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Lea Raso della Volta
20/09/2009

Ramiro Musotto s'en est allé


Le 11 septembre 2009 au petit matin, il est allé rejoindre les esprits de la forêt. Ramiro Musotto venait de libérer la musique brésilienne des clichés habituels et d’ouvrir une autre voie avec son exaltante ethno-électro brésilienne. Mais au mois de juillet, Ramiro n’allait pas très bien, puisque ses concerts de l'été avaient été annulés. Un cancer de l’estomac l’a emporté. Il avait quarante-cinq ans.


Ramiro Musotto s'en est allé
Il était, selon l’expression de Claude Levi-Strauss un passeur de sens, un Macounaïma moderne, héros de la parole perdue et retrouvée chargé par les esprits de la forêt d’apporter à ses contemporains le message des anciens et la connaissance d’un savoir oublié ; Ramiro Musotto était un initié qui à chaque passage sur scène répétait inlassablement un rite magique venu de la nuit des temps.

Dans les années quatre-vingts, il quitte sa Patagonie natale et s'installe dans le Nordeste et Salvador de Bahia, pour y suivre une passion : le berimbau, qu’il a découvert en écoutant les disques du sorcier du berimbau : Nana Vasconcelos.

D’origine africaine, le berimbau ressemble à s’y méprendre à un arc, mais il s’agit d’un instrument qui appartient à la catégorie des percussions dont il est possible d’extraire une infinité de sons ; Ramiro va s’employer à en révéler toutes les possibilités, avec un rêve en tête : égaler un grand nom des percussions et devenir le nouvel Airto Moreira.

Il s’initie à l’art du berimbau, mais aussi à la culture de ce pays d’adoption avec lequel il se sent en phase, une histoire d’amour jamais démentie, à telle enseigne qu’à chaque concert, il fait recouvrir les tambours de blanc comme dans le rite du candomblé, en signe de respect à l’égard de cette culture afro-brésilienne.

Ramiro apprend à maîtriser « ce drôle d’instrument » auprès des capoeiristes du Pelourinho, le quartier noir de Salvador de Bahia qu’évoque Gilberto Gil dans son tube planétaire Toda menina baiana, mais aussi lieu d’inspiration du regretté Jorge Amado.

Très vite, il devient un virtuose de cet instrument au pouvoir quasi inoptique dont il dit qu’il raconte quelque chose de nos racines, étant « vraisemblablement l'un des premiers instruments à destinée musicale de l'histoire de l'humanité …

Il va apprendre à manier les architectures rythmiques les plus sophistiquées sans rien perdre de l’énergie et de la sensualité des musiques populaires. Une boite à rythmes acquise en 1986 à New York lui permet d’ajouter cette touche de modernité qui va définitivement sublimer ces musiques et du même coup propulser la musique sud-américaine hors du rayon « musiques traditionnelles » des disquaires .

Ramiro pratique un syncrétisme musical au sein duquel on retrouve un métissage qui rend hommage à toutes les composantes ethniques du Brésil, le tout relevé de samples , de vocalises amérindiennes, de cris d’enfants, de polyphonies africaines et même des phrases de discours du sous-commandant Marcos !

Après une longue carrière d’accompagnateur auprès des plus grands artistes de la musique brésilienne Caetano Veloso, Gilberto Gil, Lulu Santos, Zeca Baleiro, Adriana Calcanhotto, Titãs, Fernanda Abreu, Sergio Mendes, Zelia Duncan, Kid Abelha et Gal Costa ; il débute une carrière sous son nom avec le groupe Sudaka. En 2008, dans la foulée de son album Civilização & Barbarye, paru sur le label indépendant français Hélico, son électro tribale, il démarre une carrière internationale ; et, là où il se produit, c’est la consécration, car sa musique s’adresse à l’âme et met le public en transe comme un certain soir de l’été 2008 sur la place du Grand jardin à Vence.

Ramiro Musotto n’était qu’à l’aube de sa carrière, il laisse un héritage musical immense, en faisant connaître au grand public le berimbau, alors ignoré du public occidental ; mais surtout il a ouvert une voie qui permettra à d’autres artistes de porter à son épanouissement cette musique venue du fin fond des âges ; quant à lui il s’en est allé et repose au Jardim da Saudade entouré des grands arbres et des esprits de la forêt.



Par Lea Raso della Volta (dernière modification le 20/09/2009)





1.Posté par DiBritto le 21/09/2009 23:53 | Alerter
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Trés beau témoignage de son oeuvre... Il me reste le regret de n'avoir pas eu l'occasion de lui r...  

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