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04/12/2016

Entretien avec Patrick Achi, ministre ivoirien


En prenant une part active pour la réussite du 7e forum international sur l’accès à l’eau potable en milieu rural (RWSN), le gouvernement de la Côte d’Ivoire nourrit des grandes attentes quant aux solutions d’ailleurs pour faire à la problématique de l’approvisionnement en eau potable des populations rurales.


"Les populations en milieu rural sont défavorisées"

Patrick Achi. Photo prise par l'auteur.
Patrick Achi. Photo prise par l'auteur.

patrick_achi.mp3 Patrick Achi.mp3  (207.55 Ko)


Dans cet entretien, Patrick Achi, ministre ivoirien des Infrastructures économiques revient sur les grands défis auxquels sont confrontés les pays africains et insiste sur la volonté politique indispensable pour gagner le pari d’un accès universel à l’eau des populations d’ici 2030.

On a vu le gouvernement ivoirien s’impliquer pour la réussite de ce forum qui se tient pour la première fois dans un pays francophone d’Afrique. Quelles sont vos attentes?

Comme les conférenciers l’ont dit: "si le taux moyen de desserte en Côte d’Ivoire avoisine les 80%, la couverture des différentes couches de la population et au niveau géographique n’est pas toujours la même. On se rend compte que les populations en milieu rural sont défavorisées".

L’accès à l’eau potable est assez difficile. Le Premier ministre l’a dit: "Quand on est arrivé après la crise, la moitié des populations villageoises n’avaient pas accès à l'eau. Le taux de panne était aussi élevé. Vous imaginez ce que cela représente. Malgré les efforts qu’on a faits, il y a encore 30% de ces pompes qui sont en panne. Cela pose des problèmes sérieux pour lesquels, nous nous battons. L’État investit pour réaliser les pompes mais il faut les entretenir. Une fois que les pompes sont installées, il revient normalement aux comités de gestion dans les villages où les pompes sont réalisées, qui ont la responsabilité d’encaisser ce que donnent les populations en contrepartie de l’eau qui est servie, de faire face aux réparations. Mais, on se rend compte à la pratique que c’est difficile. L’État ne peut pas prendre en charge la réparation de toutes les pompes sur l’ensemble du territoire, mais en même temps les populations ne peuvent pas le faire quand elles n’ont pas les moyens. Ce n’est pas aussi évident. Quand on vient à une conférence comme celle-là, c’est de voir quelle est l’expérience des pays d’Asie ou d’Amérique latine qui vivent les mêmes problèmes. Donc, on vient s’inspirer des expériences des autres pays pour essayer d’apporter les solutions aux problèmes similaires que nous avons".

Quels sont les autres défis liés à l’approvisionnement en eau des populations rurales en dehors de celui de l’entretien et de la maintenance des équipements?

"Toutes les questions sont des préoccupations importantes. La première chose, c’est que la technologie utilisée pour les pompes manuelles est une technologie assez simple. Donc, il n’est pas concevable aujourd’hui, en 2016, que nous n’ayons pas dans nos pays, des unités qui fabriquent les pièces de rechange et qui sont capables de les monter ou les démonter.
Disposer des pièces de rechange est une nécessité. Nous avons aussi fait l’expérience des fermiers. Mais, les artisans réparateurs doivent disposer de pièces de rechange. Les artisans ne peuvent pas préfinancer l’acquisition de stock de pièces de rechange.
Deuxièmement, lorsqu’ils n’ont pas ces pièces, ce n’est pas maintenant qu’il faut les importer. Il est question d’avoir localement des unités capables de fabriquer les pièces de rechange. Il faut que l’État encourage et mobilise avec ses structures, le financement de ces opérateurs.
Le deuxième enjeu est celui de la formation, parce que, même si la technologie n’est pas complexe, le milieu dans lequel on réalise ces pompes, les populations ne sont pas habituées à manipuler des infrastructures. Il faut le suivi. Ces populations vaquent à de nombreuses occupations et quand les pompes marchent, on se préoccupe peu de la fonctionnalité des pompes. On a l’impression que les pompes ne tomberont pas en panne. Et quand elles tombent en panne, on court partout.
On a essayé de faire l’expérience des concessionnaires depuis l’État central, à partir de l’Office national de l’eau potable qui s’occupe de l’eau potable en milieu rural, mais on s’est heurté à certaines difficultés.
La première, c’est que souvent, ce n’est pas facile de gérer de très loin. Souvent, vous suivez depuis Abidjan, et cela n’est pas efficace. Alors l’idée qui fait son chemin, c’est de savoir s'il ne faut confier cela aux collectivités décentralisées qui sont beaucoup plus proches des populations. Mais, dans ce cas, il faut leur donner dans leur budget, les moyens de faire le suivi. C’est ce qui est actuellement en débat dans notre pays.
L’autre chose, c’est qu’il faut véritablement faire en sorte que les fermiers génèrent des revenus pour que l’activité soit intéressante sans que le prix de l’eau ne soit inaccessible aux populations. Si le prix est élevé, les populations ne seront pas d’accord, et si le prix n’est pas intéressant pour le fermier, au bout d’un an ou deux, les fermiers vont abandonner l’activité".

Est-ce que vous avez espoir que d’ici 2030, les pays africains vont relever le défi de l’accès universel à l’eau pour les populations rurales comme le prévoit les Objectifs de développement durable (ODD)?

"Je pense que souvent, on centre la problématique sur le financement. Mais avec notre expérience, on se rend bien compte que le financement n’est pas vraiment le problème. La question la plus importante, c’est la volonté politique. Il faut un engagement fort et marqué de l’État de faire en sorte que cette question soit une priorité nationale et que toutes les personnes qui sont dans ce secteur en aient une conscience aiguë.
L’État central, le gouvernement, les structures nationales, l’administration territoriale, les chefs de village, les coopératives de femmes… tous ceux qui au quotidien ont ce besoin. On ne peut pas mettre en œuvre quelque chose sans que toutes les personnes impliquées ne soient concernées.
La responsabilité de l’État est de faire en sorte que cette volonté politique soit le plus largement partagée et que les solutions mises en œuvre soient suivies d’un encadrement adéquat.
La deuxième chose, c’est avoir des projets prêts à être financés, car, les bailleurs de fonds sont souvent décidés à nous accompagner mais, il nous manque des projets "bancables".
Cela demande un travail de préparation et de concertation. Je suis convaincu que dans 15 ans, nous aurons relever le défi
".




Par (dernière modification le 03/12/2016)




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