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J.N.B.L.

RDC: Si vous résistez, nous vous tuerons

Communication de notre partenaire

13/06/2012
Lu par 1320 visiteurs web

Les dirigeants politiques du monde doivent prendre des mesures immédiates afin de mettre un terme à l'approvisionnement en armes de la République démocratique du Congo (RDC), pays où ces armes continuent d'alimenter les homicides, les viols, les pillages et les enlèvements, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport publié mardi 12 juin.


Intitulé "If you resist, we'll shoot you" (Si vous résistez, nous vous tuerons), ce rapport met en évidence le fait que les forces de sécurité congolaises comme les groupes armés sont en capacité de commettre de graves violations des droits humains, en raison de la facilité avec laquelle ils peuvent se procurer armes et munitions.
"La situation en RDC met le doigt sur l'impérieuse nécessité pour les gouvernements d'adopter un traité sur le commerce des armes (TCA) de portée mondiale, lors des négociations finales qui se dérouleront aux Nations unies au mois de juillet", a déclaré Paule Rigaud, directrice adjointe du programme Afrique d'Amnesty International.

Dans son rapport, Amnesty International expose comment les déficiences fondamentales des services de sécurité congolais rendent possible l'emploi abusif et le détournement des armes et des munitions à grande échelle, ouvrant ainsi la voie à de graves violations du droit international humanitaire et à de graves atteintes aux droits humains, imputables aux forces armées et aux groupes armés.

Au cours des dernières années, le gouvernement de la RDC a importé tout un éventail d'armes, de munitions et d'équipements connexes, notamment des armes légères, des munitions, des gaz lacrymogènes, des véhicules blindés, des pièces d'artillerie et des mortiers. Parmi les principaux fournisseurs d'armes de la RDC figurent l'Afrique du Sud, la Chine, l'Égypte, les États-Unis, la France et l'Ukraine. Dans la majorité des cas examinés, les transferts ont été approuvés par les États fournisseurs, en dépit du risque substantiel que les équipements concernés ne soient utilisés pour commettre de graves atteintes aux droits humains ou des crimes de guerre en RDC.

Les dirigeants politiques doivent non seulement renforcer l'embargo* en vigueur sur les armes à destination de la RDC, mais aussi souscrire à un traité sur le commerce des armes efficace. Amnesty International prône l'adoption d'un traité qui impose aux États fournisseurs de mener des évaluations rigoureuses, au cas par cas, du risque posé par tout transfert d'armes envisagé. Les États doivent déterminer s'il existe un risque substantiel que le destinataire visé utilise les armes pour commettre ou favoriser de graves atteintes au droit international humanitaire ou relatif aux droits humains. Lorsqu'un tel risque est établi, l'État fournisseur doit bloquer le transfert en question tant que n'a pas été écarté ce risque et tant que n'ont pas été mises en place les garanties nécessaires.

Il arrive fréquemment que de hauts gradés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) vendent ou donnent des armes à des groupes armés, y compris à ceux qu'ils combattent. Quant aux groupes armés, ils récupèrent bien souvent les armes et les munitions laissées derrière eux par les soldats des FARDC fuyant les zones de combat.
De nombreux militaires ayant fait défection au mois de mai, les FARDC ont confié à un colonel un camion chargé de munitions et de dizaines de milliers de dollars destinés à l'approvisionnement. Il a déserté et a rejoint un nouveau groupe armé, emportant avec lui les armes et l'argent. Comme trop souvent, ce sont les civils qui sont les premières victimes de l'absence de contrôle, du détournement d'armes et de l'impunité.

En octobre 2008, le Congrès national pour la défense du Peuple (CNDP) a attaqué la ville de Kiwanja, faisant 150 morts parmi les civils, quelques jours après avoir pillé un dépôt des FARDC à Rumangabo, dans l'est du pays, où il s'était emparé d'un grand nombre d'armes. Les soldats sont allés de maison en maison, sortant de force des jeunes hommes avant de les poignarder à mort ou de les abattre d'une balle dans la tête ou dans la poitrine.
Par ailleurs, les transferts d'armes aux forces gouvernementales favorisent les violations des droits humains, notamment les viols en masse et les autres violences sexuelles. Entre le 31 décembre 2010 et le 1er janvier 2011, les soldats des FARDC ont attaqué le village de Bushani, dans la province du Nord-Kivu. Ils ont violé une cinquantaine de femmes, âgées de 16 à 65 ans, et ont menacé de les tuer si elles résistaient, tirant des coups de feu en l'air. Certaines cartouches retrouvées par la suite sur les lieux avaient été fabriquées en Chine.

Le problème est loin d'être limité à l'est de la RDC. Amnesty International et d'autres organisations ont recensé de graves violations des droits humains commises par les forces de sécurité congolaises, notamment la Garde républicaine, dans la capitale Kinshasa avant et après les élections présidentielle et législatives de novembre 2011 − homicides illégaux, actes de torture et arrestations arbitraires notamment.


*Le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé un embargo sur les armes à destination de la RDC en 2003, qui a été assoupli en 2008 – avec la suppression des "sites receveurs" pour l'importation des armes et la levée des restrictions relatives à la fourniture d'armes aux brigades de l'armée non intégrées ou en cours d'intégration. Cet assouplissement a eu des répercussions majeures en termes de prolifération et d'utilisation abusive des armes dans le pays. Amnesty International demande un renforcement de l'embargo du Conseil de sécurité sur les armes, notamment en donnant pour mission à la force de maintien de la paix des Nations unies en RDC (MONUC) de soutenir et de faciliter la coopération internationale, afin de mettre sur pied un système efficace garantissant la sécurité physique et la gestion légale des entrepôts et des stocks d'armes classiques dans le pays destinataire et de mettre en œuvre un système strict et exhaustif de responsabilisation pour le stockage, l'enregistrement, la détention et l'utilisation des armes, munitions, armements et matériels connexes, par les forces armées et les responsables de l'application des lois en RDC. En outre, il faut réintroduire dans les dispositions de l'embargo des Nations unies l'obligation faite au gouvernement de la RDC de n'importer les armes classiques que sur un nombre limité de "sites receveurs", tenus par la force de maintien de la paix des Nations unies et soumis à son inspection.

rdc_3.mp3 RDC.mp3  (445.43 Ko)



Par J.N.B.L. — Nombre de lectures web de cet article (hors podcasts, smartphones et tablettes): 1320 fois — Contenu mis à jour le 12/06/2012





1.Posté par Blaise Sanyila le 15/06/2012 13:57 | Alerter
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je crois que la demarche d'amnesty est bonne pour le cas de l'utilisation abusive par l'armee con...  

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