20 ans de la franchise Pokémon: rétrospective et nostalgie


Par Rédigé le 04/03/2016 (dernière modification le 05/03/2016)

A l'occasion des 20 ans de Pokémon en France cette année 2016, rencontre avec deux jeunes de 25 ans issus de la génération GameBoy. Nostalgie, snobisme et désillusion, rétrospective sur un phénomène international, par deux anciens pokékids.


Photo (c) Alexandre Brutelle

20 ans Pokémon.mp3  (443.8 Ko)

Les enfants des années '80 et '90 ont déjà assez vécu, semble-t-il, pour éprouver une certaine émotion envers les objets emblématiques de leur enfance. Ces dernières années, la mode du rétrogaming et du 8-bit a exhumé - c'est le cas de le dire - les toutes premières cartouches, rouge et bleue, sorties en 1996. En effet, ces premières versions ne sont pas seulement obsolètes mais bien "mortes" puisque la pile qui permettait de sauvegarder sa progression s'est éteinte en 2013. Éternellement figés dans le temps, ces jeux ne peuvent plus être finis que d'une seule traite, ce qui constitue, pour certains, un défi nouveau et totalement imprévu par les développeurs.

L'exploitation des limites techniques de ces petits univers et la transgression des règles du jeu, semblent avoir toujours été liées à la fièvre des monstres de poche. Les joueurs de première génération avaient, en effet, découvert différents bugs permettant de dupliquer des pokémons en les échangeant. Cette erreur de codage n'a d'ailleurs jamais été corrigée par les éditeurs japonais, probablement par peur de frustrer leur clientèle. A cet égard, la primeur de l'expérience de ces joueurs précurseurs crée, de leur propre aveu, un certain snobisme envers les versions ultérieures. L'arrivée, chaque année, d'une même formule à peine renouvelée leur a vite fait prendre conscience du caractère mercantile assumé des médias culturels pour enfants. Certains, désenchantés, ont complètement délaissé leur jeux d'enfance, d'autres devinrent adultes en s'arrogeant une légitimité supérieure à leurs cadets.

Il est à noter, également, la grande précision du ciblage marketing : la génération circa 1990, ayant autour de sept ans à la sortie. Les trentenaires d'aujourd'hui étaient déjà trop vieux à l'époque et les plus jeunes n'ont pas été exposés avec autant d'intensité aux Pokémons, issus, pour ces dernier, d'une licence parmi d'autres. La pokémania fut donc à l'origine d'un clivage générationnel allant au-delà de la rupture parent-enfant et l'attachement à pokémon constitue pour les jeunes adultes un marqueur déterminant pour situer dans le temps leurs enfances respectives.

Loin de façonner une génération de collectionneurs en compétition, ou de consommateurs aveugles, comme on le croyait à l'époque où il était question de bannir Pikachu des cours de récré, il semble, au contraire, que les pokéfans profitèrent plus tôt que les autres d'un avertissement contre l'exploitation marchande de leur naïveté. C'est donc avec recul que ces anciens enfants se souviennent avoir prêté, ou pas, leurs consoles portables aux moins fortunés qu'eux.







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