Actu à la une - L'inspecteur Derrick, célèbre série policière s'arrête sur un arrière-goût nazi


Par Rédigé le 03/05/2013 (dernière modification le 03/05/2013)

Après l'arrêt de diffusion en Allemagne puis sur la chaîne néerlandaise Max, RTBF et France 3 stopperont la programmation de la célèbre série télévisée allemande "L'inspecteur Derrick", à cause du passé nazi de l'acteur principal et du scénariste.


Dernier épisode le 13 mai prochain sur la chaîne publique française

Inspecteur_Derrick.mp3  (309.66 Ko)

"Inspecteur Derrick", la série télévisée allemande aux 281 épisodes de 59 minutes, créée et écrite par Herbert Reinecker a été diffusée dès octobre 1974 et s'est propagée de diffusion en ré-diffusion dans 108 pays (y compris en Chine). L'acteur principal était Horst Tapper, dans le rôle de Stephan Derrick. Il est mort le 13 décembre 2008 à Munich.

Aujourd'hui cette série est au cœur d'une polémique internationale. Le scénariste Herbert Reinecker et le comédien Horst Trapper, tous deux de nationalité allemande, auraient eu un passé peu glorieux. Horst Trapper aurait fait partie des Waffen SS durant la Seconde Guerre mondiale, en 1943, à l'âge de 19 ans. Le comédien, de son vivant, n'avait jamais évoqué son passé sous cet angle. Dans une interview, il avait dit "avoir été ambulancier et avoir passé la fin de la guerre en détention".

Quant à Herbert Reinecker (décédé le 27 janvier 2007 à Berg), son admiration pour Hitler dès son plus jeune âge, n'a jamais été cachée. Pour Thomas Munoz*, qui l’a interviewé, il était un homme "déchiré de l'intérieur, qui ne s'est jamais remis de son rôle dans le national-socialisme". Reinecker, célèbre journaliste-écrivain-scénariste reconnu et récompensé pour sa carrière, affichait bien dans sa bio "Être entrée en 1940 dans la SS et avoir participé à la campagne de Russie, et avoir écrit en tant que rédacteur à des revues nazies ainsi que divers ouvrages de propagande et les scénarios de plusieurs films." Parmi ces œuvres littéraires est citée "Das Dorf Bei Odessa" (Le village près d'Odessa), de 1942. La pièce de théâtre qui en est tirée sera interdite tout de suite après la guerre.

La cause à effet de cette avalanche de retraits de "Derrick" des écrans par les directeurs de télévisons, si longtemps minimisée, pourrait s'apparenter à de l’hypocrisie collective. A moins que ce ne soit le montage d'un habile "marketing" pour relancer les produits dérivés de cette série policière, de toute façon vouée à la disparition du petit écran depuis qu'elle avait perdu ses deux principaux protagonistes.

* Thomas Munoz écrivain suisse a signé "Derrick, l’ordre des choses", un livre paru en 1999 (voir ci-dessous).









Autres articles dans la même rubrique ou dossier: