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Quand médias et religion s’associent contre l’art


Rédigé le 17/05/2012 (dernière modification le 16/05/2012)

À regarder et écouter comment certains programmes médiatiques ont réagi suite au lancement du film "Tannoura Maxi" (Talons d’amour et de guerre) dans les salles du cinéma libanaises, on se demande si les comédiennes qui ont participé au film ne seront considérées comme des prostituées (comme elles ont été appelées par certaines agences médiatiques). Et quand le clergé se rallie à cette réaction pour annoncer que des scènes du film sont nuisibles à la religion, les cloches de l’histoire paraissent sonner les notes du Moyen-âge.


Dans l’attente! Photo (C) Ibrahim Chalhoub
Dans l’attente! Photo (C) Ibrahim Chalhoub
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Le film libanais de Joe Bou Eid a remué une mer qui a longtemps été calme grâce à la censure assurée par la sûreté générale du pays. Cette institution considère qu’elle a exercé, pendant de longues années, une action préventive contre les remaniements de certains groupes de la société libanaise contribuant ainsi à la sécurité intérieure du pays. L’experte dans la loi médiatique libanaise, la journaliste Baria Ahmar, assure que cette censure n’est pas conforme à la loi. Personne n’a le droit à censurer un film, dit-elle, c’est contre la liberté de l’expression qui est sacrée dans la loi libanaise. Elle ajoute qu’on n’a même pas le droit d’arrêter un film après son lancement sauf après une décision juridique. Si quelqu’un trouve que le film l’attaque personnellement ou bien nuit à ses convictions, il ou elle pourrait porter plainte chez un juge.

Paradoxalement, des journalistes qui prônent la liberté d’expression ont décidé d’aller contre le courant de leurs propres principes, et certains d’entre eux n’ont même pas regardé le film! D’autres militants de la liberté artistique et journalistique se sont encore allés plus loin en mobilisant l'un des pouvoirs ultimes de la société libanaise régie par le confessionnalisme: le clergé. Et même si le film a été accepté à l’avance par l’église, les médias peuvent changer les faits, non en les falsifiant mais en les discréditant. Il suffit de savoir comment poser les questions lors d'un entretien télévisé ou bien dans une émission radio ou même dans un article, pour pousser le clergé à se mettre sur ses gardes.

Dans une conférence de presse que Joe Bou Eid a organisé pour mettre les points sur les i, le réalisateur du film a clarifié que les scènes érotiques ne contiennent même pas de nudité et que les scènes qui se déroulent dans l’église ne sont que des représentations de l’imaginaire comme il a été montré par la répétition de ces scènes avec un contenu différent à chaque fois.

Malgré qu’il y ait beaucoup de critiques positives concernant ce film - lequel a récemment participé au septième Monaco Charity Film Festival et gagné deux prix - est en danger d’être censuré et retiré des salles libanaises.

À Paris vous pouvez boire un verre dans un pub dont les murs sont décorés par des icônes alors que les toilettes contiennent des images pornographiques. Qu’aurait fait une telle exagération au pays du cèdre?

Diaporama ci-dessous de la conférence de presse de Joe Bou Eid clarifiant quelques points de son film









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