plus instructives, Szocreál, consacrée à l'art officiel en Hongrie dans les années 50, à l'époque de Matyas Rakosi, qui s'intitulait lui-même «meilleur élève hongrois de Staline». D'abord secrétaire général du Parti communiste de Hongrie et de plus Premier ministre de 1952 à 1953. Par la suite, il fut écarté du secrétariat et en 1956 s'enfuit en URSS où il mourut en 1971. Le ton est donné par une gigantesque statue de Staline dans la cour, à faire pâlir d'envie celles qui ont été remisées dans un parc des faubourgs de Budapest dédié à ces représentations. Plusieurs salles sont consacrées à des toiles officielles à la valeur artistique fort contestable et dues pour la plupart à des peintres obscurs bien oubliés aujourd'hui. Les oeuvres sont présentées par thèmes, une copie presque conforme de ce qui se pratiquait en URSS. Une exposition d'art soviétique avait d'ailleurs eu lieu en 1949 à Budapest. L'année suivante au Mücsarnok de la capitale hongroise on avait pu voir ce dont étaient capables les artistes locaux.


Un art très officiel

Sous le contrôle vigilant de József Révai qui fut aussi ministre de l'Education à partir de 1949, il n'y avait qu'un seul modèle possible, Moscou. Aussi les peintures regorgent-elles de travailleurs stakhanovistes récompensés, métallurgistes, maçons, femmes sarclant les champs, paysans sur leurs tracteurs, travailleurs à l'Opéra ou exaltant l'amitié avec les peuples frères, élèves attentifs dans les classes sous les portraits de Marx, Lénine ou du petit père des peuples. Tous sourient naturellement et sont tournés vers les lendemains qui chantent au point qu'on se demande comment ce soulèvement d'octobre 1956 a pu être possible ! Le culte de la personnalité étant de mise, il y a de nombreux portraits de Rakosi, au milieu de travailleurs, dans les classes, dans les villages; sur les chantiers. La propagande gouvernementale apparaît sur des panneaux destinés à l'exposition agricole de Moscou en 1951. Et comme le travail était devenu joie, il se confond presque avec les loisirs, on voit des excursionnistes du dimanche, des familles heureuses dans la nature, de jeunes pionniers recevant leurs homologues coréens.
L'histoire de la Hongrie est aussi utilisée après révision, on y met en valeur des épisodes de la révolution de 1848 ou des soulèvements paysans qui ont pu survenir au cours des siècles, les faits d'armes de Rakosi durant la Première Guerre ou à l'époque de la République des Conseils. Cet art va décliner avec la mort de Staline en 1953 et on va revenir à plus de modération. Plusieurs centaines de photos de ces mêmes années viennent compléter l'exposition, elles sont abondamment commentées. Le Modem propose aussi une exposition d'art russe contemporain qui s'est libéré de tout carcan, s'y ajoutent des compositions très irrévérencieuses mais aussi très drôles des Blue noses.


MODEM Modern és Kortárs Művészeti Központ
4026 Debrecen, Baltazár Dezső tér 1.
(52) 525-018
Du mardi au dimanche de 10 à 18h, le mercredi de 12 à 20h
www.modemart.hu
www.intermodem.hu
modem@modemart.hu

Szocreál jusqu'au 7 novembre
Art russe contemporain jusqu'au 15 décembre
Photographies jusqu'au 26 octobre


20/10/2008


Tags : Budapest


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