Actus de Monaco


Par Rédigé le 22/08/2011 (dernière modification le 22/08/2011)

Le stade nautique Rainier III a fêté ses 50 ans - Il n'y a pas que les affaires - Une embellie dans un ciel bien gris - Des œuvres prestigieuses - En attendant l'enquête - Méduses, leur mystère bientôt percé


Le stade nautique Rainier III a fêté ses 50 ans

Photo (c) Islem Salmi

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Le prince Albert II de Monaco et son épouse la princesse Charlene ont assisté vendredi soir à la fête organisée à l'occasion des 50 ans du stade nautique Rainier III. Ouvert au public et en entrée libre, le programme de la soirée était très variée: démonstration de plongeon, ballet aquatique et même catch sur l’eau...

La piscine olympique en plein air est installée au port Hercule, elle contient 3.000 m3 d’eau de mer traitée, filtrée et chauffée à 26° et est agrémentée d'un toboggan de 45 m et d'un plongeoir de 5 m. En hiver, elle se transforme en patinoire, offrant 1000 m2 de glace aux amateurs de glisse.

Le stade nautique a été inauguré en 1961.

Il n'y a pas que les affaires

Photo (c) easyGroup
Le 2 août, Sir Stelios Haji-Ioannou, consul général honoraire de la République de Chypre à Monaco depuis le 22 décembre 2009, a offert une réception sur la terrasse du "Ruscino" pour l'inauguration des nouveaux locaux de son consulat en Principauté. Inauguration qui s’est déroulée en présence de S.A.S le Prince Albert II, de S.E. Kornélios Kornéliou, depuis le 10 mai dernier ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Chypre à Monaco, en résidence à Paris. Y assistaient aussi de nombreux invités de la Principauté et des Chypriotes résidents. Sir Stelios, fait chevalier le 23 mai 2007 par la reine Elizabeth II, et qui considère cet anoblissement comme une "joie" et un "grand honneur", est surtout connu comme le fondateur en 1995 d’Easyjet, compagnie aérienne low-cost, qui fait partie d'EasyGroup créé en 1998 et dont le succès ne s'est jamais démenti au point qu'elle a suscité l'émergence de plusieurs émules. Ce préfixe "easy" a servi à nommer plusieurs sociétés de ce vaste empire qui comporte entre autres, la location de voitures, des cybercafés, une chaîne d'hôtels européens à bas prix ou la vente de cartes prépayées pour le téléphone. Mais ce fils d'armateur chypriote, né le 14 février 1967 à Athènes et passé par la London School of Economics qui créa sa première entreprise à 25 ans, une société de transport maritime la Stelmar Shipping, n'est pas qu'un homme d'affaires. En 2009, Stelios Philanthropic Foundation dont le siège est à Monaco dans les locaux du consulat, voit le jour, elle exerce son action autour de "3 E", éducation, entrepreneuriat et environnement. Lors de la réception du 2 août, le consul général honoraire a évoqué un projet qui retient toute l'attention de sa fondation. Il s'agit de nouveaux fonds qu'elle cherche à récolter pour venir en aide aux victimes de l'explosion survenue sur une base navale du sud de Chypre le 11 juillet dernier et qui a causé la mort de 13 personnes, 62 blessés ont été recensés. Un banal feu de broussailles en a été la cause, 98 conteneurs de poudres à canon qui faisaient partie d'une cargaison d'armes iraniennes, saisie en 2009, ont été atteints par les flammes. La principale centrale thermique voisine a été fortement endommagée et la production a été arrêtée. Un premier chèque de 50.000 euros a déjà été envoyé. Outre ces actions ponctuelles en relation avec l’actualité comme cette catastrophe, la fondation fait du business un moteur de paix. C'est ainsi que des prix annuels sont décernés notamment à des équipes d’entrepreneurs binationaux comptant des Chypriotes turcs aussi bien que des Chypriotes grecs.

Une embellie dans un ciel bien gris

A l'heure où les nouvelles du monde financier sont chaque jour plus mauvaises, celles qui nous parviennent de deux établissements de la Principauté, Crédit Foncier de Monaco et Société des Bains de Mer Monaco sont plutôt réconfortantes.
Le Crédit Foncier de Monaco vient de publier ses comptes du premier semestre 2011 et affiche un résultat net social en hausse de 12%. En norme IFRS, International Financial Reporting Standards, ce résultat net ressort à 22,9 millions d'euros contre 21,8 millions au premier semestre 2010. Il provient essentiellement de l'activité de banque privée qui augmente ses actifs sous gestion de 7% durant la même période. Les crédits à la clientèle sont quant à eux en progression de 33% en année mobile. Par ailleurs, le résultat brut d'exploitation du semestre s'établit à 22,1 millions d`euros, en hausse de 16,3%. Le groupe relativise cependant "Les résultats du premier semestre 2011 sont encourageants malgré des marchés difficiles et fragilisés par le risque lié aux dettes souveraines".
Pour sa part, la Société des Bains de Mer Monaco publie un chiffre d'affaires de 103,7 millions d'euros pour le premier trimestre 2011/2012, période d'avril à juin, soit une augmentation de 8%. La société indique que "les deux principaux secteurs, jeux et hôtellerie, s'inscrivent dans cette tendance plus favorable". Avec 44,9 millions d'euros de recettes pour le trimestre écoulé contre 41,2 millions l'an passé, le secteur des jeux enregistre une amélioration de 9% de son activité grâce aux meilleurs résultats de ce qui est des jeux de table. Il n'en est pas de même pour le chiffre d'affaires des appareils automatiques, lequel reste inférieur à celui des périodes précédentes. Quant au secteur hôtelier, le regain d'activité enregistré au cours de l'exercice écoulé est confirmé, le chiffre d'affaires de 53,8 millions d`euros marque une progression de 9%. Amélioration due principalement aux activités de restauration avec le succès du Buddha Bar et la réouverture de l'ensemble de l'hôtel Hermitage après d'importants travaux. Pour ce qui touche aux autres secteurs, notamment le locatif, on note une certaine stabilité par rapport à l'exercice précédent. La SBM se garde d'un enthousiasme excessif et précise: "Faisant suite à un exercice 2010/2011 fortement déficitaire, cette amélioration est fragile face aux risques d'une conjoncture particulièrement incertaine. Ce contexte conduit le groupe à prévoir un exercice 2011/2012 encore difficile".

Des oeuvres prestigieuses

Si vous êtes amateur d'art ou si en cette époque incertaine que nous traversons, vous songez à un placement sûr, les deux ne sont d'ailleurs pas incompatibles, il ne vous reste plus que quelques jours pour vous rendre dans un endroit qui ne peut que vous réjouir à Monte-Carlo. Il s'agit de l'Opera Gallery, au Palais de la Scala, 1, avenue Henry-Dunant, au cœur du Carré d'Or. La première galerie du réseau a été créée à Singapour, à l'initiative de Gilles Dyan, au début de 1994 et depuis ce dernier n'a cessé d'étendre le concept à travers le monde. On trouve Opera Gallery à Paris, New York, Miami, Hong Kong, Londres, Séoul, Dubaï avec deux galeries, Monaco, Genève, puis encore Singapour pour une seconde galerie dans le complexe Marina Bay Sands. En septembre prochain, Pékin aura la sienne, de même que Taïwan à la fin de l'année. Cette douzaine de galeries exposent des maîtres confirmés mais aussi de jeunes artistes du monde entier, avec un chiffre d'affaires de quelque 120 millions d'euros et une centaine de personnes qui veillent au bon fonctionnement de cet ensemble.
Depuis le 24 juin dernier jusqu'au 27 août, l'Opera Gallery Monaco propose à la vente 33 chefs-d'œuvre de Picasso,16 peintures à l'huile et 17 dessins et aquarelles, exécutés par l'artiste entre 1905 et 1969 et parfaitement authentifiés. Didier Viltart, directeur de la galerie, a passé de longs mois pour mettre sur pied cette exposition, contactant particuliers aussi bien que marchands. Quelques pièces retiennent particulièrement l'attention, Saltimbanque et jeune fille de 1905, Trois femmes à la fontaine de 1921 ou La villa au palmier de 1951. Le visiteur peut suivre aisément l'évolution de la carrière du peintre. Ce que résume bien cette phrase de Joan Miró avec laquelle Didier Viltart clôt la préface du catalogue, "L’œuvre de Picasso a été un bilan, une révision de toute l'histoire de a peinture, en fin de compte une analyse".
Ouverture de l'Opera Gallery de Monte-Carlo, du lundi au samedi, de 10h à 19h.

En attendant l'enquête

"Fluctuat nec mergitur", "elle est agitée par les flots mais ne sombre pas". Cette devise de la ville de Paris ne saurait être appliquée à ce bateau qui se trouvait à la hauteur de la darse nord de Monaco. En effet, dans la nuit de samedi à dimanche, vers 1 heure du matin, des témoins ont signalé qu'il était en train de couler. Pour une raison qui reste encore à découvrir, le "Cigarette 37", de 11,24 m, battant pavillon monégasque, a sombré par 3 mètres de fond dans le port Hercule. Arrivés immédiatement, les différents services de sécurité, sapeurs-pompiers, Police maritime et aéroportuaire, Direction des affaires maritimes et Société d'exploitation des ports de Monaco, ont coordonné leurs forces pour mener les opérations jugées nécessaires. Aucune victime n'était à déplorer selon un plongeur de la DPMA, division de police maritime et aéroportuaire. On a par ailleurs noté qu'un des deux réservoirs fuyait et afin d'éviter toute possibilité de pollution, un barrage flottant de 50 m a été mis en place et des produits absorbants ont été dispersés. Il est encore trop tôt pour déterminer les causes de cet accident que seule une expertise pourra révéler, quand le navire sera à sec. Depuis ce matin dimanche, on procède au renflouement du bateau et les réservoirs sont vidés de leur contenu.

Méduses, leur mystère bientôt percé

Périodiquement, on entend parler des méduses et des brûlures qu'elles occasionnent, de leur invasion sur les côtes, généralement en Méditerranée mais aussi en mer du Nord et des moyens que déploient les stations balnéaires pour s'en défendre, par exemple en installant des filets sur la côte méditerranéenne. Elles font l'objet d'études et il se dit que dans un an, l'Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer devrait être en mesure de prévoir leur invasion grâce à des données telles que le recensement de leurs échouages sur les plages de la Méditerranée ces dernières décennies, ou bien encore à l'observation en mer par des robots accrochés à des bouées ou des filets de pêcheurs et munis de systèmes d'imageries. Sans compter l'observation météorologique, celle des courants marins et de la température de l'eau notamment. Un autre élément est pris en compte dans cette étude, il est lié à l'action que mène l'ingénieur Patrice Bernard depuis trente ans, il recense auprès des postes de secours du littoral méditerranéen, le nombre de piqûres de méduses. Tout a commencé lorsque celui qui est maintenant retraité, assistait à Athènes à une conférence sur leur prolifération. Organisée, dit-on, après que Margarita, épouse du Premier ministre d'alors, Andréas Papandréou, du 21 octobre 1981 au 2 juillet 1989, eut été piquée par une "Pelagia". C'étaient par ailleurs les parents de Geórgios Papandréou, Premier ministre grec depuis le 6 octobre 2009. Patrice Bernard qui était à l'époque biologiste de l'Inserm, Institut national de la santé et de la recherche médicale, décide de recenser, en prenant sur son temps libre, le nombre d'estivants piqués par les méduses sur le littoral méditerranéen. Surtout par quatre des espèces les plus fréquentes, Pelagia noctulica, Aurelia aurita, Rhizostoma pulmo et Cotylorhiza tuberculata. Pour mener à bien son étude, il en appelle au ministère de l'Intérieur et obtient des crédits d'organismes internationaux comme l'OMS, la FAO ou l'Unep, United nations environment programme. Différents postes de secours, tenus par des policiers ou des pompiers lui envoient chaque été les relevés quotidiens du nombre de méduses observées, de piqûres, de soins prodigués, sans oublier jusque dans les années 1990, des données concernant la houle et les vents. Patrice Bernard a été parfois en relation avec 104 postes de secours, depuis Port-Vendres dans les Pyrénées-Orientales jusqu'à Monaco, y compris la Corse. Après 1998, cette belle coopération faiblit, le ministère concerné arguant que les maîtres-nageurs sauveteurs ont déjà beaucoup de travail par ailleurs. Actuellement, le retraité n'a de contact qu'avec une douzaine de postes de secours de Nice, Beaulieu-sur-Mer et Monaco. Et de préciser "Ce qui m'intéresse, c'est l'aspect médical, mais aussi écologique, pourquoi y a-t-il des variations de population des méduses qui nous piquent?". Il a constaté qu'il y avait eu abondance de méduses de 1981 à 1985, puis de 1994 à 2008. Entre les deux, presque rien... "Certains scientifiques disaient qu'il y avait des années à méduses, d'autres sans. Aujourd'hui, on n'en sait pas plus", regrette-t-il. Ces données servent à l'Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer qui a pour objectif la publication d'ici à 2012 d'un "bulletin météo méduses" départemental afin de prévoir les mouvements des bancs avant leur arrivée sur les plages. Ceci à la grande satisfaction d'Eric Ciotti, président du conseil général des Alpes-Maritimes, assemblée qui ne ménage pas son soutien à l'Observatoire. Pour son directeur Gabriel Gorsky, "L'observation, c'est le nerf de la guerre pour pouvoir faire des prévisions. C'est pourquoi les informations collectées sur une si longue période par M. Bernard nous sont si précieuses". A noter que Gabriel Gorsky donnera le mercredi 14 décembre prochain à 19h30, une conférence à l'Institut océanographique de Paris, "100 millions de petites méduses, et moi, et moi, et moi !". L'entrée en sera libre et gratuite.





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