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Michel Poulaert
04/12/2008

Marre, marre de devoir toujours attendre !


La société ultra frénétique dans laquelle nous vivons et le système consumériste nous a éduqué à tout vouloir à l’instant, sans attendre.
Question qui pousse à la réflexion : savons-nous encore attendre, surtout lorsque cela ne nous arrange pas ?


Marre, marre de devoir toujours attendre !
« L’attente est en proportion du bonheur qu’elle prépare »

Michel Dupuys, dans « La Source et le Feu »

Attendre… c’est long lorsque l’on a des projets, des attentes, des désirs ou des résolutions qui nous enthousiasment.

Les crédits les plus alléchants se présentent devant le nez de ceux qui « tombent dans le panneau » du système de consommation. Le matraquage médiatique joue ici aussi un rôle non négligeable.

Attendre… Mais pourquoi si on peut tout avoir très vite et assouvir nos envies parfois compulsionnelles ?
Tout semble prouver à outrance qu’il n’est pas nécessaire d’attendre : il faut envoyer un devis immédiatement, il faut prendre des décisions au plus vite, il faut livrer la commande passée à l’instant hier, je veux que le docteur me reçoive maintenant, mon conjoint doit changer ce qui m’agace maintenant, je veux réussir aujourd’hui sans devoir gravir les échelons, je veux mon écran plasma que je peux payer en quatre fois sans frais ce soir, alors pourquoi attendre,…

L’impatience en démesure réserve, dans beaucoup de cas, de mauvaises surprises et les conséquences sont mesurables et souvent tragiques. Sans compter que cela devient un ‘parasite’ qui pourrit notre plaisir devenu tout d'un coup bien éphémère. La situation économique que nous vivons à cet instant en est une belle leçon. Jusqu’où n’avons-nous pas toléré ce concept sans broncher, parce que cela nous arrangeait ? Une fois le pied au mur, tout ceci devient très relatif… Le valeurs réapparaissent étonnamment lorsque l’on se rend compte que nous n’avons plus rien… Et il est alors trop tard pour réfléchir, pondérer, patienter, méditer,… Toute notre énergie se concentre alors sur la reconstruction de ce que nous n’avons plus. Elle est toujours possible bien sûr, mais le chemin peut-être rude et décourageant. Ici encore, comme je l’ai exprimé dans d’autres articles, se fixer des objectifs et de nouvelles priorités est essentiel pour cette reconstruction et pour la mener à bien. Faire un bon en arrière n’est pas systématiquement signe d’échec mais plutôt une opportunité de faire un point sur nos valeurs, nos croyances et notre comportement. On appelle cela communément « prendre du recul ». Cela ne vous dit rien ?

Il est vrai que dans certaines situations attendre peut comporter des risques, mais elles restent minoritaires. La patience est une vertu dont nous avons souvent perdu le sens.
Sous les influences de notre société archi pressée, sous tension, rythmée par les exigences de la consommation semble perturber les évaluations de nos réelles priorités.

Dans la plupart des cas, la patience est une force. Mais pour qu’elle le soit, elle doit être nourrie par un objectif précis et une conscientisation qu’on ne peut rien réaliser dans un instant. Que le travail demande peut-être des sacrifices, mais une fois arrivé à l’objectif, n’est-ce pas exaltant ? Ce sentiment procure la paix de l’âme. Le fait d’avoir pris le temps avant d’arrêter une décision, un achat, une parole peut-être…
Attendre peut nous rendre plus sereins, plus calme, donne le temps aux projets de mûrir et prendre forme, ainsi on visualise mieux l’objectif. La patience nous permet de prendre du recul et d’évaluer nos décisions. Lorsqu’elle est bien comprise, elle devient une force et une source de sagesse. La patience est une forme de sacrifice. Le sacrifice engendre de nouvelles forces émotionnelles et sociales inimaginables. Ici encore, ce mot a perdu beaucoup de son sens. L’égocentrisme tue l’abnégation.

En revanche, comme pour tout, les excès nuisent. Trop de patience entraîne l'inertie et l'oisiveté. Il est vrai que nous devons respecter des délais, des promesses et que certaines choses ne peuvent pas attendre. Ce sont les priorités et les obligations dont nous devons prendre conscience.
La patience n’est puissante que quand elle est nourrie par une vision claire du futur, d’un espoir et de travail sur soi, ses objectifs et parfois sur les autres (vous, les mamans, qui savez mieux que quiconque ce que cela veut dire). En se fixant un horizon précis on génère des motivants que nous estimions peut être inexistants. La patience est un acte réfléchi, conscient et nourri par un futur que chacun peut se visualiser pour soi.

Si vous ressentez que vous perdez patience, qu’elle vous soit infligée ou non, essayez alors de lui donner un sens, de prendre du recul, de vous auto motiver et enfin de vous féliciter d’y être arrivé. Ça fait tellement de bien de se faire du bien.


Par Michel Poulaert (dernière modification le 11/12/2008)



Tags : bonheur, patience


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