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Max Dominique Ayissi

Les « indispensables » militaires


En l’espace de six mois, l’Afrique vient de connaître trois insurrections armées, en plus des nombreux conflits qui font le décor des malheurs du continent. La Mauritanie, la Guinée Conakry et la Guinée Bissau semblent avoir instauré l’air nouveau, du contrôle des militaires, sur les politiques.


Justifications

Les « indispensables » militaires
Les trois cas sont d’ailleurs typiquement différents, pour être évocateurs. Si les prises de pouvoir, à Nouakchott comme à Conakry, ont été clairement qualifiées de coup d’Etat, les évènements survenus, à Bissau, ont pris des allures d’un simple drame national, rien que ça. Les militaires, les premières, n’ont pas voulu entretenir d’ambigüité, ni sur la nature de leur action, encore moins sur leurs intentions. Mais ces coups de forces se ressemblent à biens des égards. Ce sont toutes des interventions des forces de défense nationale pour, soit et en ce qui concerne la Mauritanie et de Bissau, mettre entre parenthèse la légalité constitutionnelle, ou ce qui en tient lieu ; soit, dans le cas de la Guinée Conakry, arrêter la succession constitutionnelle et créer un Etat d’urgence. Tous ont la même justification, la gouvernance cacophonique, dont l’Afrique s’est consacré référence absolue. Là où les Etat sont des épiceries familiales (au meilleur des cas, collégiales), qui ne servent qu’à l’embourgeoisement de groupuscules, alors même que l’immense majorité de la population continue de croupir et chaque jour un peu plus, dans une misère des plus sévères.
La junte qui s’apprête impunément à organiser des élections sur mesure en Mauritanie, avec la certitude de les remporter et consolider sa dictature, a pris le prétexte d’une crise, au sommet de l’Etat. A Conakry, le décès du général Lansana Konté, qui n’était d’ailleurs pas plus vivant que chef de l’Etat, depuis plus de cinq ans, a été forgé en argument, pour crédibiliser un coup de force, dont il se sait désormais qu’il avait été ourdi de longue date. Et pour ce qui est de Guinée Bissau, l’assassinat de Nino Viera est venu répondre au meurtre, quelques heures plutôt, du chef d’Etat major des armées, tombées à la suite d’un attentat perpétré contre le quartier général des forces armées.

Onction et ambiguïté

A Bissau, la situation est des plus rocambolesques, à la limite du ridicule. Des militaires inconnus, venus de nulle part, se sont introduit dans la résidence présidentielle, ont assassiné le chef de l’Etat et disparu, aussi spontanément qu’ils étaient apparus. Et, comme s’il s’agissait d’un banal incident, force est revenu à la légalité constitutionnelle, avec l’intronisation intérimaire du président de l‘Assemblée nationale. Il n’y a pas eu le moindre bégaiement d’une contestation, pour essayer de dire, à défaut du caractère anticonstitutionnelle de ce double meurtre, au moins les ambiguïtés qui l’ont entouré.
Bien évidement, le trafic de drogue, dont le pays était devenu la plaque tournante, macule de mafia, des crimes, à tous les égards, politiques. En Guinée Conakry, le capitaine Moussa Kamara a même été accueilli en libérateur. Toute l’opposition politique a pris fait et cause pour le CNDP et une bonne frange de la population avec, comme s’il s’agit d’une mission de sauvetage national. Même s’il s’agit en réalité. Il faut certainement aller chercher dans le long et chaotique règne du général Conté, pour comprendre cette adhésion populaire, à de gros bras qui ne promettent pourtant que châtiment et violence.

Les insurrections « du salut »

Le très démonstratif homme fort de Conakry n’en fini d’ailleurs plus de promettre une transition démocratique et des élections libres et transparentes, auxquelles les militaires ne prendraient pas part. Les mêmes promesses avaient été faites par la junte mauritanienne. La Mauritanie où l’opposition doit bien se mordre les doigts. Après avoir soutenu, pour une bonne frange, le coup d’Etat qui a mis à la touche le président démocratiquement élu, elle déchante aujourd’hui, devant les intentions avouées des militaires de garder les reines du pouvoir. Dans chacun de ces cas, les militaires se présentent plus que jamais comme une alternative aux autocraties du continent. Battant même en brèche les processus de démocratisations, dont il faut bien reconnaître qu’ils se hâtent avec une lenteur de tortue.
Mais il est difficile de choisir entre une dictature civile et une junte militaire. Puisque la solution caporale a toujours, à deux exceptions près, laisser libre cours à des dérives souvent plus graves que le mal qui les a suscitées. Donner l’impression que l’armée peut servir d’arbitre aux crises institutionnelles et démocratiques, que le continent va certainement encore connaître pendant assez longtemps, c’est prendre le risque faire des émules et donner des arguments interventionnistes à des militaires qui n’ont pas, de façon naturelle, la culture des casernes. Il faut donc y réfléchir sérieusement, avant que les dictatures armées ne se croient le droit de remplacer « constitutionnellement » les absolutismes civils.

07/03/2009








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