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Gérard G. Léopold di Offite
20/02/2010

LA SAINTE DE MENOTTI A L'OPERA DE MARSEILLE


DIEU OU... ?


A LA REDECOUVERTE D'UN TRES GRAND COMPOSITEUR

Photo courtoisie (c) DR
Photo courtoisie (c) DR
A quelques années près les hommes se posaient et se posent encore la question : "Dieu ou… ?"
C’est peut-être la même question que Gian-Carlo Menotti s’est posé ainsi que ses contemporains, Poulenc et bien d’autres… D’autant plus que l’époque post 39-45 a du réveiller les consciences.
Œuvre peu connue du compositeur, mais fort ambitieuse, on y décèle une présence autobiographique. Le choix pour un italien américanisé de Little Italy est sans conteste important, bien que le compositeur s’en défende.
Menotti porte ici à l’extrême la souffrance aux limites du supportable. Il a tendance aussi à l’excès des sentiments mais comment quantifier la bonne mesure face à la "chose divine" ?
Incontestablement une vraie œuvre lyrique du XXe siècle avec tous les beaux accents italianisants, pucciniens et post-véristes.

C’est tout cela que Stephan Medcalf nous a donné fidèlement et d’une manière percutante.
La distribution vocale est ici le fruit de choix judicieux.
Celui de Karen Vourc’h s’imposait. Maladive, limite psychiatrique, cette sainte Annina à laquelle la chanteuse donne vie, avec une jolie recherche musicale et scénique, crève les planches, par de là même sa relative fragilité.
Atilla Kiss-B, véritable force de la nature, est un Michele d’une rare authenticité avec un médium large, couronné d’aigus percutants.
Remarquables compositions également de Sandrine Eyglier en Maria Coronna et de Giuseppina Piunti au timbre chaud et physique avenant d’une demoiselle répondant au doux nom de Désideria.
On a aimé également le timbre de Dmitri Oulianov. La sonore rondeur de Don Marco y est très présente.
Tous les autres artistes ou choristes méritent un satisfecit global.
Au pupitre, Jonathan Webb a donné à l’orchestre le juste poids qu’il fallait pour créer des climats et soutenir les interprètes sans jamais nuire à la compréhension du texte.



Par Gérard G. Léopold di Offite (dernière modification le 23/02/2010)





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