Actu à la une - Attentats meurtriers et attaque des bâtiments gouvernementaux en Irak


Par Rédigé le 15/03/2013 (dernière modification le 15/03/2013)

Les échecs accumulés par les gouvernements de l'après-Saddam Hussein ont intensifié la corruption, les violences politiques et les tensions ethniques entre les trois principales communautés chiite, sunnite et kurde d'où une instabilité de plus en plus flagrante du pays.


Trois nouveaux attentats à Bagdad font 18 morts et une trentaine de blessés innocents

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C'est le bilan provisoire de l'attaque qui s'est déroulée à proximité des ministères des Affaires étrangères et de la Culture de Bagdad, après trois explosions simultanées qui ont été suivies d'une prise d'assaut du ministère de la justice par des hommes armés. Ils ont été abattus par les forces de sécurité.

Trois bombes ont explosé dans Allawi, le quartier où se trouvent plusieurs ministères, en plein centre de la capitale irakienne, ce 14 mars 2013 à l'heure du déjeuner. Au même moment, des hommes armés ont lancé un assaut contre le ministère de la Justice, à environ 200 mètres de du Parlement et des ambassades. Sabah Nouri, porte-parole des services de lutte antiterroriste, a précisé que l'explosion des trois bombes avait été coordonnée avec l'attaque contre le ministère, les affrontements ayant eu lieu à l'extérieur; deux terroristes avaient été tués lors de l'attaque et deux autres sont morts en faisant exploser leurs véhicules. Une source locale contredit ceci en affirmant que "trois assaillants avaient été tués dans le bâtiment".
Le personnel du ministère a réussi à s’enfuir par une porte arrière du bâtiment, ils ont témoigné de l'affrontement acharné entre assaillants et forces de sécurité.

Les violences restent monnaie courante en Irak depuis les années noires du conflit de 2006-2008. Les insurgés s'attaquent à la communauté chiite, à la police et aussi à l'armée et les attentats visent souvent des Irakiens prenant part à la vie politique du pays. Selon les dirigeants irakiens, le pays "est sur le point d'imploser sous l'effet cumulé de la crise politique, sociale et économique".

Ces attaques à la voiture piégée interviennent à quelques jours du dixième anniversaire de l’invasion de l’Irak, et l'arrivée des élections provinciales prévues pour le 20 avril prochain - dont est exclue l'entité kurde dans le nord du pays -, se prépare dans un contexte extrêmement tendu. Hier, la voiture d'un des candidats a explosé, tuant le chauffeur. Dans la nuit, un autre candidat et sa famille ont été enlevés au nord de Bagdad.
Au mois de février, 220 personnes ont perdu la vie dans des violences en Irak.

Le peuple irakien se montre plutôt pessimiste et très interrogatif à propos de son avenir. Le professeur Yahya Abbas en témoigne: "Si vous demandez à mes étudiants ce qu'ils veulent, dans 95 % des cas, ils vous répondront: partir d'Irak".

La crise irakienne s'est aggravée depuis un an mais la communauté internationale ne s'en est pas aperçue, étant plus concentrée sur la crise économique mondiale, la guerre en Syrie et le "printemps arabe". Les États-Unis et le Royaume-Uni minimisent l'importance de l'origine du conflit, à savoir que "l'invasion et l'occupation de l'Irak ont donné naissance à l'un des gouvernements les plus dysfonctionnels au monde".






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