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15/07/2014

Nabucco ou le triomphe de Verdi aux Chorégies d’Orange


L’âme de Giuseppe Verdi hante la 43e édition des Chorégies d’Orange, le festival d’art lyrique le plus populaire de France. C’est le monumental "Nabucco", l’opéra de jeunesse du célèbre compositeur italien qui a ouvert le bal les 9 et 12 juillet derniers. Une œuvre intemporelle servie par une affiche prestigieuse pour un moment de grâce plébiscité par le public, un mur de plus de plus de 8000 spectateurs face au célèbre mur du théâtre antique d’orange. Les Chorégies 2014 se poursuivent jusqu’au 5 août.


Verdi, Nabucco 2014 - Chorégies d'Orange. Photo © Virginie Dubreuil
Verdi, Nabucco 2014 - Chorégies d'Orange. Photo © Virginie Dubreuil

choregies_d_orange_nabucco.mp3 Chorégies d'Orange Nabucco.mp3  (314.64 Ko)


Sous le ciel étoilé de Provence et devant l’inaltérable statue de l’empereur Auguste, le temps s’est arrêté dans l’antique théâtre d’Orange en ce samedi 12 juillet 2014. Malgré les bourrasques d’un mistral qui n’aidait pas toujours les envolées lyriques, le public a été conquis par la magie d’un Nabucco qui avait fait la gloire de Verdi lors de sa création à la Scala de Milan en 1842.

Ce succès on le doit en partie à la mise en scène de Jean-Paul Scarpitta qui a également assuré les décors et les costumes. Le metteur en scène, ancien Directeur de l'Opéra National Montpellier Languedoc-Roussillon, a présenté une version de "Nabucco" à la fois très épurée et très colorée. Son inspiration, il l’a puisée dans cet imposant mur acoustique de trente-sept mètres de hauteur: "le mur sera comme le mur des lamentations" avait-il suggéré pendant les répétitions. La beauté du mur sublimée par des éclairages purs, tout en contrastes entre ombres et lumières. Ici point d’artifices superflus, juste un rapport intime entre la scène et les gradins. Le mur mis à nu, voilà donc le décor dépouillé de ce "Nabucco" mis en scène pour la troisième fois par Jean-Paul Scarpitta. Ce dernier a choisi de traiter l’oratorio sous l’angle de la théâtralité renforcée par la gestuelle des interprètes, par les déplacements constants, en coordination avec la musique, des artistes vus comme des masses colorées en perpétuel mouvement le long des soixante-seize mètres de scène. Les personnages qu’il ne voulait pas laisser statiques étaient pour lui "comme des animaux blessés". Le metteur en scène avait d’ailleurs prévenu que "tout passerait par l'intériorité, la gestuelle" avant d’ajouter "je veux approfondir ce que j'ai fait à Rome en 2011, parce que l'espace le permet, avec des costumes aux couleurs plus contrastées, plus fortes, violentes et intenses". Et les gestes étaient effectivement magnifiés par ces couleurs contrastées, des blocs noirs et blancs pour les esclaves au bleu du peuple babylonien, en passant par la semi-nudité des guerriers. Des tâches de peinture comme un tableau vivant, desquelles se détachaient des points lumineux comme le rose bonbon de Fenena, pour ne citer qu’elle. Et que dire de la robe blanche recouverte de foudroyantes stries noires de Zaccaria, sinon que ce costume incarnait à merveille, par la puissance des formes, une force divine dramatique.

Et puis il fallait voir ce plancher recouvert d’une matière rugueuse semblable à l’asphalte noire et qui s’est mis à briller sous les mains de l’éclairagiste Urs Schônebaum, dans une myriade d’intensités. Une lumière tantôt s’étalant sur toute la surface de la scène, tantôt piégeant un artiste dans une blancheur immaculée créant ainsi un rapport très personnel avec le public, tantôt projetant de gigantesques ombres accentuant la dramaturgie de l’histoire.

Quant à l’affiche, l’imposant baryton géorgien George Gagnidze interprétait le rôle-titre de Nabucco. Cette force de la nature à la carrure imposante n’a pas manqué de souffle, ce qui lui a valu les acclamations du public. A ses côtés, la bouleversante Abigaïlle dans sa recherche de pardon était interprétée par l’une des plus grandes soprani d’aujourd’hui, Martina Serafin, notamment reconnue pour ses interprétations de Tosca et Salomé. Ses envolées ensorcelantes furent conformes aux attentes. On notera également la belle prestation de Karine Deshayes, qui est aujourd'hui parmi les meilleures mezzi, dans le rôle de Fenena.

On restera cependant quelques peu déçus de la prestation de l’Orchestre National Montpellier Languedoc-Roussillon et des chœurs des Opéras de Région. Particulièrement exposé au théâtre antique du fait de la vue plongeante depuis les gradins et de l’impitoyable acoustique, l’Orchestre pourtant mené par le très expérimenté israélien Pinchas Steinberg, a cependant manqué de force, de vitalité, voire de finesse pour les vents. Le maestro n’a semble-t-il pas suffisamment insufflé à ses musiciens et choristes cette excitation patriotique artistique voulue par Verdi. Même le "Va pensiero", le fameux chant des esclaves, manquait de cette fougue pourtant attendue. Une petite déception pour celui qui est habituellement salué pour sa direction puissante et délicate. A la décharge des artistes, le vent n’a pas aidé les envolées musicales et lyriques en ce soir de 12 juillet 2014...

Dans la vidéo ci-dessus, laissez-vous porter par le chœur des Hébreux "Va pensiero" de Nabucco, donné dans le prestigieux cadre des Chorégies d’Orange lors de l’édition 2011 des musiques en fête.



Le spectacle continue

Verdi, Otello 2003. Photo © Grand Angle Orange - Chorégies d'Orange
Verdi, Otello 2003. Photo © Grand Angle Orange - Chorégies d'Orange
Les adeptes de l’art lyrique de plein air peuvent jubiler car la suite de la programmation est tout aussi réjouissante.

Les 2 et 5 août, Verdi revient avec l’opéra "Otello", après onze ans d'absence du chef d’œuvre le plus accompli du compositeur. Ce drame de Shakespeare, testament musical verdien sera porté par l’élégance de Myung Whun Chung, à la tête de "son" Orchestre Philharmonique de Radio France dans une mise en scène de Nadine Duffaut. L’un des intérêts majeurs de cette production résidera en la prise de rôle très attendue de Roberto Alagna, toujours fidèle aux Chorégies. Son premier Otello est, comme il le dit lui-même, "un défi dans sa carrière".

Entre temps, le 17 juillet marquera le retour de "Carmina Burana" dirigé par Michel Plasson qui a déjà marqué les grandes heures musicales des Chorégies. Le trio vocal sera emmené par la soprano Sonya Yoncheva, la nouvelle étoile de l’art lyrique. Max-Emanuel Cencic, l'un des plus grands contreténors d'aujourd'hui et le jeune baryton français Alexandre Duhamel l’accompagneront. A leurs côtés, le Chœur espagnol de l'Orfeón Pamplonés et des Maîtrises des Bouches-du-Rhône et de l'Opéra Grand Avignon.

Pour compléter cette programmation, un concert lyrique le 4 août avec les solistes Patrizia Ciofi et Daniela Barcellona qui ont choisi un programme autour des reines de l’opéra. Elles seront accompagnées par l’orchestre philharmonique de Marseille sous la baguette de Luciano Acocella.

Réservations:
- au bureau des Chorégies, 18 place Silvain: du lundi au vendredi, de 10h30 à 12h30 et de 14h00 à 17h00
- par correspondance, en écrivant aux Chorégies d'Orange – BP 205 – 84107 ORANGE CEDEX
- par internet sur www.choregies.fr
- par télécopie au 04.90.11.04.04.
Renseignements par téléphone au 04.90.34.24.24.



Par (dernière modification le 15/07/2014)




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