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Hongrie : le retour de Janos Martonyi aux Affaires étrangères


Déjà ministre des Affaires étrangères dans le premier gouvernement de Viktor Orban, Janos Martonyi, est le seul membre désigné du nouveau cabinet, peut-être au grand dam de Zsolt Nemeth, son ancien secrétaire d'État et président de la Commission des Affaires étrangères qui a dû longtemps rêver à ce poste.


Le ministre des Affaires étrangères désigné, Janos Martonyi (DR)
Le ministre des Affaires étrangères désigné, Janos Martonyi (DR)
Grand francophone – comme sa sœur Eva d'ailleurs, spécialiste de Honoré de Balzac – il est l'un des dirigeants du cabinet d'avocats Baker et McKenzie qui a pignon sur la prestigieuse avenue Andrassy à Budapest, maison dont est d'ailleurs aussi issue l'actuelle ministre française de l'Économie, Christine Lagarde. Ne doutons pas que ces ministres auront plaisir à se revoir. Une belle carrière qui jusque là n'a été entachée que par les révélations d'un journaliste hongrois qui a accusé Janos Martonyi d'avoir été un informateur des services secrets. L'affaire n'a pas fait grand bruit dans les médias et le ministre des Affaires étrangères a reconnu avoir rédigé des rapports suite à ses déplacements en Occident mais «sans que cela ne porte préjudice à personne». Janos Martonyi est loin d'être le seul dans le monde politique, à avoir jouer un rôle plus ou moins important au sein des services secrets en Hongrie.

Ministre désigné, Janos Martonyi n'a pas hésité à prendre la parole pendant l'entre deux tours sur les questions économiques et sur les minorités hongroises vivant au-delà des frontières. Se basant sur l'exemple américain où les Hongrois des États-Unis ont la double citoyenneté et rappelant que ceux qui vivent dans les pays voisins n'ont pas cette possibilité à moins qu'ils ne s'installent en Hongrie, Janos Martonyi a précisé que le gouvernement pensait à proposer cette double citoyenneté qui serait accordée sur une base individuelle à ceux qui seraient évidemment d'ascendance magyare et parlant le hongrois. Rappelons que déjà en 2004, le Fidesz avait organisé un référendum sur cette question de la double nationalité pour les minorités qui s'était conclu par un échec. Il est vrai qu'avec le nouveau parlement, le Fidesz, cette fois-ci n'aura pas besoin de consultation populaire sur cette question, puisque sa politique semble avoir été plébiscitée par les Hongrois. Il faut toutefois rappeler qu'il est déjà possible aux minorités hongroises vivant en Hongrie d'acquérir la citoyenneté magyare au grand bonheur des Hongrois de souche qui emploient souvent à un salaire beaucoup plus modique «leurs frères d'au-delà la frontière», mais là n'est pas la question. Et c'est sans compter les problèmes relationnels que cela peut entraîner avec principalement les voisins roumain et surtout slovaque dont les rapports avec la Hongrie sont loin d'être au beau fixe.

Mais ce sont surtout ses déclarations sur les questions économiques qui ont retenu l'attention. Le nouveau gouvernement va tenter de trouver un accord - le plus tôt possible - avec le FMI et l'Union européenne qui à l'automne 2008, au moment fort de la crise, avait prêté à la Hongrie, 20 milliards d'euros. Janos Martonyi se veut optimiste et «totalement ouvert pour revoir les accords qui expirent en octobre et discuter d'une éventuelle extension des dates de remboursement ou pourquoi pas la négociation d'un nouvel accord". Que le ministre des Affaires étrangères soit ouvert, nous n'en doutons pas, espérons seulement que le FMI et l'Union européenne le soient aussi, nous en voulons pour preuve la façon dont se négocie les «aides» à la Grèce ! Lors de la campagne des législatives, le Fidesz s'est engagé à soulager la pression fiscale pesant sur la population, mise en place par le gouvernement Bajnai entre autres pour répondre aux exigences justement du FMI et de l'Union européenne.
Comme en Pologne et en Ukraine, les questions énergétiques restent fondamentales pour la Hongrie parfois privée de gaz à cause des relations tendues entre Moscou et Kiev. «Les deux projets de gazoduc qui doivent déservir la Hongrie, Nabucco et South Stream retiennent notre intérêt» a déclaré Janos Martonyi dont le choix de la diversification des sources doit justement protéger la Hongrie des velléités politiques du voisinage.
Enfin, le patriotisme économique consistera à protéger les groupes hongrois de l'appétit des multinationales étrangères qui ne pourraient plus devenir à 100% propriétaires des dites entreprises.
En résumé, rien de très nouveau. De vieux thèmes politiques et économiques remis au goût du jour sur fond d'un enthousiasme évident dû à la victoire du Fidesz qui devra à n'en pas douter cadrer ses bonnes intentions sur les réalités politico-économiques actuelles d'autant plus que la Hongrie, rappelons-le dirigera l'Union européenne en janvier 2011.

janos_martonyi_hongrie.mp3 Janos_Martonyi_Hongrie.mp3  (529.79 Ko)



23/04/2010




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