ACTUS DE HONGRIE


Par Rédigé le 24/09/2010 (dernière modification le 26/09/2010)

Disparition d'un grand artiste
Un musée sur le Danube


Disparition d'un grand artiste

Illustration pour les Contes de Charles Perrault. La Barbe Bleue des Histoires ou Contes du Temps passé. Illustrations de Gustave Doré en 1867.
Plus d'un amateur d'opéra aura été atterré en apprenant le décès à Zurich, à l'âge de 63 ans, de la basse hongroise László Polgár. Il était né le 1er janvier 1947 à Somogyszentpál dans le département de Somogy, à l'ouest de la Hongrie. Après des études à l'Académie Franz Liszt, qu'il avait perfectionnées auprès de Hans Hotter et Yevgeny Nesterenko, il avait été engagé à l'Opéra de Budapest en 1972, puis avait accumulé les prix d'interprétation. Son nom reste évidemment attaché au personnage de Barbe-bleue de l'opéra de Bartok A kékszakállú herceg vára, pour l'enregistrement duquel il avait reçu in 1999, le Grammy Award, sa partenaire était Jessye Norman dans le rôle de Judith, et l'orchestre symphonique de Chicago était placé sous la direction de Pierre Boulez. Mais sa carrière, qu'il a menée de la Scala de Milan au Colón de Buenos-Aires, en passant notamment par Londres, Salzburg ou Vienne, ne s'est pas résumée à cela. Il fut entre autres, Rocco dans Fidelio, Sarastro dans la Flûte enchantée, Leporello dans Don Giovanni, Basilio du Barbier de Seville, Philip II dans Don Carlo et Gurnemanz dans Parsifal ou le roi Mark dans Tristan, rôles où il s'est illustré, sans éclat tapageur mais on le sentait, avec le bonheur de chanter et l'amour de ce qui est bien fait. Il avait abordé aussi le lied et laisse de nombreux enregistrements dont en 1979 avec l'orchestre symphonique de Budapest, une oeuvre du compositeur hongrois Kamillo Lendvay, La P...respectueuse, d'après la pièce de Jean-Paul Sartre créée en 1946. Il enseignait aussi à l'Académie Franz Liszt. On se souviendra de son interprétation de Barbe-bleue au Festival d'Aix-en-Provence qui ouvrait en 1998 l'ère Stéphane Lissner à la direction de cette manifestation. Chorégraphiée et mise en scène par Pina Bausch et dirigée par Pierre Boulez, cette production avait été alors assez controversée. En comparaison de ce qu'on a pu voir depuis, elle était bien sage pourtant... "C'est mon rôle préféré, je l'ai chanté au moins cent fois" disait-il déjà à cette époque... Il a travaillé sous la direction des plus grands chefs, Barenboim, Solti ou Muti pour ne citer que ceux-ci et avec les metteurs en scène les plus célèbres, En 1990, il avait reçu le prix Kossuth. Depuis 1991, il s'était fixé à Zurich où il était membre de la troupe de l'Opéra. C'est dans cette ville qu'il s'est éteint le dimanche 19 septembre.


Un musée sur le Danube

Dans le parc de Danubiana
Le 9 septembre 2000, était inauguré, et on célèbre d'ailleurs cette année son dixième anniversaire, le musée d'art moderne Danubiana. Dû à la volonté de Vincent Polakovič, galeriste et de Gerard H. Meulensteen, mécène et collectionneur néerlandais, il a été édifié à une quinzaine de km au sud de Bratislava, aux confins de trois pays, Hongrie, Autriche et Slovaquie. On pense à la Fondation François Pinault à Venise, où la Pointe de la Douane et la Salute seraient remplacées par un décor de barrages, celui de Gabcicovo tout proche, d'écluses et de machineries diverses, et avec pour toile de fond le Danube magnifique et une profusion d'îlots. Beaucoup de verdure, un immense parc parsemé de sculptures en matériaux divers, notamment des Néerlandais Karel Appel et Hans Van de Bovenkamp. Outre les salles d'exposition du rez-de-chaussée et du premier, l'édifice dispose d'un café et d'une librairie. Le nombre des visiteurs augmente chaque année de 20%. Parmi eux, des hôtes illustres, Juan Carlos roi d'Espagne et le 22 mai 2007 la reine Beatrix des Pays-Bas. Depuis dix ans, les expositions se sont succédé à un rythme accéléré, plus de 70, principalement d'artistes d'Europe centrale et des Balkans mais aussi quelques espagnols et italiens. Du 15 mars au 10 juin 2007 s'est tenue l'exposition "Tendances expressionnistes dans l'art hongrois contemporain" et du 16 mars au 8 juin 2008, celle du couple d'artistes hongrois Madeleine et Zoltan Kemeny. Du 14 mars au 26 avril 2009, "Tolérance dans l'art" avait proposé un ensemble d'oeuvres slovaques et hongroises. Jusqu'à la fin du mois d'août dernier, Danubiana a accueilli la plus grande exposition européenne consacrée depuis 1995 au peintre américain Sam Francis. Actuellement, c'est Jozef Jankovic, un des plus grands représentants de l'art slovaque contemporain qui est à l'honneur, jusqu'au 28 novembre prochain.

Pour se rendre à Danubiana, c'est très facile en voiture à partir de Bratislava ou par l'autoroute Vienne-Budapest, sortie 43.
Quand on ne dispose pas de véhicule, on prend l'autobus 91 près du Novy Most, le Pont neuf de Bratislava, et on descend au terminus. Après, il faut s'attendre à 4 bons km à pied, autant pour le retour. Mais la promenade en vaut la peine. Les Slovaques que l'on rencontre sont tout disposés à indiquer le chemin, ils parlent allemand ou anglais selon leur âge... Et si l'on tombe sur quelqu'un qui ne manie que sa langue maternelle, il suffit de brandir le prospectus du musée que l'on obtient au bureau du tourisme de Bratislava, tel un crucifix devant un vampire, et tout s'arrange !
Samedi et dimanche, du 30 mai au 11 octobre, un bateau part de Novy Most pour le musée à 14h et revient à 16h30.
Ouvert de 10 à 20h de mai à septembre et de 10 à 18h d’octobre à avril. Sauf le lundi.

Danubiana Meulensteen Art Museum Bratislava-Cunovo-Vodné dielo
P.O. Box 9 810 00 Bratislava 1Tél 00421/903/605 ou 00421/2/62 52 85 01
danubiana@danubiana.sk
www.danubiana.eu





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