Après-Copenhague: Nouvelle diplomatie du climat

CP


Par Podcast Journal Rédigé le 11/02/2010 (dernière modification le 11/02/2010)

Parlement européen, 10 février 2010 - L'engagement de l'UE à combattre le changement climatique ne doit pas faiblir en dépit des résultats décevants du sommet de Copenhague de décembre 2009, insistent les députés.


Changement climatique : une "Nouvelle diplomatie du climat" s'impose

(c) Parlement européen
Voici ce que les députés du Parlement européen ont souligné:

« L'UE doit revoir son ambition à la hausse unilatéralement et créer une "nouvelle diplomatie du climat". Son budget futur devrait assurer un financement suffisant en vue de se protéger et de s'adapter au changement climatique, souligne une résolution approuvée ce mercredi.

Les députés déplorent la faiblesse de l'accord obtenu à l'issue de la conférence COP 15, qui ne permet pas d'évoluer vers un accord global pour l'après-2012 et ne prévoit pas d'objectifs à moyen ou à long terme en matière de réduction d'émissions, ni une date à laquelle les émissions mondiales devront atteindre le plafond à ne pas dépasser. Mais le retard de la recherche d'un accord international ne justifie pas de reporter l'adoption par l'UE de nouvelles mesures visant à respecter l'engagement - d'ores et déjà contraignant - de réduire les émissions de 20 % d'ici à 2020. Les députés font observer également que les initiatives prises au sein de l'UE pour promouvoir l'économie verte, la sécurité énergétique et la réduction de la dépendance énergétique faciliteront de plus en plus le respect d'un engagement de réduction de 30%.

La Commission devrait soumettre une proposition afin que l'UE revoit ses ambitions à la hausse et fixe unilatéralement une réduction supérieure à 20% à l'horizon 2020. Le Parlement demande à l'UE d'être fidèle à ses ambitions en matière de protection du climat et d'envisager des engagements unilatéraux de réduction se situant dans la fourchette supérieure de 25-40% d'ici 2020.

L'UE devrait veiller, dans le futur accord, à ce que les incidences de l'aviation sur le climat soient prises en compte dans leur ensemble et que les objectifs de réduction des émissions fixés pour les secteurs des transports aérien et maritime soient les mêmes que ceux appliqués aux autres branches d'activités.

L'UE doit parler d'une seule voix dans les négociations internationales sur le climat

Selon les députés, l'Union européenne s'est montrée incapable de jouer un rôle de chef de file dans la lutte contre le changement climatique. Ils sont déçus par le manque d'unité dont les États membres ont fait preuve et engagent dès lors l'Union européenne à s'exprimer d'une seule voix dans les négociations internationales sur le climat.

Le Parlement souligne qu'il est nécessaire de créer une nouvelle "diplomatie relative au climat" et demande dès lors à la Haute représentante de l'UE et à la commissaire en charge de l'action en faveur du climat, de prendre la direction de cette stratégie, en particulier avec les pays en développement et émergents plus progressistes. Les politiques climatiques devraient être inclues dans tous les partenariats stratégiques ainsi que dans les accords bilatéraux et la coopération multilatérale en vue de mettre en place une stratégie externe plus cohérente de protection du climat.

Revoir le budget de l'UE pour se concentrer sur le changement climatique

La révision prochaine du budget de l'Union devrait tout particulièrement prendre en compte l'octroi de ressources suffisantes à des mesures visant à garantir la protection contre le changement climatique et l'adaptation à celui-ci, tant dans l'UE que dans les pays en développement. Par ailleurs, il conviendrait, dans le cadre de cette révision, d'envisager l'introduction de mécanismes financiers nouveaux et novateurs destinés à appuyer l'action internationale en faveur du climat.

Le Parlement invite l'Union européenne et ses États membres à appliquer le principe d'une "justice climatique" à l'horizon 2050 et au-delà et plaide dès lors en faveur d'une clause d'équité dans les futures négociations internationales sur le climat.

Les États-Unis et la Chine doivent également en faire davantage


Les députés déplorent que les États-Unis et la Chine n'aient pas été disposés à accepter un accord plus ambitieux et exhortent, dès lors, ces deux pays, ainsi que les autres partenaires internationaux de l'Union, à prendre de nouveaux engagements en faveur d'un système international de protection du climat, afin de relancer les discussions et de parvenir à un accord international ambitieux et juridiquement contraignant, qui tienne compte des progrès scientifiques les plus récents et qui soit conforme à l'objectif des 2°C. »






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